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03 décembre 2006
Les pièces jaunes
Quand j’étais, il y a quelques années invitée à la table du Préfet à Montpellier, j’étais placée à sa gauche. Les épouses des notables figuraient aussi à l’honneur. Quant à mon mari il dînait, au fond de la salle, à la table du directeur de cabinet et … du stagiaire de l’ENA. Remarquez qu’il ne perdait pas son temps, c’était à l’époque Pierre Moscovici devenu plus tard ministre de Jospin !
Cela pose le problème du protocole républicain qui ne prévoit toujours pas de statut pour l’époux. Et pour en avoir parlé avec Simone Weil par exemple, je sais que je ne suis pas la seule à avoir été blessée par cette espèce de relégation des hommes des femmes politiques, comme si leur statut leur conférait quelque chose d’honteux. Pensez, qu’il doit être à plaindre, ce monsieur qui ne « tient pas sa femme » !
Mais aujourd’hui l’outrage vise par un « Monsieur Pièce Jaune » François Hollande, l’homme de la vie de Ségolène Royal.
François, que je connais depuis longtemps est un homme délicieux, fidèle ami, plein d’humour, vive intelligence et très fin politique. Il a montré à tous depuis ces 10 années passées à la tête d’un PS turbulent ce qu’il était capable de faire. Il a montré aussi, comme avant lui Mr Weil, Jacques Cresson, ¨Pierre Roudy*, et à un degré moindre, Roger Tapié, qu’il était capable de s’effacer devant sa femme, et sans le moindre état d’âme de l’accompagner sans en souffrir dans ses ambitions.
Alors que ceux qui seraient tentés de faire tinter ces « Pièces jaunes » dans la poche d’une possible rancœur prennent garde. François, sous ses airs gentils, c’est aussi un « tueur » !
* Epoux de Edith Cresson ancienne Premier ministre et Yvette Roudy, ancienne ministre.
13:37 Publié dans femmes et politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


