« Tout et son contraire | Page d'accueil | Récidive »
21 novembre 2006
Pas glissé
Voilà qu’on me fait le coup de la vidéo de Ségo, vous savez, la mise sur la place publique dix mois après, de propos tenus par Ségolène Royal au cours d’une réunion du PS et qui avaient offensé le corps enseignant ? J’ai dit en son temps ce que j’en pensais.
Eh bien, Midi-Libre a sorti dimanche une « indiscrétion » (de qui ?) selon laquelle, j’aurais, (il y a deux mois quand même !), « remis en doute le passé de pêcheur du député communiste François Liberti », et que ce faisant, « je devrais encore gagner la confiance des élus locaux », qui m’auraient à l’occasion gratifiée « d’une réplique cinglante ».
J’ai confié hier à la Rédaction de Sète ce que j’en pensais, mais selon le vieil adage qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, permettez moi de remettre à l’heure l’horloge de l’honnêteté, intellectuelle, j’entends.
J’ai dit à Marseillan, et ce n’est pas neutre, que j’avais consulté sur le site de l’Assemblée nationale, la nomenclature de mon compétiteur aux élections législatives. Rien de plus normal, non ? Et que j’avais appris, à la rubrique « Informations générales : profession, marin-pêcheur », et juste en dessous à l’item « Mandats et fonctions », qu’il en exerçait une flopé depuis exactement 35 ans. Et j’ai posé à l’assistance en rigolant un peu, la question de savoir depuis quand, pris par ses nombreux mandats, celui-ci « n’avait ni pêché, ni mariné, je veux dire navigué » sauf à aller taquiner le loup sur la plage ou le poisson au large de Sète les petits matins à maquereau. Bref, depuis quand il n’avait pas vu un filet de pêche de près !
Mais j’avais oublié que certains élus n’avaient pas d’humour. Mieux, je crois qu’en deux mois ils se sont renfrognés. Je les comprends. C’est vrai, l’élection de Ségolène Royal n’arrange pas tout le monde, pas plus que le sentiment des français qui lui reconnaissent comme première qualité d’être une femme en politique en incarnant le renouveau de la Gauche (Sondage IPSOS – JDD). Et j’admets que le député sortant puisse en être contrarié.
Alors, du tréfonds des officines politiques, on a sorti la fiche, extirpé mon propos de son contexte et pour faire bon poids, on a lesté mes paroles de réprimandes de la part d’une famille socialiste … qui, pour l’essentiel était ailleurs ce jour là. Les stratégies visant à débaucher, à Sète ou ailleurs des camarades socialistes ne me dupent pas. Elles ne les dupent pas non plus. La preuve ? C’est leur participation, des maires, des conseillers régional et général, des premiers des socialistes aux municipales, à mon Conseil politique dont Midi-Libre s’est d’ailleurs fait le 11 octobre, largement l’écho.
La manœuvre porte, vous l’avez compris, le message subliminal d’une candidate socialiste qui ne serait pas à la hauteur. Pensez, après avoir cru qu’elle venait sur ordre se faire enterrer sur la plage de Sète, on découvre aujourd’hui, par ses questions, sur la classe politique, sur ses comportements, sur son efficacité, sur son efficience, qu’elle dérange. L’aubaine est trop belle de suggérer en creux l’incompétence, le « faux pas » (le terme est lourd de sens), d’une femme quant les choses en politique pour les hommes ne sont exprimées qu’en terme de potentiel.
Ce n’est pas un « faux pas », mais comme dans la danse un « pas glissé » qui consiste, pour avancer, à passer un pied doucement devant soi.
13:10 Publié dans femmes et politiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Voyez Geneviève, c'est aussi pour ces petits "incidents" que j'aime la politique, ça met du piment ou du sel, ces petites piques ne sont pas bien méchantes et l'humour est nécessaire.
Ecrit par : stella | 21 novembre 2006


