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29 septembre 2007

Jospin

J’ai lu le livre de Jospin*.

            Je n’ai jamais été de celles qui lui ont jeté l’opprobre quand au soir  de son élimination par les électeurs il a tiré les conclusions de cette sanction en quittant la scène politique. Il dit, revenant sur le soir du 21 avril 2002 : « J’avais besoin d’accomplir un geste public et fort. Non par orgueil – encore qu’on n’est pas obligé face à l’échec de s’accrocher à ses mandats et de poursuivre sa carrière – mais par dignité ».   

            Et sa défaite réside « dans chacune des composantes de la majorité plurielle (qui) avait voulu faire prospérer son pré carré électoral au premier tour, sans se soucier de savoir si (il) serait en mesure d’assurer la victoire de l’ensemble ensuite ».

            Bref, j’en ai été toujours convaincu, chacun avait voulu se « payer » Jospin.

            Et si le Parti communiste, les Verts et le Mouvement des citoyens ont choisi d’expliquer la défaite en assurant que la Gauche (à laquelle ils avaient tous participé entre 1997 et 2002) n’avait pas mené une bonne politique, le Parti socialiste n’est pas allé au bout de son analyse. Parce qu’il n’a pas voulu  prendre le risque d’expliquer l’éviction de Jospin face au Front national, par cette division criminelle de la Gauche. Pour ne pas contrarier ses partenaires et mettre en péril de futures alliances dont les fruits ont été cueillis aux élections régionales suivantes en 2004 ? Peut être.

            Et de Congrès en Congrès au PS, le malentendu s’est installé. Jusqu’ en 2007, où, le bilan du Gouvernement Jospin n’a jamais été valorisé. Certes, accordons à François Hollande d’être resté solidaire de l’action passée. Mais si je puis vous livrer une expérience personnelle, dans la campagne que j’ai menée pendant un an, j’avais l’impression qu’en parler était une incongruité, voire une grossièreté.

            Le Parti socialiste c’est clair doit « changer ». Et la première des choses à faire c’est de ne renoncer ni à ses valeurs ni au bilan des politiques qu’il a conduites lorsqu’il était aux affaires. Et Jospin dans son livre nous le rappelle. En 1993, nous étions au fond du trou. En 1995, candidat à la présidentielle il a fait 47,4% des voix au deuxième tour. En 1997, parce que nous étions prêts, parce que nous avions un programme (dont la parité), parce que nous étions volontaristes, la dissolution de l’Assemblée nationale ne nous a pas surpris et nous avons gagné.

            Les socialistes doivent aussi changer.

            Quand j’ai adhéré, je l’ai fait parce que j’adhérais à l’offre politique de François Mitterrand au Congrès d’Epinay (1971). Jospin était aussi de ceux-là, Georges Frêche ou le sénateur Tropéano  de Saint-Chinian,  pour ne citer qu’eux, aussi. Ces hommes et ces femmes adhéraient ensemble à un projet de société, pas à un organisme dont l’appartenance garantirait à très court terme un poste d’élu.

            C’est tout le sens de la politique. Porter des convictions et se faire lire pour mettre en œuvre ce que l’on a pensé. Et pas le contraire !

 

*L’impasse – Lionel Jospin –  Flammarion- septembre 2007

           

           

           

 

 

10:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

Commentaires

Globalement d'accord avec toi Geneviève. Avec un bémol par rapport à ta conclusion. Je pense qu'éducation et responsabilité, pour tout citoyenneté intelligente sont l'avenir de la Gauche. Je ne crois pas que le peuple doit "porter aux commandes un leader qui a des convictions" mais tout l'inverse : Un peuple qui a des convictions élit une femme ou un homme "levier" et non leader ou pire femme ou homme providentiel! C'est tout l'enjeu de la refondation de la Gauche! Me semble t-il!
a+
Marc

Ecrit par : Marc Ayral | 29 septembre 2007

Il serait bien que tu laisses la possibilité de laisser des commentaires sans filtre! Cela permettra une meilleure interactivité
Bye!

Ecrit par : Marc Ayral | 29 septembre 2007

le vent tourne souvent chez vous !

Ecrit par : pierrot le zygo | 29 septembre 2007

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