« 2008-05-05 | Page d'accueil | 2008-05-08 »
07 mai 2008
Rupture du contrat républicain
Un arrêté du 7 avril 2008, publié au JO du 22 avril, porte nomination de 15 nouveaux membres, diplomates et personnalités qualifiées au Conseil des Affaires étrangères, un « conseil des Sages » chargé de formuler des avis sur les grandes orientations de politique étrangère de la France. Avant son renouvellement, une seule une femme siégeait dans le précédent conseil. Cette fois, l’arrêté publié au JO entérine l’éviction programmée des femmes : quelles que soient la compétence et la légitimité des nouveaux membres de cette instance, force est de constater qu’elle ne comporte plus aucune personnalité féminine ; situation d’autant plus étonnante que ce conseil a été officiellement créé en octobre 2006 pour « renforcer la collégialité de la prise de décision » sur la politique extérieure du pays Faut-il en conclure qu’il n’y pas en France une seule femme compétente en matière de politique étrangère, ou aucune femme « digne » d’occuper cette fonction ?
Cette situation inégalitaire est intolérable. Rappelons d’ailleurs que les plus hautes institutions de la République demeurent démesurément inégalitaires : le Conseil Constitutionnel ne compte que 2 femmes pour 7 hommes, le groupe des personnalités qualifiées du Conseil Economique et Social 7 femmes pour 31 hommes, l’Assemblée des Français de l’étranger 3 femmes pour 13 hommes… De plus, aucune femme n’est présidente des 22 Conseils économiques et sociaux régionaux (CESR) de métropole, qui ont été renouvelés en septembre 2007. Seul le CESR de Polynésie est présidé par une femme.C’est à tous les niveaux de la société que la parité doit être respectée : l’Etat doit traiter à égalité tous les citoyens, afin que le travail civique, social, politique et culturel de l’ensemble de la société soit reconnu. Il s’agit d’une exigence démocratique, et ne pas le reconnaître constitue, de fait, une rupture du contrat républicain.
Contact : Colette Kréder - demain.laparite@wanadoo.fr
10:03 Publié dans femmes et politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


