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27 novembre 2007

Ce petit baiser sur la joue

Le Monde d’aujourd’hui raconte comment il y a 50 ans en Espagne, un jeune couple en voyage de noces à Grenade a passé une nuit  dans un commissariat pour avoir échangé en public un  petit baiser sur la joue. Le tout assorti d’une forte amende « por comieter actes immorales en la via publica ». On apprend aussi sur la même page l’explosion du nombre de divorces enregistrés en 2006, soit 74,3%  de plus qu’en 2005 après qu’une « modernisation de la loi » ait supprimé la contrainte de séparation préalable du couple avant l’engagement d’une procédure forcement accusatoire.

En France se tenait hier une grande conférence nationale sur l’égalité dont le but louable  était d’éradiquer les disparités de salaire qui persistent entre les femmes et les hommes. Si j’ai bien compris en 2009, des sanctions tomberont dans les entreprises pour ceux qui enfreindront ce principe. Il n’y a rien à dire, tant ce projet suinte de bonnes intentions.

Le problème, c’est que depuis 1983, trois lois sur l’égalité professionnelle ont été votées mais n’ont jamais été suivie d’effet.

En Espagne, quand le chef de l’Etat décide d’un Gouvernement paritaire, il est composé de 8 hommes et 8 femmes. Et pour faire bon poids, c’est aussi une femme qui en est vice-présidente.

Quand on veut la parité en politique, le PSOE, le parti de Mr Zapatero, s’attaque d’abord à l’imposer dans ses rangs (47% de femmes socialiste au Congrès des députés des Cortes espagnols) avant de légiférer un fois au pouvoir pour généraliser cette pratique par une législation qui vise toutes les sphères de décision de la société. Au moyen notamment d’un certain nombre de mesures adéquates pour lever les obstacles à l’égalité des rémunérations entre les deux sexes.

Alors, la Conférence nationale promise par Mr Sarkozy pendant sa campagne aura bien eu lieu. Sans coup férir,  elle va accoucher d’un catalogue de bonnes intentions pour les années à venir. Comme pour la parité dans son Gouvernement,  réduite à peau de chagrin après la nomination des secrétaire d’Etat … où l’institution de suppléantes dans les Conseils généraux dont le rôle se limitera à attendre sur le banc de touche que leur titulaire passe de vie à trépas pour siéger à l’Assemblée départementale.

En France, quand le chef de l’Etat donne un petit baiser à son épouse, c’est sous le feu des caméras. Quand il divorce son dossier est placé sur le dessus de la pile. Mais à y regarder de plus près, partout où il y a du pouvoir et de l’influence, partout où se prennent les décisions qui changent la vie des femmes … on ne voit que des hommes sur la photo. A croire qu’une amende serait nécessaire, parce que jeter de la poudre aux yeux du peuple ne constitue-t-il pas un chef susceptible « de comieter actes immorales en la vida publica » ?

  

 

04:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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