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31 août 2009

Pas vrai Martine ?

La presse unanime ce matin consacre Martine Aubry, « en patronne », tenez vous bien « taille XXL » du PS. Ouf ! On en avait bien besoin !

Le problème, c’est que toute prise à cette grande affaire, « La Rochelle » a zappé (grave) sur la parité : la participation des femmes aux tribunes des plénières et des ateliers n’y a jamais dépassé 22%, et hier, à la clôture, des quatre personnalités qui entouraient la première secrétaire, toutes étaient masculines : le député-maire de La Rochelle, un homme, le président de la FNESER, un homme, le président du MJS, un homme, le secrétaire national aux Universités permanentes, un homme encore. Un état de fait qui illustre bien que plus on monte dans la hiérarchie des sphères de décision, moins il y a de femmes, même si au PS, à elle seule, « la patronne » fait largement exception !

Mais c’est dans ces ateliers, dans ces plénières que le PS prépare l’avenir. Et quand, dans un cénacle où se traite par exemple des questions de redistribution des ressources et de son corollaire, des inégalités, le problème des retraites des femmes de 40% inférieures à celle des hommes  -1000 euros en moyenne pour les femmes et 1600 pour les hommes- (Voir, « Des menaces pèsent sur les retraites des femmes », 28 août 2009), n’est pas abordé, alors je me dis que la parité a échoué en tant qu’outil pour résorber justement ces inégalités. Normal, vous me direz quand les femmes sont mal représentées !

Parce que même s’il s’agit d’un « raté » de l’organisation, c’est inacceptable !

Et à leur façon, les femmes, suite au communiqué que l’Assemblée des femmes, Observatoire de la parité du Languedoc-Roussillon leur a envoyé, me rappellent aujourd’hui avec force … qu’elles forment bien 52% de l’électorat.

Florilège :

 Annie de Montpellier « oui et puis, on supprimera les quelques avantages des femmes lorsque tous les désavantages auront été résorbés (égalité des salaires...). C'est incroyable ! ».

Dominique (au masculin) « Je partage totalement cette prise de position, et merci pour ces informations régulières… ».

Michèle de Sète « Bravo pour ton intervention sur France Bleu vendredi!!! Quelle arnaque!!! On ne pourrait pas pousser l'argu sur le fait que faire des enfants, ce n'est pas que l'élevage (comme l'argumentent ces père!),  c'est aussi le porter, être affaiblie, risquer des complications, consentir à des relâchements d'organes, des découpages ou coutures sur nos espaces intimes soudain investis d'une mission universaliste, collective et historique!!!;), Allez, on lâche rien!! Quand même pour quelques pères, on ne pourrait pas faire du cas par cas au lieu de sacrifier quelques compensations pour les mères???? ».

Sans parler du commentaire de Juju une habituée de ce blog.

Seule, je ne peux rien. Car la bataille est partout et au quotidien.

Alors, pour revenir à « La Rochelle », c’est Patric Jean, un cinéaste belge et Jean-Pierre Dubois, le président de la ligue des droits de l’Homme (Atelier n° 6 : Le féminisme du XXI° siècle) qui auront le dernier mot : « puisque être féministe c’est vouloir l’égalité des hommes et des femmes, il ne peut y avoir chez les socialistes que des pro-féministes. Mais l’accès à l’égalité étant dévoreuse de privilèges. .. les femmes doivent d’abord compter sur leurs propres forces et ne rien lâcher ! ».

Pas vrai Martine ?

 

L’Assemblée des femmes, Association Loi 1901 fondée par Yvette Roudy, ancienne ministre, a pour objectif la promotion des femmes dans la vie publique et leur participation dans toutes les sphères de décision. Avec l’appui du Président de la Région, Georges Frêche, l’Association Languedoc-Roussillon s’est  donnée les missions d’observatoire régional de la parité  dont les activités  s’inscrivent dans le cadre de la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale. L’Assemblée des femmes, Observatoire de la parité en Languedoc-Roussillon est experte de « L’Observatoire de la  parité entre les femmes et les hommes, Service du Premier ministre » à Paris.

 

Cotisation annuelle : 31 euros.

 

 

 

11:06 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

28 août 2009

Des menaces pèsent sur les retraites des femmes

A la Rochelle, L’Assemblée des Femmes réunie en Université d’été présidée par Yvette Roudy, s’est insurgé contre le nouveau coup bas qui risque d’être porté aux droits des femmes.

Suite à une décision de justice rendue au nom de « l’égalité entre les mères et les pères », il est envisagé de remettre en cause les mesures compensatoires que sont les trimestres de bonification de deux années par enfant, acquises par les femmes dans le calcul de leur retraite !

Au-delà de la reconnaissance des interruptions de carrières liées à la grossesse et à ses conséquences, les participantes ont rappelé que ces mesures ont été mises en place pour compenser les nombreux facteurs d’inégalités professionnelles, toujours d’actualité, entre les femmes et les hommes : temps partiels, inégalités de salaires et carrières incomplètes liées aux responsabilités familiales qui incombent encore quasi exclusivement aux femmes.

L’ensemble de ces facteurs a pour conséquence un niveau de retraite des femmes de l’ordre de 40% inférieur à celui des hommes.

Supprimer ces mesures compensatoires conduirait les femmes, dont l’espérance de vie est de plus en plus longue, à une précarité accrue et à une situation de grande dépendance économique vis-à-vis de leur entourage et de la solidarité nationale au moment de leur retraite.

L’Assemblée des Femmes a considéré comme inacceptable cette remise en cause des droits acquis.

Au-delà d’une égalité fictive, supposant un véritable partage des taches familiales entre les pères et les mères, il est de la responsabilité gouvernementale de s’engager dans des mesures volontaristes permettant notamment une diminution des temps partiels contraints, une égalité réelle des salaires et le partage des congés parentaux.

Conformément à ses engagements européens, la France ne pourra abandonner le principe de droits spécifiques compensatoires dont les femmes sont bénéficiaires, que le jour où elle sera en mesure de garantir une véritable égalité des droits et des devoirs, tant professionnels que familiaux, entre les femmes et les hommes.

 

25 août 2009

« Les vagabonds de la politique »

Je n’avais pas envie d’en rajouter à la veille des journées du PS de la Rochelle. Aussi, j’ai hésité à vous livrer la réflexion de Jacques Fleury militant socialiste depuis 1959, ancien député et actuel maire de Roye, auteur d’une biographie récente sur Georges Guille, une figure du socialisme audois, « Guille était, confie le sénateur de l'Aude Marcel Rainaud, président du Conseil général, de ces hommes qui m’ont fait aimer la politique ». Georges Guille s’efforça jusqu’à son décès en 1985, de défendre, dans on fief de l’Aude comme à Paris « le socialisme le plus pur, celui qu’il avait hérité de Jaurès, Blum et Ferroull… ». Au point de ne pas adhérer au Parti socialiste né en 1971 au congrès d’Epinay, « refusant la main mise de François Mitterrand », que Guille avait pourtant chaque fois défendu avec fougue dans les pires moments de la vie politique de l'ancien Président.

             « Georges Guille, écrit Jacques Fleury*,  n’est pas mort assassiné comme Jean Jaurès. Il n’est pas mort au combat comme Léo Lagrange. Privé de gloire mais pas de panache, il est mort de chagrin. Mort d’avoir vu le parti de sa jeunesse disparaître. Mort d’avoir vu se substituer à lui une formation politique tendue plus vers le pouvoir que vers le socialisme, s’adaptant très vite à la logique de la Cinquième République qu’il avait honnie, se pliant avec une remarquable souplesse à ces institutions éloignées de sa conception de la République démocratique et socialiste, dirigée par ceux qu’il n’avait cessé de considérer comme « des vagabonds de la politique », ceux qu’il jugeait plus soucieux de leur carrière que du socialisme… ».  

            Car Gorges Guille répétait à l'envie qu’on « n’a jamais raison contre son parti ». Il en a  pourtant, en fin de carrière payé le prix : en démontrant le contraire, oubliant peut-être la leçon de l’histoire  administré en définitive par Jacques Fleury qui nous apprend « que ce sont les vainqueurs qui ont toujours raison ».

 

* Jacques Fleury, « Georges Guille, Le socialisme au cœur », Mémoire du socialisme, juillet 2009. Editions  L’Encyclopédie du socialisme, 12, Cité Malesherbes, 75009, Paris

10:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

19 août 2009

Un petit amendement

C’est dit ! Jean-Christophe Cambadélis a tranché : à partir d’aujourd’hui aucun socialiste ne devra dire du mal de l’autre. Ainsi, le Parti socialiste pourra renouer avec la « vertu » ; la preuve, ajoute le député de Paris, désormais, il s’opposera au cumul des mandats.

            Gageons qu’ils s’y tiennent ! En tous cas, si c’est le prix de la reconquête, pourquoi bouder notre plaisir ? Donc, si j’ai bien compris, on fait comme il dit : d’abord on la ferme, ensuite, on s’engage à ne conserver qu’un mandat.

            Le problème, c’est que dans sa Lettre d’information de juillet/août 2009, le sénateur de l’Hérault, Robert Navarro nous engage de son côté à ne point « hésiter à (lui) faire part de nos commentaires ». Alors, au risque d’enfreindre le nouveau cahier des charges des socialistes l’occasion étant trop belle, je ne vais pas m’en priver !

             Donc dans son édito à propos de la réforme des collectivités territoriales, le sénateur Navarro pointe du doigt « certains hommes politiques »  (Aie ! Robert  et les femmes ?)  qui « proposent de manière démagogique  une réduction de 30 à 50% du nombre  d’élus », au motif « qu’ils coûtent cher et ne servent pas à grand-chose ». Avant de dénoncer, outre une dépense représentant moins de 0,21% des frais de fonctionnement des Assemblées, la création de ces « conseillers territoriaux en remplacement des conseillers généraux et des conseillers régionaux qui fragiliseraient le territoire ». Et j’ajoute, bien entendu la parité, je vous en ai déjà parlé.

            Alors, pour revenir à Cambadélis, je proposerais au sénateur Navarro   d’aller plus loin encore dans sa vision de  « la clarification des compétences (…) entre les départements et les régions » qu’il appelle fortement de ses vœux.

            Autrement dit, puisqu’il d’agit de ne pas mélanger deux jobs, il suffit pour cela de ne pas mélanger leurs élus. Et donc d’éviter par la loi qu’un conseiller général puisse exercer aussi des fonctions de conseiller régional.

            Alors, sénateur, tant qu’il est temps, un petit amendement dans ce sens est-il possible ?

 

17:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

09 août 2009

La démocratie des mots

« Lorsqu’on ne peut plus, au nom de la démocratie, refuser aux femmes l’accès à certaines professions, la langue devient le dernier rempart contre l’égalité ». A l’instar de la politologue de l’Université libre de Bruxelles, Claudie Bodino*, chacun connaît les résistances de ces « directeurs » qui en fait sont des « directrices », de cabinet, d’administrations publiques, de collectivités territoriales,  mais qui par peur de se voir confondues avec leur ancienne directrice d’école ou de crèche s’opposent, souvent avec véhémence, à l’appellation au féminin de leur profession. A défaut de m’insupporter, cela  les rend bien souvent ridicules à mes yeux!

J’ai pourtant en mémoire le cas d’une Première présidente de Cour d’Appel manquer s’étouffer de rire chaque fois qu’un très honorable bâtonnier employait, croyant bien faire, pour s’adresser à elle, un sonore Madame LE Premier !

Plus récemment, j’ai entendu une pléiade d’élus qualifier leur Préfète qui n’en demandait pas tant … de Préfet, un peu comme si ce féminin les écorchait. Mettons ici cette maladresse sur le compte de leur embarras. Car, malgré les mesures politiques qui ont souligné la légitimité des noms des fonctions exercées par des femmes, comment faire, au fond quand votre directrice de cabinet ou d’administration veut être directeur et n’en démord pas ? Et à plus forte raison, quand vous avez dans votre département, touché une préfète ! Et si elle aussi ne voulait n’être que préfet ?

Bref, me direz-vous, des détails !

Eh bien non !

Quand dans la presse à Montpellier j’entends parler DU maire, sur le coup, je ne comprends pas. Car Frêche, depuis 2004 ne l’est plus. Et le vrai changement, c’est qu’à son insistance, c’est une femme qui l’est devenue. Une « mairesse» donc, dont on essayerait de nous faire croire, que le terme, parce péjoratif ne serait pas approprié !

Soit ! Mais à Québec, où comme nulle part ailleurs on défend mieux la langue française – ne vous avisez pas d’y parler de fax pour télécopie ou de mail pour courrier électronique-, la mairesse est la première magistrate de la ville.

Il faut dire qu’on ne les compte pas comme en France sur les doigts de la main. En Languedoc-Roussillon, où un maire sur dix est une femme,  vous avez plus de chances de les rencontrer dans les toutes petites communes que dans les grandes.

Alors, puisque Mme Mandroux est à Montpellier l’exception, pourrait-elle, au nom de toutes ces femmes qui soutiennent la revendication de leur désignation selon leur sexe, si ce n’est accepter comme les canadiennes, la « mairesse », au moins renoncer à ce masculin ?

S’agissant des femmes, aucun combat n’est ni neutre ni vain.

Avant 1968,  les jeunes filles du très « comme il faut » Lycée Paul Riquet de Béziers, le port du pantalon y était interdit, bravaient la censure en évitant le dit censeur … femme comme il se doit, dans cet établissement non mixte encore.

En juin 1981, une amie, Denise Cacheux, fraîchement élue députée socialiste s’est vue refuser par l’huissier l’accès de l’Hémicycle de l’Assemblée : elle portait un pantalon, c’était interdit, elle a proposé de l’enlever ; illico le règlement a été changé !

Cela s’appelle de la volonté politique. Il en faudra encore une bonne dose au Soudanaises passibles aujourd’hui  de 40 coups de fouets pour avoir mis un pantalon.

 

* Prendre la démocratie aux mots. Pour une réappropriation citoyenne de la langue et de ses usages. Claudie Bodino. Editions L’Harmattan. 2008.

 

14:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)