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29 janvier 2007
Le massacre des chalutiers
Je vous avais dit que j’y reviendrais (Voir « Autre chose que la langue de bois »), j’y reviens.
Le plan national dit « de sortie de flotte » prévoit en 2006-2007 l’arrêt de 86 bateaux dont 21 en Languedoc-Roussillon. Sur 32 chalutiers Sétois 7 ont cessé leur activité fin décembre et sont voués à la casse bien qu’ils soient souvent en excellent état. Leur massacre est programmé parce que l’indemnité octroyée aux pêcheurs par l’Union européenne –la prime dite « de déchirage »- est subordonnée à la preuve de la destruction des bateaux. Les professionnels n’ont pas le droit de les vendre, par exemple aux pêcheurs africains.
C’est une aberration, et « déchirer » son bateau, c’est chaque fois un drame humain, comme « arracher » un vignoble qu’on ne pourra plus replanter est une souffrance pour le viticulteur, et je sais de quoi je parle.
Alors, pourquoi ne pas rechercher des solutions plus intelligentes que ces pratiques imbéciles de destruction ?
L’argent public ne serait-il pas mieux employé si les chalutiers en bon état étaient reconvertis en habitations ? En lieux culturels ? En lieux d’enseignement ou de loisirs ?
A Sète, on détruit furieusement le patrimoine des pêcheurs, et en même temps, des sans domicile sont à la rue ; on manque cruellement de logements sociaux et Mr Fabreguettes, le Président de « Sète Urgence Solidarité » réclame en même temps pour les 20 ans de cette dernière, du foncier pour ériger une Maison relais.
Alors, je pose une question. Sept chalutiers sétois alignés côte à côte et reliés par une passerelle ne peuvent-ils pas constituer un immeuble collectif ?
Je rêve ? Non. On a bien réhabilité à coup de crédits européens des friches industrielles. L’exemple de la raffinerie de Frontignan est criant. Il suffit de le vouloir. Et, j’ai appris dans ma prime jeunesse de François Mitterrand que le « pas possible » n’avait pas droit de cité en politique.
Mais je voudrais aussi savoir ce qu’en pensent deux hommes : Pierre d’Acunto, le deuxième Prud’homme de Sète, armateur du « Louis-Gaëtane », qui s’est donné un temps de réflexion avant d’envoyer son propre chalutier à la casse, ou Alain Talano, qui a déjà vu son bâteau, le « Roalian », passer « à la moulinette » au bout du môle…
10:45 Publié dans femmes et politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


