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08 décembre 2007

Règlement de comptes

La presse cette semaine, fait ses choux gras du « règlement de compte » que Ségolène Royal ferait à François Hollande, dans le livre qu’elle vient de sortir aux Editions Grasset*.

            Franchement – j’ai lu Ségolène Royal avec plaisir ainsi que pas mal d’autres dont j’ai déjà parlé sur ce blog -, je n’avais vu sous sa plume aucune agression notoire contre le Premier secrétaire national qu’elle reconnaît comme étant « l’homme politique le plus intelligent de sa génération »,  et je crois qu’elle n’a pas tort.  Et si quelques critiques fusent, cela prouve pour le moins que du point de vue politique, Ségolène Royal était au temps du couple qu’elle formait avec François Hollande, indépendante de son compagnon. Je trouve cela particulièrement rassurant.

            Alors, pourquoi en faire tout un plat ? Parce qu’alimenter le fantasme du couple en politique, cela fait vendre du papier.  

            Les couples au sein desquels chacun fait de la politique, ce n’est pas nouveau. Tenez, prenez Mr Bourquin, le Président du Conseil général des Pyrénées-Orientales dont l’ex-épouse a succédé à la mairie de Millas et la compagne va aujourd’hui conduire la liste aux municipales de Perpignan face au maire UMP sortant.  

Prenez l’une de mes amies, Marguerite Bayou. Elle m’a toujours raconté comment « elle avait fait de la politique par amour », entendez que pour faire plaisir à son député de mari elle était devenue, au début des années 80,  maire de leur village, Saint-Chinian dans l’Hérault. Prenez à une encablure, Georgette Taillades - épouse d’Egard, ancien sénateur maire de Nîmes et Président du Conseil régional Languedoc-Roussillon -  maire et conseillère générale de Saint –Pons ; et  pour finir,  Jacqueline Alduy  - épouse et mère de Paul et Jean-Paul…  maires de Perpignan - présidant aux destinées d’Amélie les Bains dans le même département.  

            Vous aviez entendu parler de leur vie de couple dans les journaux ?

            Oui mais voilà me direz-vous, Ségolène et François, ce n’est pas au même niveau. Certes, mais quand François exprime des réserves sur la candidature de Ségolène Royal à l’emporter, il s’exprime non pas en mari mais en patron du parti. Parce qu’il a mesuré les capacités de résistance de ses troupes ? Ou son impossibilité à endiguer leur débandade ?

            Alors, si vous lisez Ségolène Royal, elle vous racontera. Comment pendant qu’elle s’escrimait à faire campagne, on sapait systématiquement derrière les effets de son travail. C’est un simple exemple. Mais si je choisi celui-là, c’est que je sais de quoi je parle.

            Pendant ma campagne législative à Sète, certes au PS, il n’y avait pas « d’éléphants », quelques petits marquis tout au plus.

            Je me suis tue pendant 6 mois. Mais aujourd’hui, Ségolène Royal légitime ma colère. Pour ces petits marquis, prêts à tout, pour conserver leurs baronnies. Et sacrifier au nom de la conquête d’un mandat, ce pouvoir d’Etat qui change la face du monde. Les plus de 65 ans désormais taxés de l’impôt TV dont ils étaient exonérés seront en droit de leur dire ce qu’ils en pensent.

 

* « Ma plus belle histoire, C’EST VOUS » - Ségolène Royal – Grasset – Novembre 2007

           

10:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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