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05 mai 2008
La Chambre des Pairs
Deux points concernant la modification des statuts du Parti socialiste (inscrite avec la révision de sa déclaration de principes à l’ordre du jour de sa prochaine convention du 14 juin 2008), soulèvent une série de questionnements, voire d’inquiétudes quant au rôle des militants au sein même de leur formation.
1. Il est crée un conseil des territoires. Il permet, aux présidents PS de conseils régionaux (20), généraux (58), ainsi qu’aux membres des bureaux des associations représentatives des grandes villes ou des maires (s’agit-il de l’Association des élus socialistes et républicains ?), de se faire entendre. Il s’agira « d’une instance de coordination » entre l’action des élus et celle de leur parti ; « son champ de réflexion concernera tout ce qui relève des politiques locales » et « il sera co-présidé par le premier secrétaire ».
Première réflexion : vu sa composition, il est clair que le conseil des territoires sera dominé par les présidents de conseils généraux.
Deuxième réflexion : les politiques locales. Aucune limite se semblant fixée aux compétences du conseil des territoires (« tout ce qui relève des politiques locales ») doit-t-on comprendre que le Parti et ses instances statutaires actuelles se verront privées de certaines de leurs prérogatives ? Désignation de candidats dans les grandes villes ? Dans les principales collectivités territoriales ? Et point d’orgue, aux élections sénatoriales ?
Troisième réflexion : la co-présidence. Faut-il traduire cette disposition par l’existence d’une direction nationale bicéphale ? Et qui s’exprimera forcément par un affaiblissement du rôle et des pouvoirs du premier secrétaire.
Quatrième réflexion : ce nouveau conseil trouvera-t-il sa traduction au niveau fédéral ? Si oui, est-ce à dire que nous encourageons l’existence de 2 partis ? Celui du conseil général et celui des militants et adhérents. Ou s’agit-il d’une façon habile de contourner la disposition réglementaire qui interdit aux présidents de conseil généraux d’être aussi premier secrétaires fédéraux ?
Cinquième réflexion : cette création porte le risque de renforcer la tendance actuelle de privilégier les élections locales au détriment des élections nationales en nous écartant du pouvoir d’Etat (Présidence de la République, majorité à l’Assemblée nationale) pour un très long moment.
2. Le rôle du premier secrétaire et du conseil national. « Le conseil national doit retrouver sa vocation de lieu d’élaboration et de débat ». Mais pas de décision ! Qui va donc décider ? Une chambre des pairs auto désignée ou des instances démocratiquement élues par les militants ? Quant au premier secrétaire, ses fonctions seront « renforcées ». Mais rien n’est dit quant à ses pouvoirs. Comment faire respecter la Déclaration de principes, les statuts, la parité, quand nous constatons tous les jours avec tristesse, la multiplication de candidatures dissidentes, de prises de position contraires aux décisions adoptées par tous, ou de déclarations visant localement à mettre en pièce l’autorité du parti ?
Le débat interne qui s’engage à partir d’aujourd’hui devra mettre en lumière le dessein de ces modifications statutaires : améliorer la représentation des élus à l’intérieur du parti ? Je n’ai pas l’impression qu’ils soient sous représentés dans les diverses instances nationales (conseil national, bureau national, secrétariat national), ou fédérales correspondantes.
Impulser une nouvelle réflexion sur les politiques du parti ? C’est le rôle des commissions de travail, encore faut-il qu’elles se réunissent, et qu’ensemble, élus et militants en soient activement parti prenante.
Se préparer aux prochaines échéances nationales ? Il semble qu’il manque des propositions concrètes pour faire ou refaire du parti et de ses membres, une « machine de guerre » (le terme est de François Mitterrand) pour la conquête du pouvoir d’Etat. Car c’est bien là le rôle d’un parti.
Ou alors, - il faut bien faire preuve de temps en temps de mauvais esprit -, créer un poste sur mesure pour un premier secrétaire qui aurait l’air de regretter sa décision de ne pas briguer un nouveau mandat ?
11:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


