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31 juillet 2009

Des points sur des i

« Les Mitterrand » * m’ont remis en mémoire qu’en 1978, la gauche - conduite par François Mitterrand, alors Premier secrétaire du Parti socialiste - , très largement majoritaire en voix aux élections législatives avait néanmoins perdu cette année là. Pendant près de 20 ans la droite au pouvoir avait eu le temps de façonner –moyennant quelques arrangements avec quelques députés socialistes « intouchables » -  à son avantage quelques circonscriptions électorales dites « imperdables ». Et, aujourd’hui, la main sur le cœur, le Secrétaire d’Etat aux collectivités locales, assure que son projet de redécoupage en cours  est « uniquement guidé par les seuls impératifs du rééquilibrage démographique » ; l’exercice lui ayant été « imposé » en 2007, par le Conseil Constitutionnel.

            Bref, je vous en ai déjà parlé, on prévoit de supprimer 33 circonscriptions dans 27 départements et d’en créer en contrepartie 21 une dans 14 autres en France métropolitaine. Le problème, c’est que  l’objectif de rééquilibrage géographique est, par effet d’aubaine, assorti d’un rééquilibrage politique au profit de qui ? Devinez ? De l’UMP : sur les 27 circonscriptions supprimées, 10 sont détenues par le parti majoritaire à l’Assemblée contre 22, soit plus du double par la gauche (19 par le PS, 2 par les Verts et une par le PCF). Ce qui fait dire à Christophe Borgel, secrétaire national du PS chargé des élections qu’en « appliquant ce redécoupage aux résultats des élections législatives de 2007, la droite aurait obtenu 30 sièges de plus et décrocheraient 24 des 33 nouvelles circonscriptions ». On ne peut  être plus clair. En anticipant sur ce système, le PS a calculé que la gauche devrait en 2012 recueillir 51,3% des suffrages pour obtenir une majorité à l’Assemblée nationale contre 48,7% pour l’UMP.

            Ce qui signifie, que 30 ans après, le Président de la République ne répugne pas à nous jouer le même scénario que ses illustres prédécesseurs.

            Remarquez, qu’il nous en prépare un autre.

            Il confirme  d’envoyer aussi à l’Assemblée la naissance du conseiller territorial qui remplacerait en 2014 le conseiller général et le conseiller régional, dont il mettrait la moitié (ils sont au total 6000 actuellement) à la retraite forcée. Sous prétextes de faire des économies sur le montant de leurs indemnités. A voir, parce que j’en connais qui  feraient le job pour rien !

            La réalité, c’est qu’après s’être assuré d’une majorité confortable à l’Assemblée, Nicolas Sarkozy veut mettre au pas les « barons » locaux. Ceux du PS, il détient les trois quart des départements et la quasi majorité des régions ; et aussi, les siens qui l’insupportent.

            Dernière nouvelle : «seulement » 367 femmes portent en France aujourd’hui la burqa. C’est le résultat d’une enquête des services de la sécurité publique, qui ajoute dans la note remise au Gouvernement « qu’il s’agit d’une pratique marginale », de quelques très jeunes femmes affichant une volonté « de provoquer la société, voire leur famille ».

            Par nature, je me suis toujours méfiée de ces enquêtes diligentées par ces services cousins des Renseignements généraux de l’époque ou de la DST. Mais ce que je peux vous dire, c’est qu’ayant eu l’occasion de séjourner à plusieurs reprises ces dernières années en Algérie, je découvrais au fur et à mesure de mes voyages à Alger que le nombre de femmes voilées et revêtues d’une longue robe sac sans couleur et sans forme augmentait.

            Le Président de la République, a-t-il encore une fois de plus l’intention d’anticiper ? Sur la victoire de la Gauche aux régionales de l’année prochaine, sur la fin des conseils généraux, et pourquoi pas sur une proposition de loi sur le port de la burqua que la mission parlementaire dirigée par un communiste lui proposerait ?

            Histoire peut-être après avoir verrouillé les ressorts de la démocratie locale, de ne pas déplaire au vote des musulmans ?

           

* Les Mitterrand,Robert Scheinder. Editions Perrin, mars 2009.

11:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

25 juillet 2009

La dignité des femmes

Lettre de l'Assemblée des femmes, Observatoire de la parité du LR, à Roland Courteau, sénateur de l'Aude, membre de la délégation des droits des femmes et à l'égalité des chances des hommes et des femmes au sénat
 

 

Monsieur le sénateur,

 

                Vous avez été à l’initiative d’une proposition de loi relative aux violences au sein du couple, prévoyant, outre la confirmation des jurisprudences de la Cour de cassation et la Cour européenne des droits de l’homme, une aggravation des sanctions à l’égard du conjoint violent. Des peines de prison ont pu, dès lors être appliquées. L’Assemblée des femmes, Observatoire de la parité du Languedoc-Roussillon a salué en son temps votre travail parlementaire.

 

                Au début du mois de juillet, la Cour d’Appel de Paris a confirmé la condamnation d’un élu pour agression sexuelle sur une employée municipale,  en transformant  la peine de 4 mois de prison avec sursis en une amende de 10 000 euros. La peine complémentaire de déchéance des droits civiques et civils n’ayant pas été prononcée, l’élu a donc été autorisé à continuer en toute légalité à bénéficier de ses mandats électifs. Ce qui, au delà du droit, au-delà de la décision de la Cour,  pose à notre Association un problème d’éthique.

                Or, il semble qu’à l’occasion de prochaines élections municipales dans votre département, un candidat annoncé sur une liste susceptible d’obtenir des élu(e)s ait été condamné en 2004 à deux mois de prison avec sursis pour violences conjugales. Cette peine, aurait été assortie d’une suspension des fonctions au conseil des Prud’hommes dont l’auteur des violences était membre.

                Ainsi, nous nous interrogeons aujourd’hui sur ce qui nous paraît être une absence de logique, faisant d’un côté qu’un auteur de violences conjugales, déclaré en son temps « indigne » par le tribunal d’exercer un mandat professionnel, puisse en toute quiétude envisager d’exercer un mandat municipal.

                Très émue par ce qui nous paraît être une violation de questions d’éthique, l’Assemblée des femmes, Observatoire de la parité du Languedoc-Roussillon vous demande de vous saisir de cette question. Tant d’un côté comme de l’autre des deux exemples évoqués, il est choquant que des élus ayant porté gravement atteinte à la dignité des femmes,  puissent ainsi continuer des carrières politiques comme si rien ne s’était passé.

               

Je vous demande donc d’envisager un renforcement de l’application de la peine de déchéance des droits civiques, susceptible, bien plus que de simples amendes de sanctionner de tels comportements.

           Vous remerciant, je vous prie de croire, Monsieur le sénateur, en l’assurance de ma pleine considération.

 

 

Geneviève Tapié

 

 

Présidente de l’Assemblée des femmes, Observatoire de la parité du Languedoc-Roussillon

Chevalier de la Légion d’Honneur  

               

 
 

22 juillet 2009

Les audois

« L’Indépendant » d’hier publie un communiqué des socialistes audois, entendre leurs leaders, premier secrétaire, parlementaires, conseillers généraux. Bref, ils sont en tout près de quarante à affirmer que « le bilan de la majorité régionale est un très bon bilan ».

C’est toujours agréable à entendre ; les socialistes qui l’ouvrent ces temps ci pour dire autre chose que du mal de leur voisin ne courant pas les rues. Et d’autant plus, que soucieux de bien préciser les choses, ils proclament comme conséquence de ce « très bon bilan » que « Georges Frêche est le mieux placé pour conduire le rassemblement de la Gauche régionale », au renouvellement de l’Assemblée éponyme, en mars 2010.

Le problème, c’est que je ne comprends rien à la suite. Ou presque. Quand les socialistes audois affirment que « Didier Codorniou* devra tenir une place importante »,  là, je suis bien le récit ; c’est vrai, l’homme est dévoué à son parti, solidaire des autres, et n’hésite pas à vous consacrer une journée si vous le lui demandez. Quant ils estiment que Eric Andrieu, leur premier secrétaire, doit conduire la liste de gauche dans l’Aude, cela paraît assez logique, c’était ainsi la dernière fois. Mais quand ils indiquent que celui-ci « fera acte de candidature pour le poste du Premier des socialistes en Languedoc-Roussillon, dans le cadre d’une procédure de désignation décidée par le Parti socialiste pour toutes les régions avec un vote des militants dès le 1er octobre prochain », alors là je perds pieds !

Non pas que je ne sache pas nager, mais j’en déduis que dès lors, aux prochaines élections régionales, il y aurait deux chefs : Andrieu et Frêche. L’un pour les socialistes, l’autre pour la Gauche. C’est cela ?

Oui mais voilà, je ne comprends toujours pas.

D’abord, quand il y a plusieurs chefs, regardez Solférino ces jours ci par exemple, cela ne  fonctionne pas. Ensuite, je ne suis pas persuadée que ce soit une bonne idée.

Parce que je m’interroge sur la bonne fin d'un système qui semble bien compliqué.

A moins que le Parti socialiste n’ait entre temps tortillé quelque règlement qui interdise à Frêche d’être aux régionales, le « premier ». Mais je ne veux pas croire qu’on s’abaisse en l'espèce, à créer de toute pièce une règle,  qui aurait été à lui seul destinée.

 

*Maire de Gruissan et conseiller régional sortant

17:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

16 juillet 2009

Révision

Pour répondre à ceux et celles qui me demandent de m’exprimer sur la prestation du chanteur Orelsan, je leur propose de se reporter à ma note du 24 mars 2009 « Printemps de Bourges », dans laquelle à cette date je disais ce que je pensais.

            Je refuse aujourd’hui d’entrer dans la polémique des Mitterrand (Frédéric), Lang et Royal. Car au moins deux d’entre eux siègent ou ont siégé pendant (ou depuis) très longtemps au Parlement. Et à ma connaissance, ni l’un ni l’autre n’a été à l’origine d’une proposition de loi « antisexiste », sur le modèle de la loi « antiraciste », qui aurait pu réprimer ce type de comportement.

            Un projet de loi « antisexiste » avait été présenté par Yvette Roudy, alors Ministre des droits de la Femme de François Mitterrand (le vrai !) au début des années 80. Ce projet de loi qui punissait aussi sévèrement les dénégations sexistes que les dénégations racistes à été combattu au non de la liberté d’expression culturelle. Roudy a déclaré à l’époque « j’ai cru que le ciel me tombait sur la tête » !

            La conclusion maintenant,  c’est que n’importe qui peut faire,  au nom de cette liberté, l’apologie de crime de femmes. Et que désormais, un « Sale p*te » est beaucoup moins grave qu’un « Sale j*if » !

09:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

15 juillet 2009

Chevalière

Sur proposition du Ministre du Travail, le Président de la République vint de nommer Michèle Berthe au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur.

            Architecte d’intérieur à Montpellier, (« Michèle Berthe Architecture ») Mme Monnier née Gérout, dite Michèle Berthe, fondatrice et administratrice de L’Assemblée des femmes, Observatoire de la parité du Languedoc-Roussillon, administratrice du Comité de quartier « Préfecture-Palais de Justice » de Montpellier, est aussi membre active de l’Association des Femmes Chef d’Entreprise de l’Hérault.

            Ainsi, pour la sixième fois, depuis janvier 2008 la promotion de la Légion d’honneur est paritaire. Et si la parité semble désormais en train d’entrer dans les mœurs politiques, tout au moins dans les promotions et nominations des Ordres Nationaux, il reste encore beaucoup à faire en matière de représentation des femmes dans les institutions de la République et les instances dirigeantes des entreprises.

            Aussi, je m’associe au communiqué de Colette Kréder du « Réseau Demain la parité » à Paris. Elle déclare : «  il ne faudrait pas pour autant que l’objectif paritaire se réduise « à faire du chiffre », c'est-à-dire à sélectionner des femmes   selon des critères qui ne sont pas ceux de la seule compétence, (comme c’est déjà le cas pour nombre de nominations d’hommes, quoi qu’on dise) afin d’atteindre la parité. Le réservoir de femmes capables, resté longtemps inexploité, est suffisamment fourni pour que l’objectif de 50% soit atteint en choisissant  les femmes les plus qualifiées

Le réseau Demain la parité regrette ainsi que les gens de terrain et les minorités soient si peu nommées dans les Ordres Nationaux. La  France ne se réduit pas à la Fonction publique ».

Dont acte !