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30 juin 2009

Elus des villes et élus des champs

C’est demain à 12 heures que se réunit à Paris, le Bureau politique de l’UMP. Pour arrêter ses positions sur la Réforme des collectivités territoriales  que le Président de la République, brûle depuis son « succès » aux élections européennes, de mettre en chantier sans attendre. Histoire au passage de mettre la Gauche sur le grill ; elle administre actuellement plus de la moitié des départements et 20 régions sur 22 en France métropolitaine.

Le problème, c’est que tout semble déjà décidé !

Le Groupe UMP au Sénat a commis en 16 pages, dans le cadre de la « Mission temporaire sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales », une « Contribution en faveur de la création de Conseillers territoriaux pour une meilleure articulation entre départements et régions » ;  un texte dont il est fort à parier qu’il deviendra le socle du projet de loi présidentiel.

Outre la création de Métropoles (à Marseille, Lyon, Nantes, Bordeaux, Lille, Toulouse et Nice) dont les « conseillers métropolitains » seraient - comme d’ailleurs les délégués communautaires des autres communes -  élus au suffrage universel direct « selon un système de fléchage à l’occasion des élections municipales », il est envisagé pour ces mêmes élections  « de supprimer le panachage » qui pourrait être ramené à 500 habitants « et de réduire le nombre de conseillers municipaux et de membres des exécutifs des intercommunalités ».

            Bref, vous me voyez venir ! Supprimer le panachage est certes une bonne idée. Mais il serait mieux encore  de ramener  le seuil de la parité légale à ces communes.

            Le groupe UMP étant muet sur ces questions, je m’en pose bien d’autres ! Rien n’est dit sur la manière dont seraient « fléchés » les membres des futurs conseils d’intercommunalité. Car d’un côté comme de l’autre, il reste encore à faire !

            Et ce ne serait pas du luxe. Prenez le seul Languedoc-Roussillon ;  la proportion de conseillères municipales dans les communes de 500 à 1499 habitants  y dépasse aujourd’hui  à peine le tiers des effectifs globaux. Dans les conseils de Communautés d’Agglomération et ceux des Communautés de communes, les femmes élues plafonnent à moins de 25%  et, à l’heure de la parité, là où il y a du pouvoir, de l’influence et… des indemnités de vice-président, à 16% dans les exécutifs intercommunaux ;

            Quant à ces nouveaux « Conseillers territoriaux » - ils remplaceraient les conseillers généraux et les conseillers régionaux et tous siègeraient au conseil général de leur département d’élection et à la région - , il y aurait ceux des villes et ceux des champs. Les premiers seraient élus au scrutin de liste majoritaire « dans les respect du principe de parité », les seconds au scrutin uninominal comme le sont actuellement les conseillers généraux.

            Prenons l’Hérault, par exemple : 49 conseillers généraux dont grosso modo, 12 de la ville, dont 2 femmes  et 37 des champs.

            Petit calcul : si le principe de réduction de 30% du nombre des élus s’applique, il restera à en élire 4 en ville ( donc, tout au plus 2 femmes) et 27 aux champs. Et comme à ce jour les champs sont dépourvus d’élues, la représentation féminine au département ne s’en trouvera pas modifiée.

            Bref, le salut peut venir des sénateurs et députés socialistes.  Dans la Région,on peut compter sur Bascou député ;  à Narbonne il a montré, comme Dupré à Limoux qu’il savait faire côté parité. Pérez, lui aussi député, à Carcassonne, Courteau et Rainaud sénateurs dans l’Aude,  ils ont donné des gages, on peut y compter. A l’Assemblée pour le Gard, William Dumas est bien briefé par Francoise Dumas et, au Sénat, Sutour est évolué. Quant à sa collègue, la sénatrice Françoise Laurent Périgot, on dénombre 50% de vice-présidentes dans l’intercommunalité qu’elle préside à Lédignan.

            Reste l’Hérault. Navarro (sénateur) l’a expliqué le 8 juin à Béziers, il est pour la généralisation du scrutin proportionnel et donc de la parité. Partout et à toutes les élections !

            Le problème demeure à l’Ouest. Car sans préjuger de leur capacité à porter ce projet, la proportion de femmes dans les intercommunalités qu’y dirigent deux parlementaires restant,  tant à Saint-Pons qu’à Saint-Chinian,  ne plaide pas, hélas, dans le bon sens.

            Reste à espérer que le dernier de la liste,  André Vézinhet, par ailleurs élu de la ville au conseil général,  réussisse à convaincre d’ici là … ses deux mauvais élèves des champs !

18:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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