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17 décembre 2008

La force du nombre

« En 2000, se plaçant dans l’hypothèse où Lionel Jospin ne serait pas candidat à la présidentielle de 2002, l’opinion privilégiait le nom de Martine Aubry (49%) sur celui de Laurent Fabius ( 30%) » (Sondage BVA, publié dans Paris Match du 5 octobre 2000). Et le 8 mars 2002, au cours du grand meeting organisé par les militantes socialistes au Palais des sports à Paris et dont Lionel Jospin est l’invité, Michèle Sabban – elle est alors secrétaire nationale du PS, chargée des droits des femmes -, lance la formule : « 23  millions d’électrices, 20 millions d’électeurs : l’élection présidentielle est une affaire d’hommes arbitrée par des femmes ».  Elles auraient, « La force du nombre ».

Telle est l’analyse que nous livre Mariette Sineau* (Voir « A la verticale », 7 décembre 2008). Car, bien qu’ayant accédé au droit de vote en 1944, les françaises sont restées « en état de dépossession démocratique » jusqu’en 1965, date de la première élection du président de la République au suffrage universel. Ainsi,  à chaque étape, parce qu’elles obligeront les acteurs politiques à reconnaître la centralité des questions qui les préoccupent,  elles obtiendront des avancées que  les députés ne leur avaient pas accordées : le contrôle des naissances en 1965, la dépénalisation de l’avortement en 1974, la parité en 1995 …

Une interrogation cependant demeure. Lors de la présidentielle de 2007, où pour la première fois une femme était présente au second tour, cette situation inédite a-t-elle favorisé la candidate socialiste ? « Pas sûr », répond Mariette Sineau. Alors, avec un regret que l’on perçoit entre ses lignes, c’est au philosophe allemand Alex Honneth que la politologue recours : « Dans les deux pays, en France et en Allemagne, (… ) les critères de compétences exigés pour l’ascension des femmes aux plus hautes fonctions sont plus sévères que pour les hommes. Elles sont en sommes contrôlées plus durement ».

            De quoi certainement apporter de l’eau au moulin de Mme Mandroux. (Voir « Le zéro respect », 11 décembre 2008)

 

* La force du nombre. Femmes et démocratie présidentielle. Editions de l’Aube, octobre 2008. Mariette Sineau est directrice de recherche au CNRS, Centre de recherche politique de Sciences Po (CEVIPOF

09:59 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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