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03 février 2008
Les dé-motivés
J’ai fait mes petits comptes.
Parmi les 186 conseillers généraux du Languedoc-Roussillon, il y a exactement 9 élues dont 3 dans l’Hérault sur 40 membres de l’Assemblée départementale, 3 sur 35 dans l’Aude, 2 sur 46 dans le Gard, 1 sur 25 en Lozère, et last but not the least, 1 sur 31 dans les Pyrénées –Orientales. Vous allez dire que je m’acharne. Mais quand même, notre région a réussi la prouesse d’élire au dernier renouvellement de 2004, moins de femmes qu’en 2001. J’avais calculé à l’époque qu’ici, 249 ans seraient nécessaires pour parvenir à la parité ; aujourd’hui, je constate que si chaque 3 ans on perd une conseillère générale, dans 10 ans, il n’y en aura plus du tout.
Sauf, vous me direz, si un titulaire homme passe pendant son mandat de vie à trépas. Vous savez que Mr Sarkozy, alors ministre de l’intérieur a fait voter une loi le 18 janvier 2007, pour instituer dans la précipitation de la présidentielle, il fallait faire plaisir aux femmes, un ticket paritaire. Je résume. Comme actuellement en France, 90% des conseillers généraux sont des hommes, la loi revient à créer un corps de 90% de suppléantes dont les chances de siéger sont inversement proportionnelles à leur représentativité. D’autant plus que dans la bousculade les limiers UMP de l’Assemblée nationale ont oublié de modifier un article de loi, ce qui dans le meilleur cas, exclu les remplaçants du système en cas de démission du titulaire, et dans le pire, annule complètement les effets de la loi. Et comme je n’ai pas entendu les députés et les sénateurs s’activer pour la modifier d’ici la fin de la session parlementaire, je me dis qu’une fois de plus on aura jeté de la poudre aux yeux aux femmes.
J’en ai parlé à Mr Vézinhet, le président du Conseil général de l’Hérault, il est aussi député. Je suis très déçue, cela n’a pas eu l’air de l’intéresser.
Alors, afin une fois de plus de ne pas m’attirer les critiques de ceux qui me placent au simple rang « d’épicière de la parité », j’ai réfléchi.
Il suffit afin de comprendre ce peu d’empressement de jeter un œil sur la composition des deux assemblées parlementaires. Sur 577 députés, on dénombre 155 conseillers généraux, dont 21 présidents de conseil généraux. Au Sénat, la proportion augmente : 114 conseillers généraux sur 331 sénateurs, dont 33 présidents de conseils généraux. Le tout constituant au Parlement un fort lobby formé de plus de la moitié des présidents épaulés par près de 10% de simples conseillers. Vous me voyez venir.
Mais ne vous trompez pas !
Je ne veux pas dire que tous, comme semble l’être Mr Vézinhet, semblent démotivés par la parité. Non, sans courir jusque dans le Finistère (près de 40% de conseillères générales), prenez par exemple le Gard. C’est net, vous l’avez vu, ses performances sont loin d’être grandioses. Mais quand on a éliminé des femmes de l’investiture aux cantonales, alors Mr Alary, le président socialiste du département, il s’est fâché tout rouge ! C’est vrai, vous me direz, il n’est plus député !
11:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Comment contribuer à la promotion des femmes en politique quand les réunions sont menées par des hommes qui ne s’adressent que très rarement aux femmes ? Quand la presse, y compris chez les journalistes féminines, ne prend pas cette innovation à son compte ? Qu’elle se complait à répéter des clichés maintes et maintes fois cités ? (coiffure, robes etc) C’est grave, pas seulement rétrograde. Des millions de femmes attendent. Je ne parle pas là des candidates mais de la population dans son ensemble.
Je suis suppléante d'un candidat. (PS tous les deux)
Ecrit par : Magali Eléouet | 24 février 2008
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