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15 juillet 2007

Qui a discriminé Christiane* ?

Christiane c’est ma copine. Une fille de famille, comme on dit chez nous à Nissan. Pourtant,  l’hivers, elle fait des ménages dans une station de ski des Pyrénées. Alors, au 14 juillet, pour la fête du village, elle installe une bodéga dans la maison –superbe- de la défunte Tante Sarah sur la Promenade.  Histoire de se faire quatre sous !

            Mais cette année, quand elle y est arrivée, rien n’était prêt ! Les organisateurs avaient oubliés de lui dresser ses tables et son matériel sur la rue.

            Alors, le premier soir de la fête, elle n’a rien fait. Même qu’elle a été obligée de se procurer chaises et table chez un loueur, moyennant vous l’aurez compris, espèces sonantes et trébuchantes.

            Hier soir,  notre chef, -un vrai,  lieutenant colonel de l’Armée de terre en retraite, au demeurant très urbain et avenant-, avait comme à l’accoutumée organisé à la bodéga de Christiane notre dîner d’été des sixties nissanais.  Rassurez –vous, nous ne nous sommes pas assis par terre. Simplement, nous nous sommes interrogés. Pourquoi Christiane n’avait –elle pas été comme les autres, correctement  servie par la mairie?

            Moi personnellement, cela me choque. D’abord, parce que je suis allergique à toute situation d’injustice et d’inégalité. Ensuite parce que je me dis que ce monde, décidément  tourne à l’envers. Quand le Président de la République prône de travailler plus pour gagner plus, pourquoi Christiane est –elle justement empêchée de le faire ?

 

* Bodéga La Festina

 

14 juillet 2007

Jack, Cécila, Rachida … et les autres !

Il me peine de voir Jack Lang, un ami de si longue date, fidèle au Parti socialiste depuis sa refondation par François Mitterrand au Congrès d’Epinay (1971), empêtré dans cette querelle avec la direction de François Hollande à propos de sa participation ou non à la fameuse commission pour la réforme des institutions que Nicolas Sarkozy lui a proposé de rejoindre.

            C’est vrai que l’on ne peut prôner, comme je l’ai fait il y a quelques jours sur ce blog la discipline au PS, et admettre que chacun fasse ce dont il a envie. Et le Bureau national du PS a eu raison de placer hors parti, ceux et celles de ses membres qui avaient accepté de jouer un rôle politique au Gouvernement, je veux dire être ministre et par là même participer à la mise en place d’une politique que nous avons combattue. Mais il me semble que ce comité, auquel Jack Lang a été appelé, a davantage une mission d’expertise, réunissant des personnalités qualifiées pour se pencher sur son objet, pour donner des avis, ouvrir des perspectives et non pas pour participer en responsabilité à la mise en œuvre, par l’un des membres éminents du Parti socialiste, du programme de la droite. A1ors, que François Hollande et Jean-Marc Ayrault (Président du Groupe socialiste à l’Assemblée nationale) marquent le coup, c’est normal. Car le fonctionnement véritablement démocratique de nos institutions aurait voulu que le Président de la République les sollicite directement avant de préalablement désigner l’un des leurs. Et qui sait, si Jack Lang n’aurait pas été choisi du fait de ses titres, de ses  qualités, de ses  savoir-faire, de son expérience…

            Mais ce qui intéresse Nicolas Sarkozy est un tout autre jeu. Celui de jeter le trouble dans l’opposition … tout en clamant haut et fort vouloir renforcer ses droits. Le Président de la République veut agir seul, et pour cela, il lui faut mieux diviser pour « régner ». Et l’entreprise de Cécilia Sarkozy en Libye auprès des infirmières bulgares condamnées à mort, révèle une stratégie tout simplement bonapartiste. Donner seul à l’opinion des signes forts de générosité, de « réconciliation nationale » (l’ouverture à ses opposants), et de compassion, en envoyant son épouse rencontrer un chef d’Etat, c'est-à-dire, appelons un chat un chat, effectuer  une  mission diplomatique, en lieu et place de Bernard Kouchner et des diplomates du Quai d’Orsay. Qui n’a rien dit !

            Par contre, l’Union européenne,  elle, ne s’est pas trompée en reprochant au Président français de « vouloir tirer la couverture à lui, à quelques heures du dénouement de la crise ». Sachez, pour mémoire que la Commissaire européenne aux relations extérieures est allée deux fois en Libye négocier la libération des otages contre une aide médicale et des dédommagements financiers.  

            Quant aux difficultés rencontrées par Rachida Dati, la Garde des Sceaux,  elles jettent en pleine lumière les contradictions du Chef de l’Etat. Si  Nicolas Sarkozy a affiché à grand renfort de communication, son souci de parité au moment de la constitution de son premier gouvernement (souci très sensiblement corrigé au moment de la nomination des secrétaires d’Etat), l’UMP* avec à peine 14% de femmes dans son groupe, aucune vice –présidente, aucune questeure, aucune présidente de commission,   reste très réfractaire à la représentation des femmes à l’Assemblée nationale. Alors, quand on a une femme de caractère (« autoritaire ! ») à la tête d’un ministère régalien, bien mois titrée que les plus hauts responsables placés sous l’autorité de son ministère, jeune et issue d’un milieu très défavorisé, on s’en donne à cœur joie. Parce que au fond, si pour la parité, un pas en avant et deux pas en arrière, le chef donne l’exemple, pourquoi s’en priver ?

 Je désapprouve avec vigueur toute la politique de Mme Dati, mais quand on lui fait grief des déboires de deux de ses dix frères et sœurs  au seul motif qu’avec son « mauvais caractère », qu’elle n’entrerait pas dans le moule, je dis que ce n’est pas juste. Parce que, par son cursus cette femme mérite d’être respectée. Même par ses pairs, même par les membres de sa majorité, et même s'ils estiment que par ses origines, elle n'est pas des leurs.  

* Par comparaison, le PS, avec 150 députés de moins  que l’UMP a désigné une femme à la vice présidence (sur trois postes lui revenant)  et attribué à une femme l’unique poste de questeur  dont il a disposé.