« SOS | Page d'accueil | A Agde, D’Ettore persiste et signe »

01 juin 2007

La parité s’impose-elle en politique ?

Tel est le Chat avec Mariette Sineau*, membre de l’Observatoire de la parité, aujourd’hui à 15 heures sur Le Monde.fr.

            Sur le papier, c’est incontestablement oui. Et si l’on prend les élections législatives, quand on rapproche les comportements des partis de ce que dit la loi, force est de constater que chacun de son côté fait des efforts.

            Remarquez, ils y ont un intérêt puisque des pénalités financières sanctionnent ceux qui présentent moins de la moitié de femmes.

            C’est justement là que le bât blesse. La loi sur la parité aux élections législatives ne porte que sur le nombre de candidates, pas sur le nombre d’élus.

            J’ai étudié de plus près les candidatures féminines dans les 7 circonscriptions de notre département de l’Hérault. Nous faisons presque aussi bien que pour le France entière, presque 42% de candidats sont des candidates.

            Cependant, à y regarder de plus près, la proportion de femmes susceptible de passer la barrière du premier tour chute vertigineusement. Ce qui est bien dommage ! Car la loi sur la parité n’est pas destinée à envoyer des femmes se faire les dents dans des terres de mission, mais bien de procéder à une augmentation de leur représentation à l’Assemblée nationale, elles sont 12 % des députés aujourd’hui et notre pays est classé au tréfonds de la médiocrité de la représentation par l’Union Interparlementaire, une organisation internationale qui siège à Genève et évalue les performances des parlements mondiaux.

            Alors, sur la base des résultats obtenus par les partis à la présidentielle, j’ai évalué que seulement 3 femmes, peut-être 4 (soit moins de 3% des candidats) avaient des chances de participer au 2eme tour dans l’Hérault. On est loin des 42% de candidatures et aux antipodes de  l’esprit de la loi, qui je le rappelle, vise à favoriser une égale représentation des hommes et des femmes à l’Assemblée. Et je dis, que même si 3 de ces 4 candidates conservent une chance d’être élues sont présentées par le Parti socialiste, le mien, il n’en demeure pas moins que  les françaises, les héraultaises en général sont flouées.

            Ceci pour la mathématique.

            Pour le reste, c’est une autre paire de manche.

            Quand vous êtes candidate, comme moi, dans la 7e circonscription de l’Hérault (du littoral de Vias à Villeneuve les Maguelone), c’est que votre parti, a pris des mesures drastiques pour imposer l’investiture de 48% de femmes dans ses fédérations. Et c’est là que commence la vraie vie de la candidate. D’abord, parce que sa désignation va heurter des ambitions masculines et des plans de carrières rentrés ; ensuite parce que par votre présence, votre différence, votre façon de voir les choses, vous allez troubler les règles d’un jeu parfaitement établi. Et qui fonctionnait si bien avant vous ! Dans le paysage médiatique et institutionnel!

            Alors, le prix de ces petits arrangements entre soi  vaut bien d’arranger une candidate ! Comme cela, toujours entre soi.

Ce n’est pas prévu par la loi sur la parité ; mais cela existe, je vous l’assure, comme je vous assure que le moment venu, je vous raconterai comment.

Ah, bon, contrits ?  

 

*Directrice de recherche au CEVIPOF, auteure de plusieurs ouvrages sur les femmes en politique (Presses de Science po)

Ecrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.