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01 septembre 2007
Rénovation
La rénovation, c’est « le changement en mieux ».
C’est donc à quoi s’attelle depuis hier le Parti socialiste à La Rochelle. Mais comme ce n’est pas la première fois qu’il nous fait le coup, j’ai l’impression d’assister à la rediffusion du film d’août 2002, vous savez, celui de « l’après Jospin ». Franchement j’y avais cru. J’avais participé quelques semaines plus tard à la « fondation » du Mouvement Nouveau Monde à Argelès sur Mer dans les PO… Il y avait une foule immense, dont, au premier rang, le maire du cru, conseiller général. Depuis, celui-ci s’est présenté aux législatives dans son département contre le candidat investi par le PS, et bien entendu, on a perdu en 2007 une circonscription imperdable, la 4eme des PO, celle de Céret.
Alors, vous comprendrez, «le changement en mieux », je m’en méfie.
J’entends aussi « qu’il faut donner un nouveau corpus idéologique au PS », mais si pour faire plaisir à tout le monde il faut dire les mêmes choses que la droite, alors il ne faut pas s’étonner que les électeurs portent leurs suffrages sur elle ; pourquoi choisir la copie quand on a l’original ?
Changer en mieux c’est d’abord redonner au Parti socialiste son pouvoir de contestation. Et l’exprimer clairement.
Qu’est-ce que cela veut dire ?
D’abord, que le PS joue sans complexe son rôle de parti d’opposition. C’est vrai qu’il n’est pas toujours confortable de passer pour de véritables râleurs ; et les diligences de ceux qui sont eux passés dans le camp adversaire ne facilitent pas les choses .
Ensuite, il faut, comme le dirait Navarro, le Premier secrétaire dans l’Hérault, « revenir aux fondamentaux », c'est-à-dire « à ce qui est à la base, qui forme l’essentiel ».
Alors, sommes –nous aujourd’hui démodés quand le Parti socialiste place l’Homme –et non pas l’économie ou le marché- au cœur du débat ? Peut-être! Toutefois, on ne fait pas de la politique pour être à la mode mais pour servir au mieux les intérêts d’un groupe social. Et s’il importe de conserver toujours les yeux fixés sur le possible, il faut se garder du sacrifice de ces « fondamentaux » ; ils forgent notre identité, dessinent les différences entre un militant socialiste et un opportuniste, marquent les contours de valeurs, incarnées d’une part par la gauche et d’autre part par la droite.
Comme je ne suis pas naïve au point de croire que le social ne peut se développer sans l’économie, j’ai regardé un peu en arrière, j’ai regardé un peu ailleurs. A un moment où le travail durait plus de 100 heures par semaine, où l’on quittait la terre, la fabrique, l’état de domestique pour mourir, souvent avant 50 ans, ce sont les socialistes qui ont avancés les idées de droit au loisir, à la santé, à la retraite « des vieux travailleurs »…
C’est Jaurès, Blum, Mitterrand, Mauroy, Jospin qui l’ont fait. La reconnaissance du droit au loisir, la création de la Sécurité sociale sont à l’origine du développement du tourisme et d’une industrie pharmaceutique florissants en France. Ce qui signifie, pour ne prendre que ces deux exemples que les lois sociales ont un effet positif sur l’économie.
Zapatero qui s’apprête en Espagne à solliciter l’année prochaine des électeurs un second mandat ne s’y est pas trompé. Ses lois sociales – sur la dépendance qui crée un financement public en faveur des personnes âgées ; sur l’égalité des hommes et des femmes ; contre la violence machiste ; pour instituer le mariage gay ; pour rendre le divorce plus accessible ; la scolarisation des enfants de moins de 3 ans … - se sont accompagnées d’un accroissement de l’économie (4% par an) et d’une régression du chômage (8% de la population).
Et la mondialisation me direz-vous ? Eh bien, elle existe depuis toujours. Au IIIe siècle avant Jésus Christ, déjà mes ancêtres d’Ensérune commerçaient autour de la Méditerranée.
Alors, la mondialisation ? Reste à savoir au profit de qui ?
11:10 Publié dans femmes et politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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