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28 février 2007

« Des femmes à l’écoute »

Quand vous êtes une femme, quand vous vous présentez à une élection, quand vous êtes candidate à un quelconque poste de responsabilité, se pose toujours en creux la question de votre légitimité. Et l’interrogation revient, de manière récurrente, « qu’est-ce que vous pouvez apporter de plus ? » ; sous-entendre, que le sortant.

            Eh bien, sans que rien ne lui ai été demandé, le quotidien régional de référence y répond dans ses éditions de lundi 26 février et d’aujourd’hui : « Des femmes de tous horizons » et « Des femmes à l’écoute », qui ont participé samedi passé à la Conférence –débat « Demain les femmes ? » que j’ai organisée à Sète avec l’ancienne Premier Ministre Edith Cresson.

            Midi-Libre souligne la présence à cette manifestation , elle a réuni plus de 200 personnes,  de personnalités sétoises – allant de la conseillère municipale d’opposition Jeanine Leger à l’adjointe au maire Jeanne Sauvaire, en passant par la présidente du Tribunal de Commerce Odette d’Artignan-Jeanjean ou Maryalis Caramel, présidente de l’Association Entre mer et étang -, et précise que d’autres étaient là au titre de l’Association mondiale des femmes chefs d’entreprise,  dont j’ai été, par ailleurs fondatrice dans les années 1985, avec Olga Bernabé, PDG des Pépinières Richter,  vice –présidente de la CCI de Montpellier.

            Mais ce que Midi-Libre ne sais pas, c’est que selon la règle républicaine, j’avais, comme il se doit,  informé le premier magistrat de Sète de la venue d’un Premier ministre dans sa bonne ville. Silence radio ! C’est bien dommage ! Mais révélateur de mœurs politiques que nos concitoyens et surtout nos  concitoyennes, si j’en juge par leur participation à notre Conférence, sont de plus en plus nombreux à rejeter. Faire de la politique autrement s’impose aujourd’hui.

            Enfin, pour toutes celles et ceux qui n’ont pu être avec nous ce samedi, voici ce que j’ai dit  en ouverture. J’espère pouvoir vous proposer très rapidement l’exposé de notre jeune universitaire Delphine Lacombe ainsi qu’un compte rendu de l’ensemble des débats.


 Sete_24_fevrier_3.4.pdf

           

           

 

21 février 2007

Coup de gueule

A propos d’un article paru dans Midi-Libre du 6 février 2007, il s’agit d’une convention signée entre la Préfecture et les autorités judiciaires à Montpellier pour combattre les violences de couple, Evelyne Casagrande me demande un « petit coup de gueule » au nom « des victimes de violences "exploitables judiciairement" dixit, le substitut du Procureur ».

            Vous savez qu’en principe je ne me fais pas prier, je comprends le désarroi d’une femme qui a reçu des coups et le sentiment de profonde injustice qu’elle ressent quand le procureur lui signifie que ses « beignes » ne sont pas « exploitables juridiquement ». C'est-à-dire qu’il n’est pas possible d’en poursuivre l’auteur. Je comprends aussi que dans ce cas, toutes les Evelyne Casagrande s’interrogent sur l’utilité de ces « conventions » qui, somme toute ne règlent rien de fondamental. Car seule, « la loi libère » !

            Cependant, l’honnêteté me force à épiloguer sur le sens de cet « exploitable juridiquement ». C'est l'une de ces spécialités de langage technique de la procédure pénale dont la froideur n’a d’égale que la glaciation de la compréhension des pauvres citoyens que nous sommes. Et je trouve que la justice est maladroite de parler ainsi, notamment aux victimes qui ... ne comprennent plus rien !

            Pour qu’une affaire de femme battue (appelons un chat un chat), puisse être « exploitable juridiquement », en gros prise en compte par le Parquet, il faut fournir au procureur pour qu’il puisse poursuivre,  la preuve des lésions (un certificat médical qui constate les coups et en établi leur degré de violence), et  relier l'auteur au fait de violence. Bref, il faut établir un lien de corrélation probant entre les  coups reçus et celui qui les a effectivement donnés. Sinon,  cela pourrait être être un simple coup de porte ! Vous voyez ce que je veux dire !

            Et si la victime ne peut établir ces deux faits, eh bien, l’affaire n’est pas « exploitable juridiquement »,  le procureur va décider qu’il n’y a pas d’opportunité de poursuite, et la victime n’a plus qu’à s’en retourner chez elle … en attendant d’en prendre un deuxième voyage.

            Le problème n’est pas tellement dans l’attitude du procureur, il est dans la loi.  Il est dans cette loi d’avril 2006 dont on nous parle tant –c’est vrai qu’elle met enfin en œuvre le principe de l’éloignement du conjoint que quand même Jospin avait acté le 8 mars 2002 devant un parterre de féministes à Paris- mais qui se refuse à s’attaquer aux causes pour ne traiter que les effets de la violence,  au travers notamment de ces conventions qui se limitent, même si, loin de là, ce n’est pas négligeable, uniquement aux aspects psychologiques de la question.

            Parce qu’en France, on se refuse encore à considérer que les violences conjugales relèvent  d’autre chose que de la sphère privée, de querelles de couples qui auraient tournées au vinaigre, et que bien entendu, il faut régler ces désordres dans l’intérêt de l’ordre établi, la préservation du couple, de la famille, l’équilibre des enfants... 

            Alors on dirige les victimes vers la médiation et pas la sanction…, tout le monde croit bien faire dans notre société bien pensante, mais la deuxième ou la troisième fois, c’est le drame, je vous renvoie aux statistiques des femmes qui meurent sous les coups de leurs conjoints.

            Non, la question n’est pas de savoir si Ségolène Royal savait ou pas que l’on pouvait éloigner le mari violent (à condition bien entendu que la plainte soit « exploitable juridiquement »), la question est de faire de la lutte contre les violences de couple une affaire d’Etat et de les mettre définitivement hors de la loi. Et quand la loi est injuste, il faut la changer!

            Alors, comme en Espagne, le procureur, le juge spécialisé (il y en a 400), saura trouver les moyens d’exploiter juridiquement cette injustice capitale que les femmes subissent encore dans notre pays, et de permettre à la victime de vraiment se reconstruire et de pouvoir continuer à exister !            

 

19 février 2007

Demain les femmes?

Si la société française accepte désormais les femmes en politique, leur reconnaît, en particulier, une autre manière de se comporter vis à vis de l'électorat, si cette "révolution tranquille" est en marche elle est, à n'en pas douter, encore loin de son but. Il reste encore à faire, en politique comme dans la vie professionnelle, pour étabir un vrai partage des décisions, un vrai partage du pouvoir. L'inégalité salariale reste notamment au rang des injustices les plus criantes  si l'on compare la place faite aux femmes françaises à celle conquise par les femmes dans tous les pays européens. Bien que proportionnellement plus nombreuses que les hommes à accéder aux études supérieures, les femmes sont moins présentes dans les filières les plus côtées, subissent davantage le chômage, le temps partiel, la précarité, les écarts salariaux et ceux des pensions de retraite.

"Demain les femmes?", la conférence débat que j'organise avec mes amis de l'Assemblée des femmes samedi 24 février à Sète va établir un état des lieux avant de la confronter à un panel d'intervenants pluraliste pour savoir si l'accès à la parité demeure encore un combat au quotidien. Avec des universitaires, des journalistes, des élus, des représentants de la société civile et la seule femme Premier ministre Edith Cresson.

Voir détails et conditions d'inscription

17 février 2007

Chapeau bas !

J’ai appris à un moment de ma carrière de deux grands préfets, Julien Vincent et Jean-Marie Coussirou, tous deux aujourd’hui disparus, « la neutralité de l’Etat ». Quand, au hasard d’un projet qui me tenais à cœur, ou d’une injustice à laquelle je voulais trouver une solution, quand mon action risquait de contrecarrer des intérêts autres que l’intérêt général, les deux me disaient : " appuyez vous, Geneviève, sur la neutralité de l’Etat, donc sur moi" !

            Le Préfet Michel Thénault vient de montrer qu’il était de la trempe de ses prédécesseurs à Montpellier, en mettant un frein au projet de deux communes, Balaruc les Bains et Bouzigues, d’ouvrir deux zones agricoles à de nouvelles constructions, bref, de stopper pour l’instant le phénomène d’urbanisation exponentielle qui se développe autour de l’étang de Thau.

Je n’avais pas dit moins mercredi 14, dans la conférence de presse au cours de laquelle je présentais les axes essentiels de ma campagne (Voir « A Sète, on déquille ! ») : « il ne peut y avoir d’avenir à Sète et au pays de Thau qu’à condition de préserver la qualité des eaux ». Et, si l’on veut que la « Malaïgue » ne soit plus une fatalité, il faut conditionner les nouveaux permis de construire à l’adoption d’objectifs de « haute qualité environnementale » et aux capacités locales ou territoriales de traitement des eaux usées et des déchets.

            C'est-à-dire qu’il faut agir avant et pas après la saturation des systèmes de lagunages.

            Par ce choix, le Préfet Thénault a privilégié l’intérêt supérieur et collectif des conchyliculteurs  ! Chapeau bas !

 

15 février 2007

A Sète, on déquille !

Je n’ai jamais vu cela ! Surprenant ! D’un côté, la presse dite  partisane, « l’Hérault du jour » (15 février 2007), juste et équilibrée ce matin – il s’agit du compte rendu de ma conférence de presse d’hier à Sète-, et de l’autre, le quotidien régional de référence (Midi-Libre 15 février 2007), « inattendu »et qui dans un billet, prend carrément parti. Etonnant, forcement étonnant !

C’est vrai, peut-être à Sète, et pardonnez moi si je n’ai pas encore pris l’habitude, « quand on n’est pas remarquable, on se fait remarquer ». Alors, ma foi, déquiller une candidate, pour une fois que l’on en une, ma foi, c’est vrai cela permet d’innover !

Que l’excellent « éditorialiste » se rassure, l’acier dont je suis faite est bien trempé. Mais sauf son respect, l’honnêteté (intellectuelle) est qu’il nous dise ce qu’il entend. Si proposer des idées c’est la « langue de bois », je crois que nous ne parlons pas le même langage. Si proposer des idées nouvelles c’est bousculer des lignes éditoriales, alors vraiment je suis bien marrie de cette contrariété.

Parce que des fondateurs de la rue d’Alger au Mas de Grille à Montpellier (le siège social des Journaux du Midi), jamais guerre pour des idées ne m’a été déclarée !

 

Et pour vous permettre d’en juger, voici ce que j’ai dit.

Sete_14_fevrier.pdf