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02 février 2008

Propos de table

J’ai déjeuner aujourd’hui dans l’une des ces brasseries de Montpellier où les tables sont si rapprochées les unes des autres que vous ne perdez rien de la conversation de vos voisins. Et comme l’ordre du jour de mon compagnon d’agapes était le débriefing de la désignation des candidats du PS aux prochaines sénatoriales – la liste conduite par Georges Frêche a été approuvée par 83% des militants de l’Hérault-, vous comprendrez que lorsque se ont installés au coude à coude sur la banquette d’à côté, un monsieur et une dame, profil bourgeois bohêmes retraités de l’éducation nationale en villégiature dans la capitale régionale, nous nous sommes tus. Comme des carpes. Par contre nous avons entendu. Et sur la gifle infligée par un professeur à un élève  qui l’avait traité de « connard », largement commentée, nos voisins ont conclus : « Et la gauche qui ne dit rien, trop occupés par leurs machins d’être pour ou contre Ségolène Royal ».

J’ai décrypté, en fait de gauche, il s’agissait du Parti socialiste. Alors  moi je vais vous dire.  Si j’avais qualifié l’une de mes professeures de 6e de « connasse », j’aurais reçu c’est sûr en retour une autre baffe à la maison. Ce qui fait que je suis particulièrement choquée et par les 24 heures de garde à vue de l’enseignant et par la saisine du Tribunal correctionnel.

            Quant aux socialistes « qui ne veulent –dixit toujours le monsieur et la dame- pas se mettre à dos les parents d’élèves », il feraient mieux de se demander si justement ces derniers ne portent pas quelques responsabilités dans la manière d’éduquer leurs enfants.

            Mais, chez les socialistes, c’est comme ailleurs, il y les courageux et les pas courageux.

            Tenez, c’est comme au rugby, à Béziers, quand le talonneur de l’équipe, c’était dans les années 70, détalait à tour de stade pour échapper à la vindicte de son homologue de Toulon : il l’avait dans la mêlée, magistralement gratifié d’une belle baffe. Eh bien c’est pareil. Au PS, ne croyez pas, je n’ai pas que des amis. Et même quand ils me voient, certains s’enfuient devant moi. Pourtant m’a dit mon ami qui me racontait  tout çà pour meubler à midi, « tu n’as jamais été Aldo Gruarin »*. Qui sait ?

 

 

*Talonneur de Toulon, pour les accrocs de rugby.

 

14:54 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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