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29 avril 2009

Précisions

A propos de « Ronds de cuir » d’hier, Mme Cordoni me prie de préciser qu’elle n’est que vice-présidente du Comité de Montpellier de la SEMLH, la Secrétaire générale en titre étant la … Générale Louise Coppolani à Paris.

            Cela valait vraiment le coup de le faire ! Les Générales ne courant pas encore les rues … des effectifs des Armées,  s’entend !

            Et tant qu’à y être, décodons. La SEMLH, c’est la Société d’entraide des membres de la Légion d’Honneur. Et on n’y badine pas avec le prestige !

20:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

28 avril 2009

Ronds de cuir

En 1925, Mr du Bourblanc, Chef du 2e Bureau du Contrôle central et des Contributions de la Ville de Paris,  produit pour son Chef de service, Mr Bonnard « un avis » (gageons qu’il lui avait été réclamé) sur « la désignation des emplois de Chefs et de Sous-chefs de bureau qui pourraient être confiés à des femmes ».

            L’ENA n’ayant pas encore été inventée, Mr Bonnard attaque et n’y va pas par quatre chemins. Il démarre par , « parmi les nombreuses mesures néfastes, prises, en matière de personnel, soit par le Conseil municipal, soit par l’Administration préfectorale elle-même, l’une des plus regrettable est assurément celle qui a donné accès aux femmes dans le grade supérieur ». Et conclut dans la même veine, qu’il estime nuisible « au bon fonctionnement du 2e bureau la désignation qui pourrait être faite dans l’avenir d’un chef ou d’un sous –chef de bureau femme ». Après s’être toutefois demandé « si la femme, être nerveux et impulsif par tempérament, serait qualifiée pour prendre une décision administrative dans la mesure où celle-ci serait laissée à l’initiative du chef de bureau ».

            Ce qui prouve que déjà en 1925, les femmes n’avaient ni le droit de vote, ni celui d’être élue et le droit civil faisait encore d’elles des incapables majeures, le Conseil municipal de Paris posait néanmoins la  question de leur accès à la sphère de décision.

            Je ne connais pas la suite de l’histoire. Mr du Bourblanc a-t-il gravé dans le marbre du machisme – le mot n’était pas à l’époque encore inventé -, la note de Mr Bonnard ? Ou l’a-t-il rétrogradé pour fait de sexisme –le mot n’existait pas encore non plus- ? Mais l’anecdote souligne une fois encore que la question des femmes avance avec des volontés politiques, ici le Conseil municipal de Paris et des hommes courageux.

            En 1996, une Recommandation du Conseil de l’Union européenne  « une participation équilibrée des femmes et des hommes aux processus de décision est susceptible d’engendrer des idées, des valeurs et des comportements différents, allant dans le sens d’un monde plus juste et plus équilibré, tant pour les femmes que pour les hommes », a conduit Lionel Jospin, alors Premier secrétaire du PS a adopter un quota intra partisan de 30% de candidature féminines aux législatives de 1997, avant de faire voter, une fois devenu Premier  ministre la loi dite sur la parité du 6 juin 2000.

            Ce qui encore prouve  trois choses. D’abord que si le Conseil de Paris (comme celui de toutes les villes de plus de 3500 habitants) compte aujourd’hui autant d’hommes que de femmes et un nombre égal d'adjointes et d'adjoints, c’est à cause de l’Europe.

            Et que si la question  « à travail égal, salaire égal » a été introduite dans la loi  française dès 1972, les femmes doivent le principe d’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes aux « pères fondateurs » du Marché commun qui l’ont inscrit dans le Traité de Rome (article 119).

            Et qu’enfin, si la Communauté européenne avait existé en 1925, Mr Bonnard au minimum se serait fait sévèrement remonter les bretelles – il devait bien en porter-, par la Cour européenne de Luxembourg.

 

PS : Merci à Monique Cordoni, Secrétaire générale de la SEMLH, pour m’avoir transmis la note écrite par Mr Bonnard en 1925. Puisse qu’elle trouve ici quelques consolations à l’ampleur de son indignation.la_femme_en 1925.pdf

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26 avril 2009

Meeting

 

            C’était à Toulouse, vendredi, au centre ville, dans un salle splendide, La Halle aux grains, aménagée pour l’occasion en amphithéâtre au centre duquel se trouvaient sous l’égide du Parti des socialistes européens (PSE)  les leaders socialistes des 27 Etats formant l’Union européenne. Avec aussi les candidats tête de liste des 8 Grandes régions françaises et bien entendu Martine Aubry, le danois Poul Rasmussen, président du PSE, le président de l’Internationale socialiste Mr Papandréou et l’allemand Martin Schultz, président en fonction du Groupe socialiste au Parlement européen.

            Je ne sais pas si c’est le dicours tonique (« elle dépote ! » s’exclamait ma voisine),  de la Hongroise Zita Gurmaï – elle veille à leurs destinées au sein du PSE – flanquée pour l’occasion de sa Ministre des Affaires étrangères, ni la présence de nombreuses femmes têtes de listes en Autriche, aux Pays-Bas, en Pologne, en Belgique, dans plusieurs anciens Etats baltes … qui les ont stimulés, mais, à Toulouse, le droit des femmes à accéder à une égalité de fait avec les hommes en Europe a été largement affirmé.  

            Par la Première secrétaire Martine Aubry, - pour faire bon poids, elle a chargé, dès la fin du Congrès de Reims la hongroise Zita Gurmaï des questions d’égalité hommes –femmes et de parité au sein du Secrétariat national du Parti socialiste en France -, par le représentant de José-Luis Zapatero, un fils d’émigré politique au profil de bel hidalgo andalous, mais aussi par Martin Schultz avec la rigueur et l’autorité conférée par son rôle de patron de 223 députés européens qui pèsent lourds à Bruxelles et à Strasbourg.

            Et Martin, dans un discours ovationné par la foule des participants debout, a placé d’emblée  les droits des femmes au même rang que les plus grande conquêtes de l’Europe.

            La paix, d’abord, durable, entre les belligérants d’hier. En  soulignant que les 27 partis socialistes ou socio-démocrates des 27 pays membres d’aujourd’hui, n’avaient pas hésité à désigner comme leur chef celui issu d’un pays, l’Allemagne que tous, victimes des nazis,  avaient en son temps  combattus avec force.

            La paix encore,  cimentée autour  de ces « pères fondateurs » du Marché commun dont le projet était de  réunir à l’avenir les vieux ennemis d' hier autour de la question de l’économie. 

            Mais aussi, la démocratie. La capacité des pays membres à accueillir ces nouveaux candidats qui sortaient de la dictature, l’Espagne, la Grèce, le Portugal. La capacité aussi de doubler en quelques années les fonds des enveloppes structurelles pour sortir ces jeunes démocraties encore fragiles du retard que des années de replis sur eux-mêmes avait accumulé.

            Les résultats sont là. Ils sont incontestables pour la démocratie et la paix. Ils le seront demain, puisque la question est désormais placée en tête de l’agenda politique, pour les droits des femmes.

            A moins que les europessimistes, à force de démagogie locale pour une poignée de siège ne fasse tout avorter.

 

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23 avril 2009

Prochain roman

A  propos d’une enquête publiée par Le Monde du jeudi 23 avril, « L’activité des eurodéputés passée au crible avant les élections du 7 juin », l’une d’elles, Mme de Sarnez (MoDem) observe :« Ce n’est pas forcement les dix plus présents qui sont les dix meilleurs parlementaires … ».

Quand j’étais une jeune assistante à Strasbourg, j’allais souvent aider Alain Bombard, un homme délicieux, à trier le volumineux courrier qu’il recevait de l’Europe entière. Son bureau était mitoyen de celui d’un autre parlementaire socialiste français, ami comme lui de François Mitterrand qui les avait tous deux placés sur la liste, un écrivain déjà célèbre - arrivé depuis à l’apogée de sa carrière -  qui ne manquait aucune des sessions plénières du Parlement européen. Mais ce qui nous intriguait tous, c’est qu’arrivant très ponctuellement le lundi, repartant le vendredi, on ne l’apercevait que très rarement en séance.

Pourtant, derrière la mince cloison qui séparait son bureau de celui d’Alain Bombard, nous l’entendions constamment causer ; il devait donc recevoir beaucoup de monde. Le problème était cependant que jamais nous ne voyions âme qui vive ni entrer ni sortir.

Un jour, Alain, n’y tenant plus –il était curieux comme une puce- fit mine, pour tender de percer l’énigme, de s’être trompé de porte. Il entra sans prévenir. Son illustre voisin  dictait sur un magnétophone le manuscrit de son  prochain roman.

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22 avril 2009

Fatalité

Force est de constater que si l’Aveyron (3 députés) n’était pas venu au secours de la Région Languedoc-Roussillon (21 députés) dans l’enquête « Le travail décortiqué de vos vingt quatre députés » présentée par Midi-Libre ce matin, tant l’efficience de nos parlementaires (deux députés aveyronnais, Mr Censi et Mme Marcel se situent dans le peloton de tête au classement des députés les plus actifs), que la proportion de femmes dans leurs rangs (33, 33%  en Aveyron contre 9% en Languedoc-Roussillon) en aurait pris un coup.

Mais de là à pavoiser, on est loin du compte. Côté femmes, l’ensemble (Aveyron et Languedoc-Roussillon formant la zone de chalandise du quotidien régional) se situe 6 points en dessous de la moyenne nationale, 12, 5% contre 18, 5%). Côté efficacité (l’enquête analyse le travail des député à partir de leurs interventions en séance ou en commission), il y aurait aussi bien à redire.

Est-ce bien utile ?

Chacun sait que le cumul des mandats gangrène notre démocratie. La présence en queue de liste de nos parlementaires les plus chargés de multiples responsabilités valide cette hypothèse. 

A l'occasion des élections européennes, Martine Aubry, Secrétaire nationale du Parti socialiste a invalidé avec courage les candidatures de prétendants dejà à la tête d'un exécutif local. Gageons qu'elle saura trouver les soutiens nécessaires pour continuer sur cette lancée et mettre un terme, à l'occasion des prochaines législatives à l'empilement des mandats et des fonctions. Il n'y a pas de fatalité.

10:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)