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29 novembre 2006

Cynisme ou électoralisme ?

Ainsi, le Conseil des ministres va proposer à l’Assemblée nationale un nouveau projet de loi pour la parité en politique. Il vise (pas tout de suite, tout de même, pas avant 2012/2014) à ce qu’il y ait autant de femmes adjointes aux maires que d’hommes dans les communes de plus de 3500 habitants ; autant de vice-présidentes que de vice présidents dans ceux des conseils régionaux ; à augmenter les amendes des partis qui ne présentent pas 50% de femmes aux élections législatives ; et, je garde le meilleur pour la fin à flanquer les conseillers généraux  de   potiches, non excusez moi, de suppléantes.

            J’ai dit ce que j’en pensais ce matin à 8 heures sur les antennes de France Bleu Hérault, et au risque de vous  lasser, tant pis, je le répète, on se fiche de nous !

            Pour les exécutifs municipaux ou régionaux, le projet de loi vient au secours de la victoire ; la plupart des grandes communes ayant, depuis 2002 de manière « naturelle », c'est-à-dire sous la simple pression des femmes et de l’opinion publique, chaque fois que l’occasion se présentait, nommé de nouvelle femmes adjointes au maire. Une rapide évaluation de l’Assemblée des femmes lui permet de comptabiliser aujourd’hui en Languedoc-Roussillon une proportion d’adjointes  supérieure à  40%. Même chose pour les exécutifs régionaux dont les ¾  en France sont paritaires dès leur élection en 2004.

            S’agissant des législatives je me limiterai à remarquer que le caractère incitatif de la loi est un échec, les partis se moquent des amendes, la preuve, celui du Gouvernement qui joue les vertus est incapable de dénicher plus de 30% de candidates, je les comprends si on ne leur propose comme dans l’Hérault que des circonscriptions perdues  d’avance. Non, tout cela est un leurre. Si l’on veut vraiment qu’il y ait plus de femmes députées, il faut changer le mode de scrutin uninominal (« Un scrutin de gladiateur » comme le disait Edouard Henriot, un homme politique de la IIIe République), par un scrutin proportionnel. Et avant, s’armer d’une bonne dose de courage et de volontarisme politique.

            Mais le mieux, c’est les conseils généraux, ces assemblées les plus archaïques de notre République, pensez, le notre, celui de l’Hérault compte 3 femmes sur 49 élus. Eh bien, savez-vous ce qu’ils ont inventé au Gouvernement ? C’est simple. Comme il ne faut pas faire de peine au lobby des départements en instaurant là aussi l’élection de leur assemblée par scrutin de liste, on va affecter chaque élu titulaire cantonal d’un suppléant du sexe opposé. Ce qui revient à dire, soyons clair et réalistes,  que dans chaque canton on aura un vrai conseiller général et une vraie fausse remplaçante pour faire de la figuration aux élections et qui ne siègera si j’ai bien compris que si le véritable s’éteint de sa belle mort.

            Mais j’ai pire dans mes cartons.

            Dès leur arrivé au pouvoir, les mêmes qui aujourd’hui, comme le dit Jacques Chirac « souhaitent faire progresser les droits des femmes » , se sont empressés en juillet 2003 de les faire régresser. Sous prétexte de moderniser le sénat, ils ont inclus dans la loi électorale une modification de la parité pour faire baisser la proportion  de femmes susceptible d’être élues à la Haute Assemblée. Tout simplement en limitant l’application du scrutin proportionnel plus favorable aux femmes dans les départements élisant non plus 3 mais 4 sénateurs.

            Je me souviens avoir, avec mes amies de l’Assemblée des femmes, saisi au cœur de l’été les 21 députés de notre région de ce que nous jugions comme un infamie. Vous en jugerez : Vademecum_lettre_deputes_synthese_reponses_ML.doc

 

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