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23 janvier 2008
Au cinéma
Le Président de la République, nous a d’abord dit qu’il allait sauver l’Europe. Ce qu’il pense avoir fait avec le Traité européen simplifié dit de Lisbonne, qui devrait être ratifié le 4 février par la France et dont le refus au référendum de mai 2005 nous a largement marginalisé au sein de l’Union.
Il n’avait pas prévu que les pêcheurs, et dans notre région les thonailleurs, c'est-à-dire, ceux qui à l’inverse des grandes pêches industrielles, se limitent à capturer le thon en méditerranée, se révoltent contre les quotas -fixés comme prévu il y a quelques mois - , qui ont pour conséquence directe de désormais leur interdire de poursuivre leur activité. Alors, la main sur le cœur, Nicolas Sarkozy, leur a assuré pas plus tard que lundi, que, fort de sa présidence de l’Union à compter du 1er juillet 2008, la Commission européenne allait voir, ce qu’elle allait voir. Et, dans l’attente, il en a chargé son ministre, Mr Barnier. Sur les photos, en Bretagne, Mr Barnier en avait l’air complètement tétanisé. Il connaît la musique ; il a été Commissaire européen, il sait par conséquent les effets limités d’une présidence de l’Union sur les politiques du pays qui l’exerce. Et le refrain qui consiste à dire une chose en France (on est contre) et une autre à Bruxelles (on négocie), il le connaît par chœur pour l’avoir maintes fois entonné. J’en conclus que Mr Sarkozy et Mr Barnier, nous font leur cinéma dont j’espère que les pêcheurs de Sète cornaqués par leur député, Mr D’Ettore relégué dans l'affaire au rôle de script, finiront par ne pas être dupe !
Au fait, que propose l’Europe ? Eh bien, de protéger la ressource halieutique en diminuant, par l’institution de quotas, le volume des captures. En contrepartie, des aides compenseraient la sortie de flotte de ceux qui décideraient d’abandonneraient le métier. Moyennant 150 000 euros par bateau « déchiré ».
Et là, ce n’est pas eux qui nous font leur cinéma. Mais bel et bien un film, -toujours en salle-, « La graine et le mulet » dont l’action se déroule, justement à Sète. Avec des acteurs, souvent simples figurants, mais néanmoins plus vrais que nature !
Je résume. Un ouvrier tunisien prenant de l'âge à l’aire de carénage est licencié : trop lent, pas rentable, et une ancienneté qui ne prend pas en compte ses années passées au chantier en n’étant pas déclaré. Il décide, avec ses maigres indemnités de créer un restaurant sur un bateau dévolu à la casse qu’il va restaurer pour l’amarrer sur les quais. Sa spécialité ? Le couscous au poisson, d’où, « La graine et le mulet ».
Et cela marche ! Le jour de l’inauguration, la bonne société, invitée, se presse autour des tables après avoir, tout de même, dénigré (et flingué) le projet!
Moralité : quand pendant ma campagne électorale à Sète, j’ai émis, soutenue par Alain Rollat, un vrai sétois, fondateur de la Gazette de Sète, que les bateaux voués à la destruction pouvaient être récupérés pour la relance d'activités nouvelles, quand j’ai dit qu’il valait mieux cela que de jeter 150 000 euros par dessus bord pour détruire des vies de travail, je ne vous dit pas, ils me sont tous (ou presque), tombés dessus !
Dommage qu’au pays d’Agnés Varda, les sétois, s’ils excellent dans la matière, n’aillent pas plus souvent au cinéma !
15:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Commentaires
bonjour,
sa me fait bien rire quand vous dites qu'il faut sauver les chalutiers pour les restaurer et en faire soit un restaurant soit des habitats pour clochard.
qui va payer la note pour les sans abris?
et puis ces bateaux ils faudra bien les entretenir et dieux c'est que je sais de quoi je parle je suis patron pêcheur sur un chalutier a séte et cela coute extrémement cher pour le mettre auc carénage, le nettoyer, le peindre, alors quand j'entend cela, permettai moi de vous le dire mais c'est irréalisable.
cordialement
Ecrit par : cedric | 26 janvier 2008
Merci de votre commentaire.
Sauf à vouloir vous offenser, vous apportez la preuve vivante de ce que je dis dans mon billet.
Et sauf votre respect, je ne crois pas que vous soyez patron-pêcheur. J'ai parlé en son temps de tout cela avec eux, et ce n'est pas leur avis. Et si vous connaissez bien Sète, il y a actuellement un précédent, allez voir. Allez voir aussi, si vous le pouvez, cette "Graine et le mulet", peut être que vous vous y reconnaitrez.
Ecrit par : geneviève tapié | 26 janvier 2008
bonjour,
merci d'avoir répondu.
c'est pas parce qu'on éli un président des pêcheurs comme vous le dites qu'on n'est d'accord avec lui.
même question a l'envers que je vous pose : on n'a élu notre président de la république, vous étes pas d'accord avec lui pourtant il est président. c'est pareil.
pour le reste je persiste et je signe, je suis bien patron pêcheur d'un chalutier en bois de 25 mètres, croyer moi.
pour revenir au sujet, regarder le "roalian" ( bateau sétois voué a être démoli) devez être mis a la casse et puis par multiples recours du propriètaire il a réussit a le donner a une association mais c'est bien beaux de faire des bureaux dans se bateau, mais qui va l'entretenir car dans 4 temps il fautra traité le bois pour éviter les infiltrations ect..., il va rouillé...
donc je comprend complétement votre démarche "d'humanitaire" mais arriver a un moment ce n'est pas possible de recycler des bateaux et en faire un lieux de vie a long terme.
cordialement
Ecrit par : cedric | 29 janvier 2008
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