« Sissi | Page d'accueil | Réforme des Institutions »
22 octobre 2007
Actualités
Quelle est l’actualité de ce jour ? Je retiens deux choses.
- D’abord Guy Môquet ce jeune militant communiste de 17 ans désigné aux allemands par un français Pierre Pucheu, ministre de l’Intérieur de Vichy pour être fusillé avec 26 autres otages du régime nazi. Le Président de la République a demandé que sa lettre d’adieu soit lue aujourd’hui, date d’anniversaire de son exécution, dans toutes les écoles.
Personnellement, cela ne me gêne pas.
La République a besoin de mémoire et cette mémoire pour vivre peut s’incarner dans des héros.
Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, peu de gens connaissaient Jean Moulin. C’est à la fin des années 50, qu’un parlementaire du biterrois, Raoul Bayou, a progressivement, par son action politique, fait surgir des mémoires ce Préfet, devenu héros de la Résistance. Qui pourrait y trouver à redire aujourd’hui ? Qui donc pourrait trouver à redire aujourd’hui à Nicolas Sarkozy de faire ressortir, par un même travail de mémoire, la part de Résistance du Parti communiste français dont le personnage de Guy Môquet ne serait que l’incarnation héroïque ?
Personne. Oui mais voilà, l’affaire prend un autre tour, et sans rien enlever à la lettre de Guy Môquet, poignante, très émouvante, le risque est que ce message se transforme en simple enjeu de communication, en simple enjeu politicien, bref, devienne le sésame qui permette à la « sale politique » d’entrer par effraction dans les salles de classe. Alors, les professeurs renâclent ? Je les comprends !
Car on ne peut, comme c’est le mot d’ordre à l’UMP, chauffer de jeunes militants en leur demandant de s’affranchir de la « repentance » et brandir la mémoire Guy Môquet en même temps que sa carte (plastifiée) d’adhérent. L’un d’entre eux m’a fait le coup la semaine dernière. En se prévalant à 26 ans de ses 10 années de membre il ne savait pas, le pauvre, que l’UMP avait moins de 5 ans !
Ce n’est pas comme cela que je vois la politique. Faire de la politique ne consiste pas à faire des « coups de presse », mais à servir son pays et ses concitoyens. Et si j’étais professeur d’école, ce matin, j’aurai certes parlé à mes élèves de Guy Môquet, associant à sa mémoire celle des fusillés du Champ de Mars de Béziers et le souvenir de André Dez, un nissannais tombé avec eux et dont l’épouse est morte de chagrin. C’est en tous cas dés mon plus jeune âge ce que l’on m’a enseigné, ce que je crois avoir toujours su.
- Mais il semble que la politique des « coups de presse » ne soit pas une exclusivité
Et là franchement, je le regrette.
En se mettant en scène à Rome – référence au traité constitutif de l’Europe au lendemain de la relance de Lisbonne ? Emergence d’un nouveau leader en Italie et d’un nouveau parti ? - Ségolène Royal que j’ai soutenue sans relâche et sans états d’âmes à la Présidentielle, nous livre ce matin sa manière de voir l’avenir du PS en même temps que sa volonté de le conquérir au prochain Congrès… en faisant voter « des gens qui n’en sont pas adhérents ». Certainement aussi, si j’ai bien compris en abandonnant le nom de « Parti socialiste » parce qu’il faut bien, comme le lui a dit Walter Veltroni « ranger dans les placards certaines choses du passé ».
Et peut-être faire parler de soi à n’importe quel prix ?
12:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.


