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23 novembre 2006
Notre père
De manière très explicite, Lionel Jospin vient d’apporter son soutien à Ségolène Royal. Je connais l’homme et je n’en suis pas étonnée. Mais les commentaires de certains observateurs politiques – du style, « strict minimum », « du bout des doigts » …- m’énervent.
Au moment où Edith Cresson, ancienne Premier ministre, la première en France, estime que « l’opinion publique est moins que jamais misogyne et la classe politique ne peut exprimer la misogynie qui lui est consubstantielle », je n’oublie pas que le « père » de la parité, dans notre pays, c’est Lionel Jospin. Et que sans l’action volontariste qu’il a menée, d’abord à l’intérieur du Parti socialiste en réservant 133 circonscriptions législatives à des femmes lorsqu’il en était Premier secrétaire en 1997, puis de Matignon avec l’instauration de la parité par la loi, nous n’en serions pas là. D’abord parce que seule la contrainte de la loi a pu attaquer la misogynie des partis qui, croyez moi, perdure, ensuite parce que la loi a conféré aux femmes la légitimité de se porter candidate.
Alors, Ségolène Royal est aussi le produit de cette volonté politique que Jospin a porté jusqu’au bout. Et dont le succès lui est revenu en plein visage. Alors, de grâce que l’on n’insulte pas le père !
12:36 Publié dans femmes et politiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Le soutien de Jospin est discret, cela va sans dire. Mais s'il s'était enthousiasmé, tout le monde penserait qu'il est hypocrite puisqu'on sait qu'il soutenait un autre candidat que Mme Royal. Donc la réaction de Jospin est effectivement très digne.
J'avoue que j'aurais préféré qu'il fût candidat. Mais sa manière de faire de la politique doit être passée de mode. Dommage, tout de même.
Ecrit par : Marie | 24 novembre 2006
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