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04 novembre 2007

Le prix du divorce

Divorcer coûte cher. Je ne parle pas des coûts moraux ou psychologiques, pas plus que des frais de justice et d’avocat, mais des dépenses entraînées par la réinstallation des époux et des pensions alimentaires.
Dans la plupart des cas, ce sont les pères qui supportent celles versées au bénéfice des enfants, et en règle générale ce sont les hommes qui pourvoient à la survie économique de leur ex épouse lorsque celles-ci n’avaient d’autres ressources du temps du mariage ; parce qu’elles se consacraient par exemple à l’entretien de leur foyer ou avaient fait le choix de ne pas avoir d’activité professionnelle. Alors, des milliers de gens en France connaissent cruellement le prix d’un divorce, je ne vais pas plus épiloguer sur cela.
Mais ce qu’ils n’ont pas compris, c’est que la solution est d’aller voir leur employeur en leur demandant d’augmenter leur salaire. Je ne dispose pas, à mon grand regret de statistiques fiables à cet égard, mais ce que je sais, c’est que cela marche ; et plutôt bien.
Je vous donne la marche à suivre : tu te fais élire Président de la République, tu te fais aider par ta femme, et quand tu es élu, tu divorces. Et comme tu n’as pas déclaré le boulot qu’elle a fait pour toi pendant 20 ans, tu lui payes une pension alimentaire et peut-être aussi, si elle a un bon avocat, une prestation compensatoire.
Le hic, c’est que tu ne gagnes que 8000 euros, alors c’est un peu juste. Alors, tu envoies ta secrétaire voir le Parlement et tu lui demande 140% d’augmentation de ton salaire, non, je veux dire de tes émoluments.
Car si tu deviens Président de la République, ce n’est pas un métier, c’est une fonction et donc il est indécent de parler de salaire. Et ma remarque vaut pour tous les élus. S’il est normal qu’ils perçoivent des indemnités pour compenser leur perte de salaire –l’exercice d’un métier est à quelques exceptions près incompatible avec le mandat de député ou de sénateur- , ou leurs frais – quand on est maire d’une petite commune, il faut être bien habillé, -« pouvoir s’acheter un costume » dit le Premier secrétaire du PS de l’Hérault, Robert Navarro-, payer l’apéritif ou recevoir à sa table ; perdre aussi des journées de travail -, je refuse formellement de parler de salaire des élus car la politique n’est pas un métier. C’est ma conviction, forte, profonde et je la défendrai jusqu’au bout !
Jacques Attali, l’ancien conseiller de François Mitterrand, s’il passe par un autre chemin va dans mon sens.
Il va proposer au Président de la République « la suppression du département et celle de la commune ; les conseils régionaux hériteraient de l’essentiel des compétences des conseils généraux ». Quand au 36 000 communes, il envisage de les regrouper en 6 à 7000 « super-communes » dont les nouveaux maires seraient élus au suffrage universel direct et le restant des anciens deviendraient l’équivalent des maires d’arrondissement de Paris, Lyon et Marseille.
C’est une véritable révolution !
Il ne manque qu’une chose. C’est que dans toutes les Assemblées élues le pouvoir exécutif (le maire par exemple) soit séparé du pouvoir délibératif (le conseil municipal). Car le fondement de la véritable démocratie réside dans l’installation d’un vrai contre pouvoir qui limite le risque de faire payer au peuple le prix … du divorce.

12:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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