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18 novembre 2007
Impatience
C’est comme cela. J’attendais donc ce « Il faut saborder le PS »* préparé par Alain Rollat** à partir de 24 heures de conversations avec Georges Frêche, le président de la Région. C’est comme un roman, tant c’est bien écrit ; Alain Rollat n’y trahi ni ses talents d’écriture, ni ceux d’un analyste politique formé, - si j’ose dire et il me le pardonnera – aux « années Mitterrand ». J’ai compris, la première fois où j’ai vu cet homme, que ces années là avaient forgé entre nous un lien d’appartenance identitaire, une façon de voir les choses, Georges Frêche inclus.
Car l’exercice de Rollat était difficile, tant l’homme public est complexe et peu aisé à cerner. Mais l’ancien rédacteur au service politique du Monde en avait vu d’autre. Si bien qu’il a, souvent par quelques précautions oratoires, évité deux écueils : celui de voir son « client » se fermer comme un huître et celui de tomber dans la flagornerie.
Georges Frêche dit que nous nous connaissons depuis 37 ans. C’est vrai. Il ajoute que pendant ces années nous avons été « à 85% d’accord et que le reste du temps, 15%, nous nous sommes tirés la bourre ». C’est encore vrai. Et si j’enlève les 5% de désaccords fabriqués par des entourages pour qui les femmes en politique demeurent un problème d’autant plus pesant qu’elles ont un cerveau, je dirais que les 10% restant trouvent leurs racines dans ces « années Mitterrand » où il a choisi Rocard et moi … Mitterrand. Et comme le personnage est sensible, il en a été blessé ; il n’aime pas non plus qu’on lui dise non.
Alors, faut-il « Saborder le PS » ? Si c’est pour en faire un parti autre qu’un syndicat d’élus pour qui l’élection locale prime sur le pouvoir d’Etat, alors oui ! La question est de savoir comment tant les intérêts sont ténus.
Eh bien je crois qu’il faut d’abord parler de politique. Convaincre les élus, à la mairie, au conseil général, au syndicat où à l’agglomération, qu’il ne suffit pas de gérer, mais de faire des choix, de les exprimer, bref, quand on est élu, de faire de la politique. La preuve ? Quand on fait de la politique, à Montpellier par exemple, Ségolène Royal est largement en tête à la présidentielle, et quand on se contente de bien gérer aux alentours, c’est le contraire !
J’ai écouté Georges Frêche hier soir chez Ruquier.
Quand il s’enflamme au nom de la laïcité, au nom des valeurs de gauche contre le port du foulard islamique, il n’administre ni la Région, ni Montpellier, ni son Agglomération, mais il exprime ses choix et ses convictions. Le port du foulard est un moyen d’asservissement et de mise à genoux des femmes et rien, aucune philosophie, aucune religion ne peut justifier la mise en coupe réglée d’une moitié de l’humanité par l’autre.
Et ce qui fait que j’ai raison, ce qui fait que Georges Frêche a raison, c’est justement cette façon insidieuse qu’ont les islamistes à vouloir toujours se justifier : au journal télévisé d’hier soir, un reportage nous expliquait, témoignages à l’appui, qu’en Egypte aujourd’hui le port du foulard était « tendance » ! Une coquetterie, quoi !
La politique n’est pas là pour faire « tendance ». Pas là pour dénoncer simplement dans les Congrès, la mondialisation, mais mettre le doigt sur ses dérives. C’est le rôle de tous les socialistes. Georges Frêche en fait partie !
* « Il faut saborder le PS » - Georges Frêche – Conversations avec Alain Rollat – Seuil – novembre 2007
** Alain Rollat, rédacteur à Midi-Libre, puis au Monde (rédacteur en chef), il a dirigé le quotidien Centre Presse et crée en 2006, La Gazette de Sète.
11:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Je n'ai pas lu le livre. N'est-ce pas une redite de "Les éléphants se trompent énormément"?
J'étais d'accord avec ce que Frêche disait dans le livre précédent. Il fallait changer les gens du PS à Paris qui n'ont pas grand chose de socialiste. Ca n'a pas été fait. Au contraire, Frêche a appelé à voter Royal.
Et ça continue. Voir ce qui se passe à Etaples......
Ecrit par : Marie | 20 novembre 2007
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