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30 novembre 2006

Femmes battues

Il faut appeler un chat un chat. Et puisque Ségolène Royal nous y encourage en parlant de « vie chère » au lieu de ce « pouvoir d’achat » qui cherche à vous faire croire que votre note chez l’épicier n’augmente pas, il faut aussi parler de ces « femmes battues ».  Et s’interroger pour savoir pourquoi depuis quelques années, elles se sont fondues dans ces « violences conjugales », « violences de couple », « violences de genre »  selon la manière dont on a choisit de désigner les coups qui pleuvent sur elles.

            Eh bien,  j’y vois deux raisons.

            La première, c’est que les femmes battues, vous le savez, cela fait toujours un peu rigoler. Parce qu’il y a dans la tête de ceux (et celles) qui rigolent, l’idée que finalement, si c’est arrivée, c’est qu’elles le « méritaient bien ». Et offre comme sur un plateau l’occasion de dévaloriser par la dérision les victimes, de les discréditer aux yeux de l’opinion et de disqualifier celles qui tendent de les aider. J’ai vécu cela. Jeune Déléguée régionale aux Droits de la femme j’ai du avoir quelques explications musclées avec les diverses autorités pour qu’elles acceptent de prendre ce problème au sérieux. Et lorsque Mme Roudy, alors Ministre des Droits de la femme a décidé d’ouvrir aux victimes une ligne téléphonique, je ne vous dis pas ce que j’ai entendu. Des femmes, oui. Mais aussi au milieu des plaintes, des gracieusetés, bien sûr toujours anonymes dont la plus aimable était j’étais une mal b…, vous me comprenez !

            La deuxième, c’est que dans ce pays, très longtemps les femmes ont été obligées de biaiser. Je m’explique, partout encore, là où les décisions importantes se prennent, ce sont les hommes qui sont aux commandes. Et comme la violence faite aux femmes transcende tous les milieux, comment obtenir d’inscrire à l’agenda politique ou obtenir des moyens pour lutter contre ce fléau, de celui qui justement battrait sa femme ? Alors, il a fallu donner dans le « politiquement correct », et oublier un peu, au milieu de toutes les autres formes de violences (insultes, harcèlement, prostitution, abandon, pauvreté… ) que je ne néglige pas, ces « femmes battues » dont on ne voulais pas  somme toute entendre clairement parler.

            Alors, pour se donner bonne conscience on a fait des lois pour panser les plaies. Pour recueillir celles que l’on jetait en chemise de nuit hors de leur domicile, pour leur permettre de retrouver un travail, un peu de dignité, d’estime de soi, et d’offrir une vie normale à leurs petits. Mais ce sont les femmes qui ont fait cela. Au travers d’associations, le plus souvent avec des moyens financiers indignes, elles se sont substituées à l’Etat.

            Ce que dit Ségolène Royal aujourd’hui c’est que la question des femmes battues doit devenir une « affaire d’Etat ». Cela signifie qu’il ne suffit plus de traiter les effets de ce drame qui tue mais d’en éradiquer les causes. En quelque sorte, comme le dit Lacrapaude que les auteurs des coups soient mis hors de la loi. Ce que  la candidate du PS à la  présidentielle s’est engagé non  à faire. Car tel sera son premier projet de loi.

            Merci à Jean, Soezic et Lacrapaude pour leurs contributions sur « Chape de plomb »  qui m’ont donné l’opportunité de le dire.

11:30 Publié dans femmes et politiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

Commentaires

Bonjour,
Il faudrait que dès qu'une plainte est déposée par une femme pour violence, l'"homme" soit condamné à une peine de prison,... Mais, donnera t-on à la justice assez de moyens pour le faire ???
Bonne journée

Ecrit par : lacrapaude34 | 05 décembre 2006