« « Passionnément » | Page d'accueil | Ségolène »

20 février 2008

« La preuve par Frêche »

Je partage quelque chose de commun avec Alain Rollat. Outre ce côté « diseurs de vérités » qui fait de nous des empêcheurs de tourner en rond dans les cercles feutrés et compassés des initiés de la politique, il nous arrive quand nous ne disons pas du mal de Georges Frêche d’être aussitôt catalogués dans la catégorie des « vendus » ou des « achetés ». Dans son dernier ouvrage, Alain Rollat, l’auteur de « L’assassinat raté de Georges Frêche »* fait de l’homme un « cas d’école, il  ne m’étonnerait pas qu’il devienne référence, un jour, dans les institut de journalisme ». Et de fait, ce sont ces derniers qui en prennent pour leur grade, tant à penser qu’ancien de Midi-Libre, Rollat prend, dans ses investigations, la précaution de ne mentionner ses confrères que par leurs seules initiales.

            Premier plaisir d’un jeu de piste à peine brouillé qu’il offre à celui qui connaît bien la presse régionale. Avec méthode, avec la précision d’un orfèvre, Alain Rollat va s’appliquer à décortiquer processus politiques et emballement médiatique qui ont conduit à faire par « effet de meute », de l’altercation publique de Frêche avec un  fils de Harki et d’un propos « à l’emporte pièce » qu’il aurait prononcé sur les « Blacks » de l’équipe de France, un événement de portée nationale : Frêche « raciste », traîné de ce chef en justice et, sans autre forme de procès, mis à la porte du Parti socialiste.

            Mais, ce n’est pas tout. En fin héritier de ceux qui faisaient en leur temps du Monde, l’excellence d’un titre qui régnait sur toute la presse, Rollat ne s’arrête pas là. Il perce le secret. « Je me suis senti inatteignable… », lui confiera celui qui avouera sa souffrance d’avoir été accusé de racisme.

            Le reste, vous le connaissez. Alain Rollat, par petite touche brosse l’histoire du Parti socialiste,  raconte et analyse : l’arrivée de Frêche à Montpellier, Frêche candidat à la mairie en 1971, député en 1973, maire en 1977…. L’histoire de la vie d’un homme qui se confond avec celle de son parti. Mais dont les blessures, profondes,  affleurent au  fil des dernières pages.

            Comme si post mortem, ailleurs qu’a Paris, à Montpellier s’était rejoué l’année dernière un remake de l’attentat manqué de l’Observatoire dont Mitterrand avait bien failli sortir assassiné. Politiquement.

* L’assassinat raté de Georges Frêche. Alain Rollat. Editions Singulières. Février 2008.

13:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

Commentaires

je partage sensiblement les mêmes valeurs qu'Alain et pour cause ... On ne craint pas la controverse et d'ailleurs lorsque nous mettons en commun nos convictions il y a du grain à moudre ... Si vous êtes intéressé par mon blog et des articles n'hésitez pas à l'utiliser. Vous pouvez trouver mon dernier ouvrage historique chez SAURAMPS préfacé par Alain: Le sang gaulois du Pilat Alésia.
Christian Rollat
le moriat
69700 Loire/Rhône 0698841723

Si vous connaissez Alain demandez lui des renseignements à mon sujet, vous serez étonné par nos approches assez similaires.

Ecrit par : rollat | 10 avril 2008

Ecrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.