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25 août 2009

« Les vagabonds de la politique »

Je n’avais pas envie d’en rajouter à la veille des journées du PS de la Rochelle. Aussi, j’ai hésité à vous livrer la réflexion de Jacques Fleury militant socialiste depuis 1959, ancien député et actuel maire de Roye, auteur d’une biographie récente sur Georges Guille, une figure du socialisme audois, « Guille était, confie le sénateur de l'Aude Marcel Rainaud, président du Conseil général, de ces hommes qui m’ont fait aimer la politique ». Georges Guille s’efforça jusqu’à son décès en 1985, de défendre, dans on fief de l’Aude comme à Paris « le socialisme le plus pur, celui qu’il avait hérité de Jaurès, Blum et Ferroull… ». Au point de ne pas adhérer au Parti socialiste né en 1971 au congrès d’Epinay, « refusant la main mise de François Mitterrand », que Guille avait pourtant chaque fois défendu avec fougue dans les pires moments de la vie politique de l'ancien Président.

             « Georges Guille, écrit Jacques Fleury*,  n’est pas mort assassiné comme Jean Jaurès. Il n’est pas mort au combat comme Léo Lagrange. Privé de gloire mais pas de panache, il est mort de chagrin. Mort d’avoir vu le parti de sa jeunesse disparaître. Mort d’avoir vu se substituer à lui une formation politique tendue plus vers le pouvoir que vers le socialisme, s’adaptant très vite à la logique de la Cinquième République qu’il avait honnie, se pliant avec une remarquable souplesse à ces institutions éloignées de sa conception de la République démocratique et socialiste, dirigée par ceux qu’il n’avait cessé de considérer comme « des vagabonds de la politique », ceux qu’il jugeait plus soucieux de leur carrière que du socialisme… ».  

            Car Gorges Guille répétait à l'envie qu’on « n’a jamais raison contre son parti ». Il en a  pourtant, en fin de carrière payé le prix : en démontrant le contraire, oubliant peut-être la leçon de l’histoire  administré en définitive par Jacques Fleury qui nous apprend « que ce sont les vainqueurs qui ont toujours raison ».

 

* Jacques Fleury, « Georges Guille, Le socialisme au cœur », Mémoire du socialisme, juillet 2009. Editions  L’Encyclopédie du socialisme, 12, Cité Malesherbes, 75009, Paris

10:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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