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07 février 2008
Allo, Monsieur Navarro ?
Ces jours ci, un magistrat de la Cour des comptes me disait que désormais il était tenu de voyager en deuxième classe en TGV. Je n’ai pas bien compris si le préfet ou les chefs de cour étaient aussi logés à la même enseigne, mais, soit dit entre nous, à force de donner des leçons à tout le monde, il n’y a rien étonnant que les chambres des comptes reprennent en pleine figure le boomerang !
Aujourd’hui, - le rapport annuel de la Cour des comptes a été présenté hier par son président, Philippe Seguin-, c’est le Service des droits de la femme qui figure entre autres au palmarès des dysfonctionnements de l’Etat. Pour être honnête, c’était à l’origine une belle idée : mailler le territoire de Centres d’information où les femmes trouveraient réponses à toutes les questions qu’elles pouvaient se poser. C’est vrai que l’on revenait de loin, encore en 1967 la contraception et à plus forte raison l’avortement étaient hors de la loi et les femmes ne pouvaient ouvrir un compte en banque sans l’accord de leur mari. Bref, depuis, les choses ont changé et Internet a bousculé la donne de l’information. Mais, 37 ans après (les Centres d’information sur les droits de la femme ont été généralisés en 1981, sous l’impulsion du ministère éponyme de Yvette Roudy), le dispositif perdure et tourne un peu en rond. Et même si les discriminations au travail sont encore criantes, le mouvement social des caissières de supermarchés en est une preuve flagrante, la parité à permis, en favorisant l’accès de plus nombreuses femmes dans les lieux de décision de porter ces questions au niveau politique. Ainsi, une femme victime de discrimination à l’embauche peut saisir la HALDE (Haute autorité de lutte contre la discrimination et pour l’égalité). Oui, me direz-vous, faut-il encore le savoir, et les Centres d’information peuvent avoir là une utilité. Et à franchement parler, quand la Cour des comptes propose pudiquement dans ses conclusions « de repenser les modalités d’organisation et d’intervention de l’Etat en ce domaine », laissez-moi vous dire que depuis belle lurette, ces Centres ne lui coûtent pas grand-chose et que s’ils continuent à fonctionner, c’est grâce aux subventions des collectivités territoriales.
Alors, au moment même où, pour la première fois dans l’histoire de la République, la promotion de la Légion d’Honneur paru au JO du 1er février compte plus de 49% de femmes, faut-il voir dans ce rapport un décalage de la Cour par rapport au plus haut niveau de l’Etat ou simplement un peu d’hypocrisie ?
Tenez, c’est comme aux Etats –Unis. Pourquoi se voler la face et ne pas admettre une fois pour toutes que tout le poids du machisme de l’Amérique profonde pèse sur les épaules de Hillary Clinton ?
C’est comme à Bruxelles. 2008 est « l’Année européenne du dialogue interculturel ». Oui, mais voilà, la question de l’égalité des hommes et des femmes n’apparaît pas dans la décision du Conseil et du Parlement européen alors qu’elle est cruciale dans les huit domaines qu’ils ont choisis pour l’illustrer : culture, éducation, migration, minorités, religion, multilinguisme, lieu de travail et jeunesse.
Je crois que je vais en parler à mon (euro) député. Allo, Mr Navarro ?11:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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