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29 novembre 2008

Le compte

L’une des hypothèses avancées par le Comité Balladur (13 membres dont une seule femme) sur la réforme des collectivités territoriales est la fusion des régions et des départements  dans une seule collectivité. Les conseils régionaux seraient dès lors composés de conseillers généraux élus au scrutin uninominal  dans leurs cantons qui deviendraient une circonscription électorale de la région. Le mode de scrutin uninominal ferait reculer la parité dans les Assemblées régionales, puisque leurs membres ne seraient plus élus sur des scrutins de liste à parité alternée (homme-femme ou femme-homme) très favorables à l’élection de nombreuses femmes.  

Traduction faite en Languedoc-Roussillon : la proportion de conseillères régionales reculerait de 45%  à 7% ; les départements de l’Hérault et du Gard dénombrant – à l’instar de 13 départements métropolitains- actuellement moins de 5% de conseillères générales ; pour mémoire 3 (dont l’Ariège et le Tarn et Garonne voisins) n’en ayant élu aucune.

J’étais, en sortant lundi d’une réunion de l’Observatoire de la parité, service du Premier ministre à Paris où j’avais été es qualité conviée à plancher sur le sujet, assez inquiète sur ce qui se préparait au Comité Balladur, semble-t-il dans le secret.

Quand, sans connaître mon souci, mardi, au cours de la signature de la Charte européenne pour l’Egalité homme femme, Georges Frêche a déballé ses projets : « Il y a 10 conseillers généraux à Montpellier. Il faut que la prochaine fois, il y ait 5 femmes. Elles seront candidates dans les cantons où le sortant(e) socialiste ne se représentera pas, soit parce qu’il ne le souhaitera pas, soit parce qu’il aura fait plus de 3 mandats …, 18 ans c’est beaucoup ! ». Sauf, a-t-il ajouté,  pour Mr Vézinhet, parce qu’il est le président et que c’est, a-t-il précisé, son ami.

Simple boutade certainement, d’un élu d’importance devant un aréopage très largement féminin. Mais tout de même, l’homme est sensibilisé.

Le problème, c’est que le compte n’y sera toujours pas.

 

 

 

19:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

28 novembre 2008

La Barbe

Les femmes du groupe féministe le plus subversif du moment ont tendu au Ministre du budget, des Comptes publics et de la Fonction publique un miroir dérangeant, ce jeudi en reproduisant devant lui la cérémonie « d’autocongratulation entre hommes de pouvoir », qu’il présidait ce jour.

C’était au salon de la Ville et des collectivités locales. Eric Woerth remettait, au nom d’un jury composé de huit hommes et d’une seule femme, trois prix de « l’achat public » à trois équipes municipales, presque exclusivement masculines.

La cérémonie, le panel, le public, le décor, les costumes gris, tout suintait la routine, jusqu’à l’irruption « barbaresque » :

            « Félicitations du jury à l’UMP et au  Nouveau centre qui affichent 8% de femmes maires dans les villes de 30 000 habitants et un "peut mieux faire au PS" qui affiche entre 14 et 16 % dans les villes de la même catégorie ;

            Nos encouragements à la Communauté urbaine de Lille : son équipe de vice-présidents à 100% masculine ».

Le Groupe « La Barbe » poursuit ainsi inlassablement son combat contre la parité «qui menace la France de nos Pères », et rappelle que "9 ans après la réforme constitutionnelle, les partis politiques résistent encore : 91,5% d'hommes maires dans les villes de 3 500 habitants et plus... de 86,9% d'hommes conseillers généraux..."

L’action intervient alors que  la Commission de réforme des institutions présidée par Edouard Balladur,  ne comporte qu’une seule femme sur 13 membres.

La Barbe!          

 

 

               

 

15:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

27 novembre 2008

Martine, « Sans concession » ?

C’est donc Martine !

            Ne boudons pas notre plaisir ; il aura fallu plus d’un siècle pour qu’une femme, 103 ans après sa création accède en France à la direction du plus grand parti d’opposition. Ce qui prouve, qu’avec ses bons et mauvais côtés,  que le Parti socialiste ne se lassera jamais de nous étonner.

            D’autant plus qu’en mai, s’il s’est déclaré résolument « féministe » (voir « De principes », 22 avril 2008 ; « Plus vite que la musique », 24 avril 2008  et « La double évidence », 16 juin 2008), il s’est empressé de faire le contraire, au moment de la nomination des deux Commissions, des « conflits » et de « contrôle des comptes : 100 membres, dont 31 femmes, soit 31%. http://www.egales.org/spip.php?article24

            Et si Martine Aubry –elle a déclaré la parité comme l’une de ses priorités- veut être « Sans concession » (Le Monde, jeudi 27 novembre 2008), elle devra du point de vue de la représentation des femmes faire respecter la règle : « les listes doivent comporter au moins 40 % de femmes. Si cette condition n’est pas remplie, des sièges sont déclarés vacants à concurrence du respect de cette proportion » (art. 1.6 des statuts du PS : constitution des instances de direction). Et à y regarder de plus près, c’est dans sa propre majorité qu’elle devra pourchasser les récalcitrant(e)s. http://www.egales.org/spip.php?article24

            Loin de moi l’idée, je suis légitimiste,  de vouloir lui compliquer la tâche.

            Mais un problème de taille demeure encore à régler. Le Parti socialiste ne peut plus s’offrir le luxe de l’amateurisme d’élections internes contestables ou contestées. Il faut donc que la nouvelle PremièrE (je ne m’en lasse pas !) secrétaire, revoie l’organisation de ces scrutins. A la lumière de la jurisprudence de la Cour de cassation qui estime que les principes généraux qui figurent dans le code électoral et s’appliquent aux élections politiques doivent s’appliquer aux élections internes dans les associations, un parti politique –ou un syndicat- étant considéré comme une association Loi 1901. Et à ce titre, le non respect des règles de parité qu’il s’est fixé pourrait encore une fois encore mettre le PS dans l’embarras.

11:01 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

25 novembre 2008

Eternel féminin

Je suis déçue ce matin. Parce que l’emploi de « comique » et « zozo » sur le blog d’une très honorable section socialiste de Béziers,  ne valent pas mieux que les commentaires défraîchis sur l’éternel féminin, « guerre des dames », « crêpage de chignon » … que j’ai entendus ces jours-ci sur le « match » (et pourquoi pas de catch, vous voyez le genre) entre Royal et Aubry.

            Et si mes ami(e)s biterrois n’ont de leçon à recevoir de qui que ce soit, si le jeune « comique » qu’ils ont  incriminé ne devrait certainement pas, ce n’est pas un perdreau de l’année,  l’avoir volé, le poids des mots tue.

Et cela prend une ampleur autre encore à l’occasion de la « Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes » que l’on célèbre aujourd’hui.

 

 

          

09:54 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

24 novembre 2008

Calmer le jeu

Faut-il, à l’avenir placer les élections internes des partis politiques sous la tutelle de la justice comme c’est le cas pour les élections publiques politiques ? Une question qui interroge les résultats du scrutin du jeudi 21 dont les écarts de part et d’autre contestés ne parviennent pas à départager les deux prétendantes à la direction du PS, Martine Aubry et Ségolène Royal.

Car si, sous la présidence de Daniel Vaillant (un proche de Jospin),  la Commission de « récolement » (6 membres) échoue ce matin, le Conseil national de demain devrait en toute logique désigner Martine Aubry ; Ségolène Royal y détient à peine 30% des sièges.

Ma question demeure. Car au-delà des deux femmes, des préférences de chacun, du hiatus entre deux modes de scrutin, (proportionnel pour le Conseil national, uninominal pour le Premier secrétaire), elle interpelle le fonctionnement même de la démocratie que la Constitution a gravé dans le marbre : « Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. (…) Ils doivent respecter les principes de la solidarité nationale et de la démocratie. (…) La loi garantit (…) la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation » (article 4).

Sans négliger l’apport des militants par leurs cotisations, le financement public y contribue très largement.

Et en l’espèce, le Parti socialiste est non seulement comptable de ses actes devant ses militants, mais aussi, devant les citoyens qui par l’impôt acquittent en quelque sorte ces versements.

En foi de quoi, la justice républicaine doit-elle  s’en mêler ?

Quoi qu'il en soit, il faut calmer le jeu.

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11:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)