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10 septembre 2008

Une pour un

Le Grand Chancelier de la Légion d’Honneur, le Général Jean-Pierre Kelche, raconte dans le bulletin de  l’Ordre (« La Cohorte », août 2008), comment il a géré le refus de la promotion du Nouvel An : « Je ne signe pas » lui a dit le Président de la République, « je veux la parité homme-femme, un pour une ».

  L’affaire a été renvoyée devant les ministres, les priant de « trouver des femmes ». Ce que la plupart ont fait, sauf, que, précise encore le Grand Chancelier, certaines propositions féminines, pour « faire nombre », étaient loin de répondre au règlement. Elles ont été donc écartées, le Grand Chancelier se méfiant des mauvaises langues qui auraient pu prétendre  "qu’unetelle avait été nommée  parce que c’était une femme". 

   La promesse « d’un pour une » faite au Président de la République restait donc entière.

    Ministère par ministère, on a alors trié les propositions. D’un côté les femmes « éligibles », de l’autre, les hommes. Et on a répondu à la directive présidentielle en ne retenant un homme que si à côté, il était possible de promouvoir une femme. Ce qui fait, qu’au bout du compte, les ministère un peu tricheurs, se sont vu globalement diminué le volume de croix auquel ils auraient pu prétendre de 22 à 33 %. Autrement dit, si l’on prend –simple hypothèse – le ministère de l’Agriculture, si celui-ci avait droit à 100 Légions d’Honneur, et s’il n’a pu proposer que 27 candidatures féminines crédibles, il n’a obtenu in fine  la nomination que de 27 hommes – un pour une – et « perdu », 46 croix sur ses droits.

      Cela, je crois s’appelle du courage politique dont il me semble que le Parlement pourrait s’emparer afin de modifier la loi sur la parité, qui fait, qu’après deux législatures, il n’y a toujours pas plus de 20% de femmes à l’Assemblée nationale.

       Sauf si le Président de La République décide d’y appliquer aussi la règle de « un pour une ». En modifiant la loi sur le financement des partis, de manière à ce que les dotations ne soient plus calculées à partir du nombre de candidates qu’ils présentent, mais du nombre d’éluEs. Simple simulation pour le Parti socialiste, qui avec 50 femmes députéEs sur 187 (27%),  perdrait chaque année – on paye un pour une, soit au total 100 - 87 fois la part qu’il perçoit de l’Etat pour chacun de ses élu(e) s.

            De quoi faire réfléchir. Et matière pour le PS d’en parler au Congrès.

           

 

11:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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