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25 octobre 2007

Réforme des Institutions

Ainsi, la réforme des Institutions préparée par la Commission Balladur dont je vous ai déjà parlée, est reportée après les élections municipales, voire aux calendes grecques. Pourtant, le Président de la République s’y était engagé en prévoyant d’adopter les nécessaires modifications constitutionnelles par le Parlement réuni en Congrès en janvier 2008. Alors, on nous amuse ; les hiérarques de l’UMP a l’Assemblée nationale nous expliquant, la bouche en cœur, qu’on ne peut inscrire deux points à la fois – la ratification du Traité européen simplifiée et la réforme des Institutions- à l’ordre du jour du même Congrès. Et, là, franchement, on nous prend pour des poires ; un exemple : en juin 2000, le Congrès réuni à Versailles avait procédé à deux modifications constitutionnelle relatives à la parité et au tribunal pénal international.

            Non, la vérité est ailleurs, politicienne, tacticienne, pour servir non pas les intérêts généraux du pays, mais ceux de parlementaires qui tremblent de peur à l’idée de ne pas assurer leur réélection.

            Car, sur quoi la réforme des Institutions achoppe-t-elle ? Sur deux point essentiels :

-         d’abord sur cette fameuse « dose de proportionnelle » à introduire dans le mode d’élection des députés

-         ensuite, sur la non moins fameuse question « du non cumul des mandats ».

Si l’on élit 30 députés à la proportionnelle, cela signifie qu’il faut supprimer en France 30 circonscriptions et si l’on propose le mandat parlementaire unique, cela implique que bon nombre de députés-maires se verront privés, soit de leur siège de parlementaire, soit de leur fonction de premier magistrat de leur bonne ville.

Alors, cela renâcle à l’UMP, et à franchement parler, je ne crois pas que le Groupe socialiste de l’Assemblée soit transporté d’enthousiasme à cette idée.

Mais ce qui me choque le plus, c’est que des représentants fassent passer en premier leur carrière avant l’intérêt général de leur pays.

            L’exemple du député –maire d’Alès qui bloque la refonte de la carte judiciaire est éclairant. En s’opposant es qualité – il est rapporteur sur l’aménagement du territoire à l’Assemblé- à la suppression  de son  Tribunal,  il envisage de déshabiller la Cour de Nîmes pour étoffer le Palais de justice d’Alès qui semble cruellement manquer de grain à moudre. Le même exemple peut être décliné à Millau (4 magistrats).

L’élection des députés au scrutin majoritaire de circonscription force le trait. Car pour être élu, ou être réélu, rien ne sert à parler politique, simplement à convaincre ses électeurs que l’on est indispensable : pour trouver un emploi au petit, une place en maison de retraite à la belle mère, pour passer outre des interdictions environnementales… Car si le député-maire d’Alés, pour ne parler que de lui, avait été élu à la proportionnelle, il en aurait été autrement.

Dernière chose.

Il y a 577 députés à l’Assemblée nationale. Si 30 d’entre eux sont élus sur un scrutin de liste proportionnel cela fait à peine plus de 5%, et pas plus d’ un député par région. Et là, je dis qu’ l’on se fiche carrément de notre g…. !

           

11:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

22 octobre 2007

Actualités

Quelle est l’actualité de ce jour ? Je retiens deux choses.

 - D’abord Guy Môquet ce jeune militant communiste de 17 ans désigné aux allemands par un français Pierre Pucheu, ministre de l’Intérieur de Vichy pour être fusillé avec 26 autres otages du régime nazi. Le Président de la République a demandé que sa lettre d’adieu soit lue aujourd’hui, date d’anniversaire de son exécution, dans toutes les écoles.

Personnellement, cela ne me gêne pas.

La République a besoin de mémoire et cette mémoire pour vivre peut s’incarner dans des héros.

 Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, peu de gens connaissaient Jean Moulin. C’est à la fin des années 50, qu’un parlementaire du biterrois, Raoul Bayou,  a progressivement, par son action politique, fait surgir des mémoires ce Préfet, devenu héros de la Résistance. Qui pourrait y trouver à redire aujourd’hui ? Qui donc pourrait trouver à redire aujourd’hui à Nicolas Sarkozy de faire ressortir, par un même travail de mémoire, la part de Résistance du Parti communiste français dont le personnage de Guy Môquet ne serait que l’incarnation héroïque ?

Personne. Oui mais voilà, l’affaire prend un autre tour, et sans rien enlever à la lettre de Guy Môquet, poignante, très émouvante, le risque est que ce message se transforme en  simple enjeu de communication, en simple enjeu politicien, bref, devienne le sésame qui permette à la « sale politique » d’entrer par effraction dans les salles de classe. Alors, les professeurs renâclent ? Je les comprends !

Car on ne peut, comme c’est le mot d’ordre à l’UMP, chauffer de jeunes militants en leur demandant de s’affranchir de la « repentance » et brandir la mémoire Guy Môquet  en même temps que sa carte (plastifiée) d’adhérent. L’un d’entre eux m’a fait le coup la semaine dernière. En se prévalant à 26 ans de ses 10 années de membre il ne savait pas, le pauvre,  que l’UMP avait moins de 5 ans !

Ce n’est pas comme cela que je vois la politique. Faire de la politique ne consiste pas à faire des « coups de presse », mais à servir son pays et ses concitoyens. Et si j’étais professeur d’école, ce matin, j’aurai certes parlé à mes élèves de Guy Môquet, associant à sa mémoire celle des fusillés du Champ de Mars de Béziers et le souvenir de André Dez, un nissannais tombé avec eux et dont l’épouse est morte de chagrin. C’est en tous cas dés mon plus jeune âge ce que l’on m’a enseigné, ce que je crois avoir toujours su.

-         Mais il semble que  la politique des « coups de presse » ne soit pas une exclusivité

Et là franchement, je le regrette.

            En se mettant en scène à Rome – référence au traité constitutif de l’Europe au lendemain de la relance de Lisbonne ? Emergence d’un nouveau leader en Italie et d’un nouveau parti ? - Ségolène Royal que j’ai soutenue sans relâche et sans états d’âmes à la Présidentielle, nous livre ce matin sa manière de voir l’avenir du PS  en même temps que sa volonté de le conquérir au prochain Congrès… en faisant voter « des gens qui n’en sont pas adhérents ». Certainement aussi, si j’ai bien compris en abandonnant le nom de « Parti socialiste » parce qu’il faut bien, comme le lui a dit Walter Veltroni « ranger dans les placards certaines choses du passé ».

            Et peut-être faire parler de soi à n’importe quel prix ?

           

           

12:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

19 octobre 2007

Sissi

Daniel Schneidermann compare ce matin dans Libération, Cécilia Sarkozy à Diana, Princesse de Galles.

            Non, Cecilia, ce n’est pas Diana, c’est Sissi !

            Parce que Nicolas Sarkozy a instrumentalité hier leur séparation  pour détourner l’attention des français un jour de revendication syndicale, comme l’Autriche l’a fait  en portant à l’écran un personnage mièvre de son Impératrice pour revaloriser aux yeux de l’Europe dans les années 50,  l’image désastreuse que le pays avait donné en collaborant avec Hitler. Personne n’a oublié cette série des « Sissi » que le petit écran nous ressert régulièrement à chaque Noël et que, pourquoi s’en cacher, je redécouvre toujours avec plaisir.

            L’autre différence, c’est que justement, Elisabeth II d’Autriche n’avait rien à voir dans la réalité avec ce personnage sucré. Ses principaux biographes laissent entrevoir au contraire une femme moderne –pensez, elle faisait de la gymnastique -,  volontaire, avec des idées politiques – l’idée qu’elle ait pu avoir des contacts avec les milieux socialistes de Vienne a été avancée-, voire un certain goût du pouvoir et l’ambition de vouloir changer le cours des  choses.

            Le problème c’est que ce n’est pas ce que la Cour de Vienne lui demandait.

Alors, prise de détestation pour l’Elysée –je veux dire, excusez-moi la Hofburg -,  elle a fait de sa vie une perpétuelle fuite en avant : voyages, yacht royal –prêté par la Reine d’Angleterre Victoria- , palaces –notamment le somptueux Hôtel Beau Rivage à Genève sur les bords du Lac Léman-, palais et villas personnels  à Corfou,  dans la forêt viennoise,  à Godellö près de Budapest…, toilettes, bijoux  - qui ne connaît pas les merveilleuses petites étoiles en diamants dans ses cheveux si célèbres- … et  toujours loin de son « petit homme », bref,  c’est ainsi qu' elle appelait son Empereur de mari François Joseph,  toujours résolu jusqu'à sa mort à essayer de vouloir lui plaire.

            J’exagère, me dirais-vous ? Si peu.  

15:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3)

17 octobre 2007

L’article rouge

Bertrand Cantat, sous les coups desquels à péri à l’été 2003 à Vilnius (Lituanie) l’actrice Marie Trintignant, vient d’être autorisé à quitter le Centre de détention où depuis 2004 il purgeait  dans notre pays, une peine de 8 ans d’emprisonnement pour ce crime perpétré à main nue.

            J’ai choisi de ne pas m’exprimer à ce sujet tant que le juge d’application des peines n’avait pas rendu sa décision ; je ne suis pas de celles qui pensent que la privation de liberté d’un individu puisse racheter aux yeux de la société un assassinat. Car en France, la prison n’a qu’un rôle aujourd’hui,  la répression.

            Cependant, à y regarder de plus près, la libération à mi-peine et  sans condition de Cantat me gène ; quelque part à cette remise en liberté anticipée, pourrait s’ajouter la légèreté de la peine infligée par la justice Lituanienne, pour légitimer en quelque sorte que ma foi, les violences mortelles portées sur une femme si elles ne sont pas autorisées par la loi, ont en quelque sorte quelque chose de confusément ...tolérable. 

            Ce n’est pas nouveau. Souvenons nous qu’en France, en 1804, le Code civil de Napoléon 1er, a inscrit l’inégalité des sexes dans la loi,   -le mari devient « le juge souverain et absolu de l’honneur de la famille » -. Par voie de conséquence, 5 ans plus tard, le Code pénal (1809) consacre le fameux « article rouge » (324 du Code pénal) qui rend excusable le mari meurtrier de son épouse prise en flagrant délit d’adultère au motif que celui-ci est « plus malheureux que coupable ».

            La question n’est pas de savoir si oui ou non Bertrand Cantat est malheureux.

            Elle celle simplement d’évaluer si nous sommes ou non dans un Etat de droit et de se demander quel traitement aurait été accordé à un simple citoyen dans des circonstances similaires.

            Dans une veine identique, je suis profondément interpellée ce soir par l’annonce  -sur le site du Nouvel Observateur- du prononcé du divorce du Président de la République et de son épouse Cécilia. Non pas sur le fond, parce que cela ne me regarde pas. Mais sur la forme, par ce jugement express qui a dû, -si c’est vrai- pour exister aussi rapidement être conclu dans l’urgence en une matinée ou une après midi.

            Et ne  puis m’empêcher de penser à tous ces couples qui harcèlent leurs avocats. Pour obtenir ce jugement de divorce auquel ils ont droit mais qui ne viendra que lorsque le juge, surchargé de dossiers pourra enfin s’en occuper.

            Alors, faut-il continuer à patienter ou se demander si nous vivons réellement dans un l’Etat de droit ?

14 octobre 2007

Ma candidate

J’étais réservée sur Patrick Mennucci. Un jour, j’étais à une réunion nationale du PS à la Mutualité à Paris. Je m’approche du bar pour prendre un café et m’aperçois que je n’ai pas un sou pour le payer. Et quand je m’en explique au barman, à côté de moi, surgit une voix rocailleuse au fort accent marseillais : « Si tu votes –à l’investiture de la présidentielle- pour Ségolène, je te paye ton café ». C’était Mennucci.

            Mais l’ouvrage qu’il vient de publier chez Albin Michel, « Ma candidate »*,  remarquablement bien écrit, donne de l’homme un éclairage différent. Et s’il allume des contre-feux à une vision autre de « (sa) candidate » que celle proposée par les différents auteurs du PS et dont je vous ai déjà parlé, il conclut sur de vrais perspectives.

            Sans le savoir, le soir de la défaite, j’ai partagé avec lui le sentiment de devoir désormais mener une campagne législative à l’issue de laquelle je serai, comme lui battue. En revanche je n’ai ni compris ni aimé les charges qu’il envoie à longueur de page  à François Hollande. D’autant plus que c’est quasiment le seul visé.

            Enfin, je ne puis résister à vous raconter l’anecdote des « Talons aiguilles » que Ségolène Royal aurait chaussés pour se rendre dans un bidonville au Chili. Je m’étais vivement exprimée à ce sujet en janvier 2006 dans un billet sur ce blog.

            Eh bien, de talons aiguilles,  il n’en est rien. Simplement, narre Patrick Menucci, « au Chili, on désigne par « tacon aguja » tout ce qui dépasse trois centimètres : les femmes ont des chaussures plates, les plus souvent des baskets. Ségolène Royal ne porte pas de talons aiguilles, et elle (avait) été ulcérée que Philippe Martinat l’écrive dans Le Parisien ».

            Suivi par toute la presse française. Comme quoi, Ségolène Royal n’est pas celle que l’on croit !

* Ma candidate – Patrick Mennucci- Albin Milchel – octobre 2007

10:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)