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02 septembre 2009

Résistances

Malgré une révision de la Constitution et deux lois, certaines communes de 3500 habitants et plus, pourtant soumises à incitation légale résistent à la parité en Languedoc-Roussillon : 16 d’entre elles (sur un effectif total de 132) affichent un nombre de conseillères municipales compris entre 40,80% et 45,70%. Au sein des exécutifs, 22 communes dénombrent un nombre d’adjoints supérieur au nombre d’adjointes. Rapport bon de souscription.doc . Ce qui tendrait à signifier que si des pôles de résistance à la parité existent encore, la représentation des femmes se raréfie aussi dès qu’on atteint les lieux réels de pouvoir. Résister à la loi est certainement un « mal français », tout comme d’ailleurs le cumul des mandats.

            Martine Aubry vient de remettre  cette question sur le tapis. Et si la plupart des élus socialistes ronchonnent, il n’en reste pas moins qu’une limitation du nombre de mandats ouvrirait le champ du renouvellement que le PS appelle de ses vœux. La représentation des femmes pourrait-elle alors en tirer bénéfice ?

            Ce n’est pas sûr. Car il est démontré que les femmes cumulent aussi lorsqu’elles sont en responsabilité. Et, si elles ne le font pas, ce sont les hommes qui occupent les places. Le cas d’école est dans le Gard, où Mme Laurent-Perrigot maire, conseillère générale et présidente de la communauté de communes a été l’année dernière élue sénatrice au scrutin uninominal dans un département non contraint par la loi sur la parité. Certainement parce qu’elle était la mieux placée pour l’emporter. Ce qui signifie en clair, que pour être élues, les femmes doivent se plier aux mêmes règles du jeu que les hommes. Au Parti socialiste comme ailleurs.

            Et comme on cumule aussi allègrement à l’UMP, 160 députés sur 308 et 82 sénateurs sur 151 cumulent leur mandat parlementaire avec un exécutif local, le Parti socialiste peut-il laisser à la concurrence la possibilité d’asseoir son pouvoir politique en renforçant la popularité du camp d'en face pour qu'il se maintienne au pouvoir ?

            C’est par la loi, imposée à tous, que cette question du cumul doit être réglée. Le Président de la République féru de modernisation de la vie politique doit en prendre l'initiative et la responsabilité.

            Par contre rien m’empêche Martine Aubry, par exemple dans le cadre de la « charte d’éthique » du PS qu’elle propose de faire adopter, d’y instaurer des règles de bonne conduite, en sanctionnant par la suite ceux (et celles) qui y dérogeraient : par exemple, le respect de règle la réservation à une femme de la circonscription ou du canton (ou de la tête de liste) du sortant qui ne se représente pas ou bien encore un meilleur partage des responsabilités dans les assemblées non contraintes à la parité.

            Globalement, après les élections municipales de mars 2008, les communes du Languedoc-Roussillon ont délégué moins d’un quart de femmes dans les Conseils des Intercommunalités ; seulement 6 femmes sur un total de 132 sièges occupent le fauteuil de président, et moins de 16% d’entre elles s’assoient dans ceux de vice-présidentes.

            Il y a parmi eux un paquet de socialistes. Un champ d’expérimentation sur lequel le projet de « charte éthique » du PS pourrait commencer à se pencher.  

11:07 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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