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30 décembre 2006
Pauvre et commentée
Mon billet « Machisme ordinaire » posait tout à la fois la question de l’accès aux financements et aux ressources, de l’égalité Républicaine entre les candidat(e)s, des inégalités qui freinent l’accès de tous à la fonction d’élu, et par là même biaisent le fonctionnement de la démocratie.
Quand on n’a pas de fortune personnelle, d’indemnité(s) liées à l’exercice d’une fonction ou d’un mandat , d’accès à des réseaux puissants ou des clubs très fermés, le seuil moyen de pré financer sa campagne électorale est d’avoir recours à un prêt : il vous en coûte en plus les intérêts et l’assurance décès … au cas où… en attendant que l’Etat vous rembourse les frais que vous aurez engagés, à condition qu’il accepte au bout du compte votre « Compte de campagne » ; ce qui signifie qu’en plus tout le risque est pour vous.
Et quand on est une femme c’est plus compliqué encore, puisque, malgré la parité, elles demeurent sous représentées, justement dans les exécutifs des assemblées qui procurent indemnités et quoi qu’on en dise, appui en ressources humaines.
C’est ainsi que le système fonctionne.
Il y a aussi parmi les candidats, les riches et les pauvres, et Lio dont j’ai cru comprendre les amitiés avec le Mouvement de Laurent Fabius, les Lolos 34, devrait savoir entre autres choses qu’on n’aborde pas une campagne électorale de la même façon quand on est le fils d’un antiquaire parisien et une simple militante qui brigue un poste de députée pour la première fois. Et mon propos voulait aussi pointer du doigt ce dysfonctionnement démocratique qui exclue sans appel de l’élection à la Représentation nationale les plus démunis. Il s’agit d’une injustice qui entache notre République et que je dénonce avec vigueur.
Quand aux banques, quand on connaît un peu leur état d’esprit en France - refusant tout risque économique elles n’assurent pas le rôle de développement qui leur est imparti- je ne vois pas l’une d’entre elles accepter prêter de quoi « faire campagne à qui est trop pauvre » comme le souligne chiffres à l’appui, Lio avec justesse.
Alors, à ce stade se pose la question de la garantie soulevée par Lolo 34, Mr Fabreguettes et Marie. De ce point de vue, un peu de souplesse des banques ne leur ferait pas de mal, mais me concernant, il ne s’agissait pas de prendre une quelconque garantie – de ce point de vue la garantie apportée par l’investiture du Parti socialiste suffit, il est solvable – mais bien de demander à mon époux de M’AUTORISER à contracter ce prêt.
Ces mœurs relèvent d’autres temps – en France d’avant la Loi de 1938 qui octroie aux femmes la pleine capacité juridique, d'avant la Loi de 1965 qui autorise les femmes à exercer librement une activité professionnelle, d'avant la réforme des régimes matrimoniaux de 1972-, d’autres cultures. Et me revient à l’esprit l’histoire que je vous ai certainement déjà racontée d’une ministre algérienne en mission officielle bloquée sur le tarmac de l’aéroport d’Alger en attentant que son mari lui donne l’autorisation de quitter le territoire national. Non, il n’y a pas 200 ans, c’était l’année dernière et en vertu du Code algérien de la famille qui, depuis 1984, fait, sous la pression des islamistes, des femmes de ce pays des incapables majeures.
Alors, comprenez mon indignation ! Elle n’a d’égale que l’envie de vous donner le nom de cette banque régionale pour vous ôter toute celle de vous y adresser désormais. Quand à moi, croyez bien, qu’elle ne perd rien à attendre !
Merci infiniment à Isa et Diego pour leurs vœux de bon Noël.
19:10 Publié dans femmes et politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19 décembre 2006
Machisme ordinaire
Je viens de ma banque.
Pour signer le prêt relais qui doit financer ma campagne électorale. Oui, quand on est pauvre, c’est l’unique moyen. Il faut faire l’avance des fonds, en attendant que l’Etat vous rembourse.
Mais quand on est une femme, c’est plus compliqué.
Votre mari doit signer pour vous autoriser à cet emprunt.
Abus de droit ou machisme ordinaire ?
11:40 Publié dans femmes et politiques | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
18 décembre 2006
Silence de mort à Oran
On considère généralement en Algérie que « la meilleure protection de la femme c’est sa famille » ; le code éponyme de 1984 fait d’elle une incapable majeure et malgré les efforts déployés par une ancienne journaliste de télévision, ministre de la condition féminine et de la famille, le champ est libre dans ce pays à toutes les formes de violence et de maltraitance.
Alors, samedi à Oran (Algérie) –l’amphithéâtre du Musée du Moudjahid, un musée à la gloire du FLN et des combattants pour l’indépendance prêtait son cadre aux travaux d’une délégation européenne de magistrats et d’avocats –, prenant tant prétexte des priorités de justice, de liberté et de sécurité de l’espace judicaire européen que des projets de Ségolène Royal, j’ai choisi, de ne pas occulter cette question. Qui, justement n’en a suscité aucune.
Mais la Première, je veux dire la magistrate française la plus titrée de notre délégation, m’a dit la suite. C’est vers elle, qu'à la pause nombre de participantes se sont tournées. « Comment, Madame la Présidente, œuvrer pour arrêter les coups de nos maris qui tombent tous les jours en Algérie sur nous » ?
Elles étaient avocates, magistrates, universitaires, chercheuses,enseignantes, médecins…
10:49 Publié dans femmes et politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12 décembre 2006
Arc Latin
J’ai saisi le président André Vézinhet de deux propositions à inscrire à l’agenda politique de l’Arc latin.
Première proposition : la création d’une « Zone franche viticole à Sète » - ou plus précisément, puisque juridiquement l’Union européenne ne permet plus l’emploi de ce terme jugé impropre, de « zone à droits suspensifs de paiement » - pour attirer dans l’emprise du Port des opérateurs spécialisés dans l’exportation des vins du Languedoc-Roussillon. L’idée étant de développer l’activité du Port de Sète tout en offrant des solutions durables à la crise qui tire chaque jour plus encore nos vignerons vers la misère.
Des investigations pourraient être conduites par l’Arc Latin à Madère port portugais soumis au droit de l’UE et Cadix port espagnol, qui semblent se rapprocher de la situation du port de Sète.
Deuxième proposition : faire de la parité et de la participation des femmes, en tant que priorités définies par le traité d’Amsterdam, un moteur du développement régional. L’activité des femmes est un puissant facteur d’amélioration des performances économiques des pays développés. En témoignent les pays à faible taux de chômage (Scandinavie, Royaume –Uni) qui présentent un taux plus élevé d’activité féminine globale.
La décentralisation instituée par les réformes du 17 mars 2003 offre aux régions françaises l’opportunité de dynamiser les volontés locales ; c’est à ce prix seulement qu’elles pourront prétendre se hisser au rang des grandes régions d’Europe.
L’Arc latin est un réseau de collectivités locales du Portugal, d’Espagne, de France et d’Italie dont la présidence tournante est aujourd’hui dévolue au Conseil général de l’Hérault. Les activités de l’Arc Latin sont financées par des concours européens. Le réseau dispose d’un pouvoir d’influence et d’investigation.
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09 décembre 2006
A Canossa
Je ne savais pas que pour être candidate du Parti socialiste aux élections législatives dans la 7e circonscription de l’Hérault (Sète, Agde, Frontignan, Mèze), il fallait aussi, au-delà de l’investiture du PS, mettre un genou à terre pour se faire adouber par le Conseil général. Et c’est Midi-Libre à Sète qui recueille aujourd’hui la plainte. « Il paraît » confie Mr Vézinhet, le Président socialiste du Conseil général au quotidien régional « qu’elle (c’est moi !) a rencontré tout le monde, pas moi en tous cas ».
Je crois, et sauf son respect, que le Président de l’Assemblée départementale n’a pas bien compris. Ce n’est pas aux élections cantonales à Sète que je suis candidate, mais bien aux élections législatives et que l’année prochaine, c’est précisément à l’Assemblée nationale que je suis décidée à siéger et non dans les travées du Conseil général. Ma différence et je l’ai dit encore pas plus tard que le 1er décembre à Sète en présence de Isabelle Alexandre, Présidente de l’Association pour le mandat unique, c’est que je serais députée un point c’est tout, c'est-à-dire que je n’exercerais pas en même temps un autre mandat.
Alors, je comprends que certains puissent être pris d’angoisse à cette perspective ; je puis, et croyez bien que je le regrette, par mes manières en énerver quelques autres. Mais, pas de panique. Dédé (Vézinhet), je le connais, vous savez, c’est un vrai socialo. Et, rassurez-vous, il sera réglo. Même si, et peut-être d’autant plus, il a raté de train de Ségo !
12:20 Publié dans femmes et politiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
07 décembre 2006
Femmes blessées ?
Au hasard, Hélène Mandroux (maire de Montpellier), Mme Arditi (Vice-présidente de la Région), ou Mme Santonja (Maire de Juvignac) apprécieront. Parce que si j’en crois ce Ch.L (Montpellier) qui signe son propos de ces initiales, dans ce cas, une femme « n’est pas là en raison de sa valeur personnelle mais parce qu’il faut bien mettre une femme à cette place là ».
Par hasard, toujours hier, un éminent socialiste m’expliquait au cours d’un déjeuner en ville que « franchement Hélène (entendre Mandroux) n’était pas la mieux placée pour l’emporter à Montpellier ». Chacun connaît les manœuvres de l’UMP pour faire, au sénat, un lit douillet à Mr Jeanjean (député maire de Palavas) en écartant Danièle Santonja des prochaines élections sénatoriales en 2008. Quant Mme Arditi, une autre femme de tête, le respect que j’ai pour elle m’empêche de revenir sur des propos dont l’exécutif régional l’a récemment gratifié.
Tout cela pour dire que la pilule de la parité a encore du mal à passer. Tant elles seraient toutes, comme semble le suggérer ce lecteur, « incompétentes », je pose une question : pourquoi s’échinent-ils quant ils composent leurs équipes –parce que ce sont toujours les hommes qui décident - à rechercher plutôt que celles qui sont vraiment à la hauteur des enjeux, des auxiliaires gentilles dont ils sont convaincus qu’elles « ne l’ouvriront pas ». Et encore !
11:18 Publié dans femmes et politiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
04 décembre 2006
Madame Royal
Cela (re) commence ! On parle de « piège », de « faute lourde », de « faux –pas », « d’impair » concernant la visite de Mme Royal au Proche-Orient, mais la vrai question c’est Philippe Mouret qui la pose ce matin dans Midi-Libre : « Accorderait-on autant d’attention aux faits et gestes de Ségolène Royal au Proche-Orient si elle n’était pas la première femme en position de remporter –en 2007 – l’élection présidentielle » ?
Au demeurant, pour avoir l’habitude de travailler au niveau international, casque sur les oreilles, je sais le délicat problème de l’interprétation, je connais les « blancs » de l’interprète, et les obstacles que posent la langue. Et pour travailler fréquemment en Algérie, je connais aussi les subtilités de l’arabe quant on opte pour cette langue de travail plutôt que pour le français ; je sais aussi comment on peut « prier » de ne traduire aux « hôtes » du pays et vice-versa que le « politiquement correct ».
Mais qu’importe n’est-ce pas, puisque l’essentiel était de démontrer aux électeurs et aux électrices que Mme Royal n’était pas à sa place ? Pour deux raisons. La première, bien entendu, parce que c’est une femme, la deuxième, et cela va de soi, qu’elle n’est pas à la hauteur !
Vous avez dit Cassandre ?
14:00 Publié dans femmes et politiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
03 décembre 2006
Les pièces jaunes
Quand j’étais, il y a quelques années invitée à la table du Préfet à Montpellier, j’étais placée à sa gauche. Les épouses des notables figuraient aussi à l’honneur. Quant à mon mari il dînait, au fond de la salle, à la table du directeur de cabinet et … du stagiaire de l’ENA. Remarquez qu’il ne perdait pas son temps, c’était à l’époque Pierre Moscovici devenu plus tard ministre de Jospin !
Cela pose le problème du protocole républicain qui ne prévoit toujours pas de statut pour l’époux. Et pour en avoir parlé avec Simone Weil par exemple, je sais que je ne suis pas la seule à avoir été blessée par cette espèce de relégation des hommes des femmes politiques, comme si leur statut leur conférait quelque chose d’honteux. Pensez, qu’il doit être à plaindre, ce monsieur qui ne « tient pas sa femme » !
Mais aujourd’hui l’outrage vise par un « Monsieur Pièce Jaune » François Hollande, l’homme de la vie de Ségolène Royal.
François, que je connais depuis longtemps est un homme délicieux, fidèle ami, plein d’humour, vive intelligence et très fin politique. Il a montré à tous depuis ces 10 années passées à la tête d’un PS turbulent ce qu’il était capable de faire. Il a montré aussi, comme avant lui Mr Weil, Jacques Cresson, ¨Pierre Roudy*, et à un degré moindre, Roger Tapié, qu’il était capable de s’effacer devant sa femme, et sans le moindre état d’âme de l’accompagner sans en souffrir dans ses ambitions.
Alors que ceux qui seraient tentés de faire tinter ces « Pièces jaunes » dans la poche d’une possible rancœur prennent garde. François, sous ses airs gentils, c’est aussi un « tueur » !
* Epoux de Edith Cresson ancienne Premier ministre et Yvette Roudy, ancienne ministre.
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01 décembre 2006
Aux marches du Palais
Les avocats et les magistrats en colère dénoncent ensemble en ce « Vendredi immobile » leur manque de moyens financiers alors que la société se judiciarise de plus en plus. Une pénurie si criante que déjà à la Conférence solennelle du stage, Jean-Michel Casanova, le Bâtonnier de Montpellier avait fait de la grande misère du budget de la justice l’essentiel de son discours. C était en juin dernier ; propos vigoureux et engagés !
Rappelons à tous que l’Etat verse des indemnités aux avocats pour que ceux ci défendent les plus pauvres sans bourse délier. Cela s’appelle « l’aide juridictionnelle » et c’est une bonne chose .Le problème c’est que l’Etat paye les avocats avec un élastique.
Ce qui me pose à moi deux autres problèmes. Le premier, c’est qu’à ce prix, les citoyens ne sont pas égaux devant la justice et c’est grave. Le second, c’est que ce sont les femmes, je ne parle pas de la grande criminalité, qui les premières vont encore une fois en pâtir. Chacun sait que ce sont elles qui forment l’essentiel des poches de pauvreté.
Alors comment dénoncer et sanctionner la violence dont elles me parlent, comment entamer un divorce, comment réclamer la pension alimentaire des enfants sans ce coup de pouce fondamental ?16:37 Publié dans femmes et politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


