« Stupidité | Page d'accueil | Pratiques politiques sectaires »

29 juin 2007

Il pleut !

C’est toujours comme cela depuis quelques temps. Le lendemain d’une défaite, l’orage gronde au Parti socialiste et il pleut sur le candidat. Aujourd’hui, c’est Gisèle Halimi la célèbre avocate présidente de Choisir la cause des femmes, qui douche Ségolène Royal (Le Monde daté du 29 juin 2007 : « Elections : le temps des femmes ? »).

            Peut-on réellement reprocher à Me Halimi de souligner que la défaite de la candidate a « désespéré celles qui, dans une ferveur retrouvée de la politique, croyaient parler par sa voix » ? Peut-t-on sérieusement faire grief à Claude Bartolomé député* et fidèle second de Laurent Fabius de laisser aller sa colère quand il évoque les 5 ans à venir pour les plus démunis, les plus fragiles, ceux justement qui avaient placé tous leurs espoirs dans la gauche ? Comment ne pas sourire (jaune) lorsque Jean Christophe Cambadélis*, ami proche de DSK décrit avec talent les dessous incroyables d’une débâcle ?

            Mais ce qui me frappe le plus, ce qui m’interpelle c’est que les analyses des principaux observateurs politiques sur la campagne elle-même (je pense notamment à l’ouvrage de deux journalistes de l’AFP*) sont quasiment les mêmes que celles faites à propos de Lionel Jospin au lendemain du 22  avril. Et il est patent de constater que les reproches sur l’Atelier de campagne de 2002, se retrouvent aujourd’hui pour le 2.8.2, où Ségolène Royal avait choisi d’installer son staff. Et c’est vrai, j’y suis allée en son temps avec des patrons pêcheurs, c’était pour y entrer, façon de dire,  pire que le « Kremlin » !

            Le problème aujourd’hui, c’est la « refondation », je dirais plutôt, la remise en ordre, la remise en marche du Parti socialiste où, depuis le référendum pour l’Europe, chacun avait pris l’habitude de faire n’importe quoi. Franchement, j’ai toujours été dépassée par des membres du PS, et pas des moindres, qui sous prétexte qu’ils avaient voté « non »  au référendum interne se permettaient de faire ouvertement campagne contre à l’élection publique politique. J’ai toujours été dépassée de constater comment en toute impunité, des membres du PS, souvent titrés et importants pouvaient s’autoriser d’aller sur les tribunes défendre d’autres chapelles ? Parce qu’elles étaient réputées « plus à gauche » ? Alors, il fallait choisir !

            Nous avons,  -et peut-être est-ce le tempérament de François Hollande, de vouloir concilier l’inconciliable -, manqué collectivement de rigueur et de discipline. Et je ne peux, à ce propos que m’inscrire dans le sens des paroles prononcées mercredi avec force au Conseil fédéral de l’Hérault par Christian Bouillé, conseiller général. Et comme il fût très applaudi – le seul de la soirée-, je me dis que dans l’Hérault, les socialistes ont compris : quand on est membre du Parti socialiste, on s’aligne sans état d’âme derrière la décision majoritaire et l’on vote pour le candidat aux élections qui a été désigné, même si ce n’était pas le sien, la sienne !

            Ségolène Royal mérite le respect pour le combat courageux qu’elle a mené sans faiblir jusqu’au bout. Elle mérite le respect pour sa capacité à entraîner les gens derrière elle ; j’ai vu, à Dijon, à Montpellier, à Lézigan-Corbières, des militants, des sympathisants, les yeux brillants,  quasiment fanatisés par sa présence.

            Mais on ne peut gagner la présidentielle sans un Parti structuré et en bon ordre de marche derrière soi. Ce sera l’enjeu du prochain congrès, parce qu’un congrès c’est fait pour cela, pour donner aux militants le choix non entre plusieurs candidats à la présidentielle, mais entre plusieurs projets politiques pour la France. Cela passe par le débat et le dépôt de « motions » mises au vote dans les sections. Un exercice auquel Ségolène Royal n’échappera pas si elle veut continuer à tracer sa route.

 

 

*Claude Bartholomé, Une élection « imperdable » - Editions l’Archipel – Juin 2007

* Jean – Christophe Cambadélis, Parti pris- Editions Plon – Juin 2007

* Christine Courcol et Thierry Masure, Ségolène Royal, Les coulisses d’une défaite – Editions l’Archipel- Juin 2007

 

Commentaires

Merci Geneviève de traduire notre pensée ,et de rapeller quelques fondamentaux de la discipline interne du PS .au dela d'une nécessaire "refondation " ou "reconstruction "
notre amitié socialiste t'accompagne tu le sais

Ecrit par : Anouk et Bernard | 03 juillet 2007

Ecrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.