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28 avril 2008

Oublis

L’heure s’y prête. André Vézinhet, le président du conseil général de l’Hérault, devrait profiter de la révision de la Déclaration de principes et des statuts du Parti socialiste en cours,  pour revoir ces textes fondateurs. Et mieux s’imprégner de leurs esprits.

S’il est « prêt à lancer une liste alternative » aux élections sénatoriales, au motif « qu’il y a des attitudes qui ne peuvent être tolérées», (Midi-Libre du 28 avril 2008),  alors,  il risque d’en faire les frais. Car ce ne sera pas « d’alternative » qu’il s’agira, mais bel et bien de dissidence, vous connaissez, dans ce cas la chanson, c’est, comme dans le Puy de Dôme (voir « Les bretelles – 18 avril 2008),  l’exclusion.

 Car Frêche ou non, - le PS l'a désigné pour conduire la liste des élections sénatoriales dans l'Hérault en septembre 2008 - , n’est pas la question.

La question est l’autorité de la chose décidée par le Parti, par la Fédération socialiste dont le patron n’est pas le président du conseil général, mais le Premier secrétaire, élu au suffrage universel des militants. Et en toute logique. En toute démocratie.

Je regrette que le militant que fût Vézinhet, dont l’action exemplaire et le Parti l’ont porté où il est, l’ait oublié.

24 avril 2008

Plus vite que la musique

« J’ai proposé et obtenu l’ajout d’un article (14) consacré à l’identité féministe du Parti socialiste dans la Déclaration de principe », m’écrit aujourd’hui la Secrétaire nationale aux droits des femmes et à l’égalité du PS.

            Plus vite que la musique donc, la direction nationale a pris acte de l’amendement proposé à la Fédération de l’Hérault le 22 avril sur ce blog (Voir De principes). Ce qui renforce encore ma conviction car je ne crois pas aux miracles : les droits des femmes avancent d’autant plus vite que des personnalités politiques de premier plan s’en saisissent. Et Robert Navarro vient de montrer qu’il avait compris.

 

Déclarat°Principes-BN-220408.pdf

23 avril 2008

« Femmes battues »

« A l’automne 1978, le Collectif « SOS-femmes », constitué l’année précédente pour répondre aux violences intra-familiales, réussit à obtenir de la municipalité de Montpellier des locaux et des moyens. Un petit Centre d’hébergement (SOS Femmes Battues), ouvre au 1er janvier 1979, rue Frédéric Bazille afin de recevoir et de protéger temporairement des femmes victimes de violence de la part de leur compagnon. Ces femmes, contraintes de fuir leur foyer sont hébergées avec leurs enfants ». Marie Barthès et Nicole Nourigat racontent dans un livre préfacé par Hélène Mandroux, maire de Montpellier*.

Son récit, comme celui des deux auteures, m’inspirent quelques réflexions. D’abord que les droits des femmes avancent d’autant plus vite qu’ils sont soutenus par des hommes politiques déterminés. Dans le contexte étouffant des années 1970, où les « femmes battues » étaient tournées en dérision, c’est le nouveau maire de Montpellier, Georges Frêche, élu en 1977, qui octroie à l’Association les moyens de ses ambitions. A-t-il senti à ce moment là dans sa ville ce vent de liberté qui soufflait pour les femmes contre une société encore bien verrouillée ?

En tout cas, le Centre d’Hébergement (aujourd’hui devenu « Centre Elisabeth Bouissonnade ») est toujours là. Un  maire socialiste  aussi !

 

* Décider de Vivre. Lutte contre la violence familiale. Marie Barthès et Nicole Nourigat, préface de Hélène Mandroux- Champ Social Editions – Février 2008

22 avril 2008

De principes

« Etre socialiste – dit à l’Art. 1, la nouvelle Déclaration de principes du Parti socialiste que Le Monde a publié hier -, ce n’est pas se satisfaire du monde tel qu’il est ». Il est de plus proclamé à l’Art.2 , « l’égalité est au cœur de notre idéal ».

            J’en déduis donc qu’en principe, être socialiste c’est vouloir l’égalité. Elémentaire.

            Les rédacteurs de la dite Déclaration, une commission ad hoc où toutes les sensibilités étaient représentées, ont cru bon de préciser deux points de principe à l’Art.20 : « Le Parti socialiste est un parti démocratique. Il fait de la parité entre les hommes et les femmes un principe ».  

            J’en conclus par conséquent qu’être socialiste, c’est aussi vouloir l’égalité des hommes et des femmes. Logique.

 Et que donc, être socialiste, c’est être féministe, c'est-à-dire, partisan d’une doctrine qui préconise « l’amélioration et l’extension du rôle et des droits des femmes dans la société » (définition donnée par le Petit Larousse).  

            Ce n’est pas plus compliqué. Alors, pourquoi ne pas l’écrire clairement ? Car,  toujours selon le Petit Larousse, une déclaration de principes est un texte « qui porte sur l’essentiel mais demande confirmation ». Et, l'expérience soulevant chez moi quelques craintes de ce côté-là, je propose au Premier secrétaire de la Fédération de l’Hérault Robert Navarro de rédiger ensemble un amendement au chapitre égalité. En principe, nous devrions être soutenus.

           

 

20 avril 2008

Addendum

Les bonnes nouvelles arrivant tous les jours, je me dois, pour être juste envers Mr Couderc le sénateur-maire de Béziers accroché hier sur son « déni de compétence envers les femmes » à l’Agglo de Béziers-Méditérranée, de souligner que Mr Bouldoire, le maire conseiller général de Frontignan n’a pas fait mieux à Thau Agglomération dont il vient d’emporter  la présidence : 8 communes dont la sienne et 7 vice-présidents. Et autrement dit, pas une femme !

            Pierre Bouldoire, pensez, c’est un socialiste, je le connais bien, il m’a beaucoup soutenu pendant ma campagne aux élections législatives, semble faire le contraire de ce qu’il dit.

            C’est bien décevant, pour la parité, la démocratie, le progressisme et le développement. Mais tout le monde ne peut être José Luis Zapatero.

19 avril 2008

Prier la madone

Je salue le travail de deux journalistes, Mr Boucomont et Mr Szewczyk, respectivement chef d’agence de Midi-Libre et de l’Hérault du Jour à Béziers. Dans le compte rendu qu’ils font de la mise en place du conseil d’agglomération, les deux soulignent la rareté des femmes  :  7  sur 49 sièges et pas l’ombre d’une parmi les 12  vice-présidents. Pour Michel Szewczyk, « il ne s’agit ni plus ni moins qu’un déni de compétence envers les femmes ».  

Si manifestement, la parité n’est pas la préoccupation de la communauté d’agglomération de Béziers –Méditerranée, c’est quand même un peu mieux à Montpellier, 7 vice-présidentes sur 27 et pour ce que j’en sais pour l’instant, 4 vice-présidentes sur 14 à Narbonne, où ni Frêche ni Bascou n’ont hésité à promouvoir de simples conseillères municipales dans leurs exécutifs. Vous me direz, normal, ils savent que je les ai à l’œil. Mais dans ce cas, cela signifierait qu'à Béziers,  Mr Szewczyk est en plein dans le vrai, et qu’à l’inverse, Mr Couderc, le sénateur maire qui je crois n’est pas corse, observerait quand même le conseil donné aux hommes dans l’île de beauté: « Prie la madone, vote au village et méfie toi des femmes » !

 

18 avril 2008

Les bretelles

Le sénateur Charasse, - « un électron libre cynique, machiavélique, machiste » selon l’un de ses collègues socialiste-, bien connu pour son goût des bretelles, vient en fait de se les faire remonter. Il a été suspendu par le Parti socialiste pour avoir permis le 20 mars la réélection de Mr Gouttebel à la présidence du conseil général du Puy de Dôme contre l’avis des instances fédérales qui avaient investi la vice-présidente (PS) du sénat,  Michèle André. Dans la foulée, 17  conjurés autres ont subi le même sort ; Mr Gouttebel quant à lui a été directement exclu.

            Je ne sais pas si Michel Charasse a été suspendu par ses bretelles. Mais ce qui est clair, c’est que sa suspension risque de se traduire  en pendaison s’il ne revient pas « dans un délai raisonnable », à de meilleurs sentiments.

            Ce qui compte en politique, ce n’est pas ce que les hommes et les femmes disent, mais ce qu’ils font. Mr Charasse ne s’est pas contenté d’une déclaration à l’emporte pièce. Il a bel et bien commis un acte d’indiscipline et de rébellion contre le Parti socialiste dont il détient pourtant son élection. Au Sénat et au conseil général.

            Je vous pose donc une question. Les bretelles ont-elles au PS une fonction immunitaire ? Parce que j’en connais qui n’en portent pas ; ils ont été lourdement condamnés. Pour des faits juridiquement non avérés.  

           

           

17 avril 2008

« Capitan, mande firmes »…

… un coup de clairon, « et maintenant, dites avec moi : Viva Espana ! Viva et Rey ! ».

La photo, historique en Espagne, d’une femme de 37 ans, Carme Chacon (veste noire sur casaque blanche rayée de noir façon Zara, le Monoprix chic espagnol de la mode), enceinte de 6 mois dans ses habits neufs de Ministre de la Défense commandant aux soldats de se mettre au garde à vous et de prononcer avec eux le traditionnel « Viva Espana ! Viva El Rey », a fait un tour d’Europe hier.

Mieux, souligne Miguel Gonzalez, journaliste de El Païs, « sa voix n’a pas tremblé quand elle a donné son premier ordre », même si en passant ses troupes en revue dans la cour du Ministère de la défense,  « elle a - dit-il encore - à un moment un peu perdu le pas ».

Quand je vous dis que ce n’est pas gagné !

 

Elpais.com – Vidéo : Chacon pasa revista a los tropas.

16 avril 2008

« Los barones »

Zapatero, je vous en parlais hier, a aussi pour la première fois en Espagne, nommé une Ministre de l’Egalité, et confié la Défense à Carme Chacon, une jeune femme enceinte de plusieurs mois. Le dilemme de cette « maternité publique » fait deux pages dans le quotidien « El Païs » (14 avril 2008).

            En effet, au moment où un ministère de plein exercice est chargé de trouver les solutions pour placer les hommes et les femmes sur un pied d’égalité dans la société espagnole, se pose un problème pratique : que peut faire une Ministre de la Défense enceinte à la naissance de son bébé ? Et lorsque cette dernière, dûment interrogée par TVE, la principale chaîne de télévision, répond, que sa « maternité est compatible avec ses nouvelles responsabilités », survient alors une autre question : « oui, mais comment » ?

            En Espagne, 18% des femmes qui exercent des responsabilités exécutives renoncent à leur congé de maternité. La ministre n’a pas dévoilé son plan, mais tout le landerneau  bruisse et spécule : si Carme Chacon veut être ministre de la Défense « comme un homme », le congé de paternité existe, mais il est beaucoup plus bref, elle se verra obligée d’abréger le sien.

            Sauf que si le congé de paternité est bien vu, les hommes y gagnent en image sociale,  les femmes sont pénalisées dans l’opinion quand elles renoncent au leur. Problème?

             A moins que le dilemme de cette maternité publique espagnole soit devenu celui de « los barones » bien obligés « d’accepter le maigre rôle » que leur a assigné Zapatero.  En français on aurait dit  les « éléphants ».

           

15 avril 2008

Marque de fabrique

L’Espagne rejoint la Finlande et la Norvège, à forte tradition d’égalité,  au club fermé des pays comptant plus de femmes que d’hommes dans leur gouvernement. Une décision de Zapatero, sans aucun doute de portée historique, considérée dans la plupart des pays européens comme un signe clair de progrès.

Dans un temps record -4 ans - l’Espagne a comblé la distance qui la séparait des autres pays en matière d’égalité hommes-femmes pour se situer aujourd’hui en position de leader : législation (Loi contre la Violence de Genre, Loi sur l’Egalité, Loi sur l’incorporation des femmes dans le marché du travail, Loi sur l’articulation de la vie familiale et professionnelle …), présence des femmes aux postes clefs de décision, volonté politique et pédagogie du Président Zapatero font de l’égalité un facteur puissant d’avancée de la société.

La parité dans la représentation publique n’est pas une fin en soi, ni l’application stricte de la règle des 50%.  L’équilibre de femmes et d’hommes au pouvoir est l’instrument qui permet, en valorisant des talents féminins  longtemps tenues en marge de l’exercice de la politique, d’améliorer la démocratie, de la conforter, de la rendre plus citoyenne, plus intelligente, plus ouverte, mieux adaptée au développement.

Les 9 femmes ministres du nouveau cabinet Zapatero cumulent un bagage impressionnant de connaissance, d’expériences politiques, de savoir-faire personnels. Il ne s’agit nullement de « femmes quotas », mais de personnalités qui ont fait leurs preuves et seront jugées sur leur travail et leurs résultats.

Mais leur présence au sein de la chose publique envoie  aussi un message d’espoir à toutes les femmes du monde et stigmatise, là où elle persiste encore, la culture machiste et rétrograde.

Zapatero a décidé d’imposer avec force des valeurs qui donnent de son pays une image de modernité, de développement et de progrès.  C’est la valeur d’égalité, en tant que marque de fabrique du nouveau gouvernement espagnol.

 

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