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09 mai 2009

Evelyne Gebhardt, vous connaissez ?

Vous ne connaissez pas Evelyne Gebhardt ? Dommage !

            C’est une social démocrate allemande, députée (SPD) au Parlement européen.

            Un jour de janvier 2004, arrive sur son bureau, une proposition de directive de la Commission européenne, l’exécutif de l’Union qui lui assure que c’est « un dossier purement technique, pas politique ». Manque de chance pour la Commission, il s’agit de la fameuse « directive Bolkestein », vous savez, celle du « plombier polonais »  qui deviendra la grande affaire utilisée par les adversaires de l’Europe et qui provoquera indirectement le non français au référendum de 2005 sur le Traité de Lisbonne avec lequel, pourtant, elle n’avait rien à voir.

            Mais revenons à Mme Gebhardt. Pour elle, cette « directive service » offre une plus grande ouverture au marché des prestations de services au sein de l’Union européenne, mais aussi et surtout un danger : la mise en concurrence des services sociaux. Elle propose donc des amendements qui excluent de la directive les services publics et empêchent le dumping social en Europe. Elle a les moyens de se battre : pour les questions relevant du marché intérieur, le Parlement agit en « co-décision » avec le Conseil (qui représente les Etats membres), ce qui signifie qu’avant de décider il faut que les deux, Parlement et Conseil soient d’accord.

            Evelyne Gebhardt engage donc une épopée. Co-décider signifie au Parlement européen, dégager une majorité en plénière parmi les 785 élus. Elle remue ciel et terre, mobilise les syndicats, politise le débat, convainc une partie de la droite, et gagne ! Moralité : « le plombier polonais » peut venir travailler en France ou en Allemagne mais à condition que le droit du travail de ces pays d’accueil soit respecté.

            Mais entre temps, les eurosceptiques en fabriquant l’amalgame, ont fait chuter le traité constitutionnel sur le non français.

            L’histoire d’Evelyne Gebhardt prouve deux choses.

            La première que le Parlement européen est un vrai législateur qui peut l’emporter sur la Commission et le Conseil.

            La deuxième, c’est que si le Traité de Lisbonne est adopté, ce pouvoir sera augmenté.

            Alors, le 7 juin, aux urnes, citoyens !

           

09:52 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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