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29 novembre 2007

La Dauphine

Les  avocats de Montpellier ont mis fin hier à deux siècles de Loi salique en choisissant pour la première fois depuis l’établissement de l’Ordre en 1810, une Dauphine, Laetitia Janbon. Désignée un an avant son entrée officielle en fonction au terme de l’actuel mandant de Pierre Châtel, Laetitia marque une première : l’élection d’une femme à la tête d’un grand Barreaux de 757 avocats.

            Ses premiers mots, en marquant son émotion d’être la première Bâtonnier désignée, ont été pour les femmes.

            La preuve que les combats pour la parité en débordant le champ politique fait tâche d’huile. Parce qu’il donne assurément aux femmes la légitimité et « le courage d’entreprendre et de persévérer ». Et Laetitia Janbon, a montré en ouvrant la voie, qu’elle n’en manquait pas.

09:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

27 novembre 2007

Ce petit baiser sur la joue

Le Monde d’aujourd’hui raconte comment il y a 50 ans en Espagne, un jeune couple en voyage de noces à Grenade a passé une nuit  dans un commissariat pour avoir échangé en public un  petit baiser sur la joue. Le tout assorti d’une forte amende « por comieter actes immorales en la via publica ». On apprend aussi sur la même page l’explosion du nombre de divorces enregistrés en 2006, soit 74,3%  de plus qu’en 2005 après qu’une « modernisation de la loi » ait supprimé la contrainte de séparation préalable du couple avant l’engagement d’une procédure forcement accusatoire.

En France se tenait hier une grande conférence nationale sur l’égalité dont le but louable  était d’éradiquer les disparités de salaire qui persistent entre les femmes et les hommes. Si j’ai bien compris en 2009, des sanctions tomberont dans les entreprises pour ceux qui enfreindront ce principe. Il n’y a rien à dire, tant ce projet suinte de bonnes intentions.

Le problème, c’est que depuis 1983, trois lois sur l’égalité professionnelle ont été votées mais n’ont jamais été suivie d’effet.

En Espagne, quand le chef de l’Etat décide d’un Gouvernement paritaire, il est composé de 8 hommes et 8 femmes. Et pour faire bon poids, c’est aussi une femme qui en est vice-présidente.

Quand on veut la parité en politique, le PSOE, le parti de Mr Zapatero, s’attaque d’abord à l’imposer dans ses rangs (47% de femmes socialiste au Congrès des députés des Cortes espagnols) avant de légiférer un fois au pouvoir pour généraliser cette pratique par une législation qui vise toutes les sphères de décision de la société. Au moyen notamment d’un certain nombre de mesures adéquates pour lever les obstacles à l’égalité des rémunérations entre les deux sexes.

Alors, la Conférence nationale promise par Mr Sarkozy pendant sa campagne aura bien eu lieu. Sans coup férir,  elle va accoucher d’un catalogue de bonnes intentions pour les années à venir. Comme pour la parité dans son Gouvernement,  réduite à peau de chagrin après la nomination des secrétaire d’Etat … où l’institution de suppléantes dans les Conseils généraux dont le rôle se limitera à attendre sur le banc de touche que leur titulaire passe de vie à trépas pour siéger à l’Assemblée départementale.

En France, quand le chef de l’Etat donne un petit baiser à son épouse, c’est sous le feu des caméras. Quand il divorce son dossier est placé sur le dessus de la pile. Mais à y regarder de plus près, partout où il y a du pouvoir et de l’influence, partout où se prennent les décisions qui changent la vie des femmes … on ne voit que des hommes sur la photo. A croire qu’une amende serait nécessaire, parce que jeter de la poudre aux yeux du peuple ne constitue-t-il pas un chef susceptible « de comieter actes immorales en la vida publica » ?

  

 

04:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

20 novembre 2007

12 femmes

Depuis  que Fadela Amara a rejoint Nicolas Sarkozy, « Ni Pute, Ni Soumise » fait recette à l’UMP. Jacques Domergue, le challenger de Hélène Mandroux à Montpellier pour les élections municipales n’y échappe pas. 12 militantes de l’UMP – dont une déçue de Georges Frêche parce que non reconduite sur sa liste en 2001 – n’ont pas hésité à s’encanailler sous la bannière de « Ni Conne, Ni soumise », pour faire oublier que leur parti dans l’Hérault  a été incapable de présenter une d’entre elles aux élections législatives de juin dernier.

            Ceci étant dit, j'aurais trouvé dans ce « Ni Connes, Ni soumises » juste un peu de facilité, si Midi-Libre (20 novembre 2007), dans son service après vente ne m’avait délivré son explication de texte : « ni conne, ni soumise, en référence sans doute à des propos qu’auraient tenus en son temps Georges Frêche à l’encontre de Hélène Mandroux ».

            Je vous dirais qu’on ne prête qu’aux riches. Et d’ailleurs, l’excellent Alain Rollat, démarre ses « Conversations avec Georges Frêche » parues la semaine dernière au Seuil (« Il faut saborder le PS »), par un tonitruant « Ce Frêche, quel con ! » entendu dit-il « dans la bouche d’un jeune homme croisé, par hasard, en février 2007, sur un trottoir ». A Sète, certainement puisqu’il y vit

            A Sète où j’attends encore que l’UMP sanctionne l’insulte de ses militants -faite en plein café- à Mme Royal au cours du débat présidentiel : « Son père ne lui a pas donné assez de coups de cravache ; elle n’est pas au niveau, lundi, elle ira faire des ménages ». (Mon blog 5 mai et 9 mai 2007).    Alors, ni conne à l’UMP, certainement.  Mais pour le ni soumise, il faudra repasser!           

             

           

17:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

18 novembre 2007

Impatience

C’est comme cela. J’attendais donc ce « Il faut saborder le PS »* préparé  par Alain Rollat** à partir de 24 heures de conversations avec Georges Frêche, le président de la Région. C’est comme un roman, tant c’est bien écrit ; Alain Rollat n’y trahi ni ses talents d’écriture, ni ceux d’un analyste politique formé, - si j’ose dire et il me le pardonnera – aux « années Mitterrand ». J’ai compris, la première fois où j’ai vu cet homme, que ces années là avaient forgé entre nous un lien d’appartenance identitaire, une façon de voir les choses, Georges Frêche inclus.

            Car l’exercice  de Rollat était difficile, tant l’homme public est complexe et peu aisé à cerner. Mais l’ancien rédacteur au service politique du Monde en avait vu d’autre. Si bien qu’il a, souvent par quelques précautions oratoires, évité deux écueils : celui de voir son « client » se fermer comme un huître et  celui de tomber dans la flagornerie.

            Georges Frêche dit que nous nous connaissons depuis 37 ans. C’est vrai. Il ajoute que pendant ces années nous avons été « à 85% d’accord et que le reste du temps, 15%, nous nous sommes tirés la bourre ». C’est encore vrai. Et si j’enlève les 5% de désaccords fabriqués par des entourages pour qui les femmes en politique demeurent un problème d’autant plus pesant qu’elles ont un cerveau, je dirais que les 10% restant trouvent leurs racines dans  ces « années Mitterrand » où il a choisi Rocard et moi … Mitterrand. Et comme le personnage est sensible, il en a été blessé ; il n’aime pas non plus qu’on lui dise non.

            Alors, faut-il « Saborder le PS » ? Si c’est pour en faire un parti autre qu’un syndicat d’élus pour qui l’élection locale prime sur le pouvoir d’Etat, alors oui ! La question est de savoir comment  tant les intérêts sont ténus.

            Eh bien je crois qu’il faut d’abord parler de politique. Convaincre les élus, à la mairie, au conseil général, au syndicat où à l’agglomération, qu’il ne suffit pas de gérer, mais de faire des choix, de les exprimer, bref,  quand on est élu, de  faire de la politique. La preuve ? Quand on fait de la politique, à Montpellier par exemple, Ségolène Royal est largement en tête à la présidentielle, et quand on se contente de bien gérer aux alentours, c’est le contraire !

            J’ai écouté Georges Frêche hier soir chez Ruquier.

            Quand il s’enflamme au nom de la laïcité, au nom des valeurs de gauche contre le port du foulard islamique, il n’administre ni la Région, ni Montpellier, ni son Agglomération,  mais il exprime ses choix et ses convictions. Le port du foulard est un moyen d’asservissement et de mise à genoux des femmes et rien, aucune philosophie, aucune religion ne peut justifier la mise en coupe réglée d’une moitié de l’humanité par l’autre.

            Et ce qui fait que j’ai raison, ce qui fait que Georges Frêche a raison, c’est justement cette façon insidieuse  qu’ont les islamistes à vouloir toujours se justifier : au journal télévisé d’hier soir, un reportage nous expliquait, témoignages à l’appui,  qu’en Egypte aujourd’hui le port du foulard était « tendance » ! Une coquetterie, quoi !

            La politique n’est pas là pour faire « tendance ». Pas là pour dénoncer simplement dans les Congrès,  la mondialisation, mais mettre le doigt sur ses dérives. C’est le rôle de tous les socialistes. Georges Frêche en fait partie !  

* « Il faut saborder le PS » - Georges Frêche – Conversations avec Alain Rollat – Seuil – novembre 2007

** Alain Rollat, rédacteur à Midi-Libre, puis au Monde (rédacteur en chef), il a dirigé le quotidien Centre Presse et crée en 2006, La Gazette de Sète.

           

           

           

11:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

12 novembre 2007

Blue Pognon

C’est le programme – ou presque -  auquel Peugeot s’engage « dès maintenant et pour les générations futures, à réduire les émissions polluantes et de gaz à effet de serre en lançant le Progamme Blue Lion », nous explique ce matin la marque dans de pleine pages de publicités.

            Et ce faisant, elle souligne en grosses lettres sa solution : puisque 20% des voitures les plus anciennes sont responsables de 60% des émissions polluantes, il faut les changer ! Et donc en acheter des neuves chez Peugot.

            Avec quel argent ? A quelques exceptions près, ce sont les moins riches qui possèdent les automobiles les plus anciennes. Je connais des gens qui de toute leur vie n’ont jamais pu ne s’offrir que des occasions.

            Alors, la publicité de Peugeot qui implicitement les stigmatise me paraît indécente. Plus encore que « le  cadeau » (1000 euros si vous envoyez votre vieille voiture à la casse),  de Mr Borloo  pour changer sa vieille voiture, dont le montant agité sous le nez des plus modestes comme un miroir aux alouettes ne suffira de toutes façons pas. Ils pourront toujours, comme l’a dit Christine Lagarde, la ministre de l’économie, s’acheter des vélos! Puisque Peugot en fabrique encore !

11:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4)