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21 janvier 2008
Les soldes chez Hermès
La question de l’avortement, légalisé aux USA 3 ans avant la France, revient au centre de la campagne des primaires aux Etats-Unis, et pointe au passage du doigt que, 30 ans après sa légalisation, l’accès à l’IVG (interruption volontaire de grossesse) reste difficile dans notre pays. Selon des associations, dont le Planning familial, toujours à la pointe de ce combat, « ce qui est un droit … devient une course d’obstacles »; une enquête révèle 47% de refus de l’intervention en réponse au premier appel téléphonique des candidates. Pendant ce temps, les délais courent, si bien que chaque année 3000 à 5000 françaises sont contraintes de se rendre à l’étranger où l’avortement peut être fait sans limite de temps. Mais cela coûte de l’argent.
L’ouverture prochaine de la pratique de l’IVG médicamenteuse aux centres de planification est une bonne solution. Seulement, après l’offensive du Vatican au début des années 1980 – que Yvette Roudy, ministre des droits de la femme de l’époque dénonce dans plusieurs de ses ouvrages - , les réticences d’une partie du corps médical qui persistent, le manque de moyens hospitaliers (dans 94% des établissements, l’IVG est pratiquée en fonction des plages horaires libérées par les autres activités), aujourd’hui, c’est le Sénat qui en remet une couche : il s’est élevé contre cette IVG médicamenteuse qu’il considère être une « banalisation » de l’avortement.
J’entendais ces jours-ci Fadela Amara dire dans une émission littéraire animée par Franz Olivier-Giesbert, que pour elle, « la parité, c’était comme les soldes chez Hermès ». Je ne sais pas ce qu’en pensent « les filles des cités » au nom desquelles elle parle. Mais ce que je sais, c’est que si il y en avait davantage dans la Haute Assemblée, si les femmes, les hommes de progrès y avaient été plus nombreux, eh bien, cela ne se serait pas passé. Et si Mme Amara croit que la parité a été instituée pour que quelques femmes politiques puissent faire les soldes chez Hermès, non, je veux dire, faire carrière, eh bien, elle se trompe lourdement. Parce que « les filles des cités », elles, elles ne pourront pas aller à l’étranger pour se faire avorter
11:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Bonjour Geneviève,
En fait je n'ai pas suivis cette émission et donc pas entendu cette ânerie prononcée par Mme Fadela Amara.
Faut dire que çà vaut bien un encart dans le "Canard Enchainé" dans sa rubrique le "mur du çon".
C'est toujours la même histoire. Il faut savoir qu'avoir vaincu n'est rien, il faut se battre pour préserver les acquits. (Louis Aragon).
Merci de nous le rappeler dans façon aussi pertinente.
Dany Masson
Ecrit par : Dany Masson | 23 janvier 2008
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