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14 juillet 2007
Jack, Cécila, Rachida … et les autres !
Il me peine de voir Jack Lang, un ami de si longue date, fidèle au Parti socialiste depuis sa refondation par François Mitterrand au Congrès d’Epinay (1971), empêtré dans cette querelle avec la direction de François Hollande à propos de sa participation ou non à la fameuse commission pour la réforme des institutions que Nicolas Sarkozy lui a proposé de rejoindre.
C’est vrai que l’on ne peut prôner, comme je l’ai fait il y a quelques jours sur ce blog la discipline au PS, et admettre que chacun fasse ce dont il a envie. Et le Bureau national du PS a eu raison de placer hors parti, ceux et celles de ses membres qui avaient accepté de jouer un rôle politique au Gouvernement, je veux dire être ministre et par là même participer à la mise en place d’une politique que nous avons combattue. Mais il me semble que ce comité, auquel Jack Lang a été appelé, a davantage une mission d’expertise, réunissant des personnalités qualifiées pour se pencher sur son objet, pour donner des avis, ouvrir des perspectives et non pas pour participer en responsabilité à la mise en œuvre, par l’un des membres éminents du Parti socialiste, du programme de la droite. A1ors, que François Hollande et Jean-Marc Ayrault (Président du Groupe socialiste à l’Assemblée nationale) marquent le coup, c’est normal. Car le fonctionnement véritablement démocratique de nos institutions aurait voulu que le Président de la République les sollicite directement avant de préalablement désigner l’un des leurs. Et qui sait, si Jack Lang n’aurait pas été choisi du fait de ses titres, de ses qualités, de ses savoir-faire, de son expérience…
Mais ce qui intéresse Nicolas Sarkozy est un tout autre jeu. Celui de jeter le trouble dans l’opposition … tout en clamant haut et fort vouloir renforcer ses droits. Le Président de la République veut agir seul, et pour cela, il lui faut mieux diviser pour « régner ». Et l’entreprise de Cécilia Sarkozy en Libye auprès des infirmières bulgares condamnées à mort, révèle une stratégie tout simplement bonapartiste. Donner seul à l’opinion des signes forts de générosité, de « réconciliation nationale » (l’ouverture à ses opposants), et de compassion, en envoyant son épouse rencontrer un chef d’Etat, c'est-à-dire, appelons un chat un chat, effectuer une mission diplomatique, en lieu et place de Bernard Kouchner et des diplomates du Quai d’Orsay. Qui n’a rien dit !
Par contre, l’Union européenne, elle, ne s’est pas trompée en reprochant au Président français de « vouloir tirer la couverture à lui, à quelques heures du dénouement de la crise ». Sachez, pour mémoire que la Commissaire européenne aux relations extérieures est allée deux fois en Libye négocier la libération des otages contre une aide médicale et des dédommagements financiers.
Quant aux difficultés rencontrées par Rachida Dati, la Garde des Sceaux, elles jettent en pleine lumière les contradictions du Chef de l’Etat. Si Nicolas Sarkozy a affiché à grand renfort de communication, son souci de parité au moment de la constitution de son premier gouvernement (souci très sensiblement corrigé au moment de la nomination des secrétaires d’Etat), l’UMP* avec à peine 14% de femmes dans son groupe, aucune vice –présidente, aucune questeure, aucune présidente de commission, reste très réfractaire à la représentation des femmes à l’Assemblée nationale. Alors, quand on a une femme de caractère (« autoritaire ! ») à la tête d’un ministère régalien, bien mois titrée que les plus hauts responsables placés sous l’autorité de son ministère, jeune et issue d’un milieu très défavorisé, on s’en donne à cœur joie. Parce que au fond, si pour la parité, un pas en avant et deux pas en arrière, le chef donne l’exemple, pourquoi s’en priver ?
Je désapprouve avec vigueur toute la politique de Mme Dati, mais quand on lui fait grief des déboires de deux de ses dix frères et sœurs au seul motif qu’avec son « mauvais caractère », qu’elle n’entrerait pas dans le moule, je dis que ce n’est pas juste. Parce que, par son cursus cette femme mérite d’être respectée. Même par ses pairs, même par les membres de sa majorité, et même s'ils estiment que par ses origines, elle n'est pas des leurs.
* Par comparaison, le PS, avec 150 députés de moins que l’UMP a désigné une femme à la vice présidence (sur trois postes lui revenant) et attribué à une femme l’unique poste de questeur dont il a disposé.
11:50 Publié dans femmes et politiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Vous avez écrit:
"Et le Bureau national du PS a eu raison de placer hors parti, ceux et celles de ses membres qui avaient accepté de jouer un rôle politique au Gouvernement, je veux dire être ministre et par là même participer à la mise en place d’une politique que nous avons combattue."
Ce qui surprend ce n'est pas que quelques socialistes se soient dévoyés pour collaborer avec un gouvernement de doite.
Ce qui surprend c'est qu'il n'y en ait pas davanatge.
Ecrit par : JOINVILLE | 13 août 2007
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