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29 octobre 2006

Hollande

Hollande, il me plait bien. Quand sa femme, pardon, sa compagne est en danger, il n’hésite pas, il se mouille. Ainsi, a-t-il décidé d’être présent à Toulouse le 9 novembre pour le dernier meeting des trois candidats à l’investiture du Parti socialiste pour la présidentielle, parce que, comme le dit Guy Bedos dans son dernier spectacle, « J’ai peur que ses copains du PS aient sa peau ». Il a raison, ils ont montré ce qu’ils savaient faire quand ils ont tué (politiquement soit dit), Edith Cresson ; pensez Mitterrand avait osé en faire une Premier ministre à LEUR place !

            Ségolène Royal s’est fait huer au Zénith de Paris le 26 octobre. Et alors ? Mitterrand, candidat à l’investiture l’avait été aussi. Dans les mêmes conditions et par les mêmes, ou presque.  Au Congrès de Metz (avril 1979), il avait pénétré dans la salle sous les sifflets, les quolibets hostiles des partisans (musclés et en surnombre) de Rocard recrutés pour la circonstance. Eh bien, que croyez vous qu’il est arrivé ? Mitterrand a gagné le Congrès, autrement dit l’investiture, et Rocard l’a perdue.

            Alors qu’est-ce qu’on essaie de faire aujourd’hui ? C’est pas compliqué, la même chose. Histoire de voir si on ne peut pas faire craquer la candidate, pensez, c’est une femme, et donc en principe plus aisé a priori.

 

            Sauf qu’elle est forte et ne craque pas.

            Mais je dis aux socialistes de faire attention de ne pas jouer avec le feu. A ceux qui soutiennent Royal de rester mobilisés et vigilants, et aux autres de ne pas frotter l’allumette de leur discrédit. Car, qu’il s’agisse de l’un ou de l’autre, les français pourront toujours, au bout du compte les disqualifier!  Purement et simplement.        

Europe en… Balaruc

« Paroles de Balaruc », le blog tenu par Marc Ayral, me force à la réflexion sur la décentralisation, les pouvoirs locaux, l’Europe.

            Ce que je crois, c’est que la France, pays des Droits de l’Homme, n’est pas une démocratie achevée. Pour que « décentralisation » y rime parfaitement avec « démocratie », il reste à faire encore ce qui se pratique dans la plupart des pays européens : séparer au sein de l’exercice des pouvoirs locaux, l’exécutif du délibératif. Je m’explique, il s’agit que dans une même collectivité, le département, la commune par exemple, le Président du Conseil général ou le Maire qui dirige l’exécutif ne préside pas en même temps l’Assemblée délibérative. Parce que l’exigence de la séparation des pouvoirs, l’exigence de contre-pouvoirs est un des piliers de l’exigence démocratique.

            La démocratie exige aussi le partage du pouvoir. Et le contrôle du pouvoir exige de ne pas mélanger les genres. Or, que se passe-t-il en France ? Au hasard, Mr Sarkozy est Président du Conseil général des Hauts de Seine. Il est aussi, comme vous le savez, Ministre de l’Intérieur. Eh bien, en tant que Président du Conseil général, il est astreint pour ses dépenses au contrôle de légalité du Préfet. Mais en même temps, en tant que Ministre de l’Intérieur il donne ses ordres au même Préfet. Normal ? C’est la même chose quand un Président de Conseil général cumule avec un mandat de parlementaire et qu’il vote une loi concernant les départements. Au hasard, aussi, la parité dans les Assemblées départementales par exemple ? Vous connaissez le résultat !

            Quant à l’Europe fédérale, chacun sait que cela ne dépend pas de la France mais de l’unanimité des 25 Etats membres. Et j’ai trop l’habitude des jeux communautaires pour ne pas savoir que nous resterons toujours tributaires de leurs décisions, que ces pays soient de grands pays ou de petits pays européens. Et imaginer que l’on pourrait commencer à avancer à quelques uns serait contraire au Traité fondateur, le Traité de Rome. Avec pour conséquence le risque d’un éclatement de ce qui a été construit jusqu’à ce jour. Prendre ce risque aujourd’hui reviendrait à substituer à la situation actuelle un vague traité de libre échange dont les peuples et les français auraient à subir les premières conséquences. Alors, « Comprendre le réel pour aller à l’idéal » ?

            La taille des divers niveaux de gouvernance est-elle importante en Europe ? C’est sûr, que le canton –parfois inférieur à 1000 habitants- n’est plus à mon avis le niveau de développement pertinent. Il faut lui préférer le département – mais alors la cohérence exige que son assemblée soit élue à la proportionnelle-, voire la région. Mais l’essentiel me semble de définir à chacun des niveaux des compétences claires, réelles, et de les doter de véritables moyens de fonctionnement. Ce qui signifie, dans l’esprit de la décentralisation, de leur conférer une part de pouvoir législatif et un véritable pouvoir budgétaire, c'est-à-dire de leur permettre de lever l’impôt. Cela se fait en Catalogne espagnole ; c’est notamment  la Généralité qui en chargée de mettre en œuvre localement la nouvelle « Loi organique de mesures intégrales de protection des femmes victimes de violence de genre » , que Zapatero a fait adopter au niveau national comme il l'avait promis. C’est cela, non,  gouverner au plus proche du citoyen, de la citoyenne ?

            Alors, vous me direz, et l’Europe à Balaruc ?

            Eh bien, quand je vois des bordées d’élus locaux qui font du tourisme communautaire à Bruxelles, je suis étonnée. Surtout quand ils nous disent qu’ils vont chercher de l’argent au Comité des régions qui n’en donne pas parce qu’il n’en a pas. Et que l’on déguise la participation à des « Open Days » (en français, Journées Portes Ouvertes) de cette noble institution consultative qui donne au Parlement européen (détenteur du pouvoir budgétaire et élu par les citoyens), ou à la Commission européenne (qui exécute les budgets), de simples avis… Quand on les lui demande, et que personne encore n’est obligé de suivre ! Alors je dis que c’est exactement le contraire de ce qu’il faut faire et que les gens de Balaruc ont été manipulés. Pas par l’Europe, mais par ceux qui s’y sont prêtés. Et comme on leur fera croire le contraire, la prochaine fois, les gens de Balaruc, ils diront non à l’Europe, parce qu’ils diront que l’Europe les a trompés !

            Vous avez dit déficit démocratique  ?

    

 

 

 

           

28 octobre 2006

Persiste et signe

J’ai déjà dit. Je le redis, je persiste et je signe, je suis pour le mandat parlementaire unique, ce qui signifie qu’un(e) député(e), (ou un sénateur, une sénatrice) soit interdit d’exercer  un autre mandat électif pendant la durée de sa législature. Donc, me concernant, je m’appliquerai ce principe une fois députée de la 7e circonscription de l’Hérault avant même que la loi le rendre obligatoire et applicable à tous… Las ! Seulement obligatoire aux prochaines élections générales de 2012, puisque le droit français est soumis à la non rétroactivité de la loi.

            A l’inverse des 250 des 577 députés qui ont en plus de leur mandat à l’Assemblée nationale 2 autres mandats  -par exemple, Conseiller municipal et Conseiller général ; seuls 47 députés sur 577, soit 8% pratiquent actuellement le mandat unique -, je n’ai pas l’intention de me servir de ma situation de parlementaire pour briguer un poste de maire, d’adjointe, de conseillère municipale, de conseillère générale, de conseillère régionale, bref, de devenir une professionnelle  du système notabiliaire français instauré au 19e siècle qui fait que pour être élu, il faut déjà être élu, et pour rester élu, il faut encore toujours se faire élire. Partant de là, ma vision des relations député/maire me paraît claire, et d’autant plus si j’ajoute que je n’ai nullement l’intention de placer les maires, les communes, leurs administrés sous l’ombre tutélaire, la férule du notable, pardon, je veux dire la députée. Par contre, j’estimerai comme mon rôle, essentiel, celui de relayer, chaque fois qu’il sera de la compétence de la Représentation nationale, tout dossier, toute demande venant des maires et bien entendus de leurs administrés. Un exemple? J’apprends, aujourd’hui, horrifiée, que les viticulteurs dans la misère n’ont pas droit au RMI, mais il semble seulement à 60 euros par mois. C’est indécent, il faut faire changer la loi; c’est sur le Bureau de l’Assemblée qu’il faut porter la question et c’est la mission de la députée. Avec des chances d’autant plus grande de bonne fin, qu’elle appartiendra au Groupe politique majoritaire.

 

            Quant à la démocratie participative dans les communes, là aussi, je persiste et je signe (Voir « Les pieds dans le plat »). L’idée de Ségolène Royal de groupes de concertation préalables à la mise en place des politiques publiques, d’évaluation de leur impact et de leur effet me paraît intéressante. Tenez, je fréquente beaucoup les piscines publiques. Savez-vous que chaque fois qu’il s’est agi de fixer des sèches cheveux dans les vestiaires, on a fait appel à des géants ou à des nains? Et que par conséquent, quand vous êtes une femme, soit vous devez vous plier en deux, soit vous sortez avec les cheveux mouillés. Un bon « jury citoyen » composé allez, pour moitié de citoyennes aurait soulevé la question au moment de la construction. Cela est bête comme un chou, c’est vrai, mais, quand dans les Conseils généraux, les assemblées les plus archaïques pour la représentation des femmes, les décisions sont prises à 95% par des hommes, c’est la même chose, non?

 

            Vu, Mr Ayral?

 

            Capito, Sébatien?

 

 

 

 



25 octobre 2006

Les pieds dans le plat

Il semble que les élu(es), la classe politique en place se soit offusqués des « jurys citoyens » proposés par Ségolène Royal pour évaluer l’action publique qu’ils conduisent avec l’appui financier de l’impôt.

            Elle aurait toujours pu y mettre davantage de forme, c’est toujours aussi ce que l’on me reproche quand je mets les pieds dans le plat ; l’homo politicus, c’est vrai recèle un brin de fragilité…

            Mais sur le fond, Mme Royal si j’ai bien compris, n’a pas dit autre chose que l’usage de l’argent public devait être contrôlé par les contribuables, ce sont eux qui mettent la main au portefeuille. C’est prévu, au niveau national, c’est le Parlement qui a la charge de suivre et d’évaluer les politiques publiques. Le problème c’est que les députés et les sénateurs ne joue pas ce rôle à fond. Je peux comprendre qu’ils soient préoccupés par autre chose, mais quand une loi –tenez, prenez la Loi sur l’Egalité professionnelle des hommes et des femmes par exemple- n’est pas appliquée, il y a un problème, et le problème vient de l’absence de suivi et d’évaluation de la Loi.

            Quand au niveau local, un projet sombre dans le naufrage de la précipitation, de l’impréparation, le gaspillage de l’impôt peut être certes sanctionné par le juge des comptes publics (la Chambre régionale des comptes), mais si quelquefois les élus avaient pris en charge l’avis et l’intérêt des citoyens, eh bien ces derniers auraient été beaucoup mieux servis.

            Par exemple, je ne cesse de dire depuis des années que les politiques publiques doivent intégrer les intérêts différents des hommes et des femmes ; en terme savant on dit que les budgets doivent être établis selon cette norme différenciée. Tenez pour mieux vous faire comprendre, une anecdote survenue à Helsinki, le maire est une femme. Un jour, les services de secours s’aperçoivent que lorsqu’une femme est victime d’un infarctus, les pompiers mettent ¼ d’heure de plus à intervenir que lorsque la victime est un homme. L’évaluation de cette politique montre, non pas que les pompiers finlandais sont plus machistes que d’autres, mais que simplement ils ne savaient pas distinguer les symptômes de cet accident qui sont différents chez les hommes et chez les femmes ; la politique de formation était inadaptée, et par conséquent l’argent public mal employé puisque la mortalité féminine était supérieure à la mortalité masculine.

            Qui peut dire cela aux élus  qui décident ? Sinon des citoyennes et des citoyens qui peuvent faire part de leur quotidien ?

            Et pour aller plus loin, beaucoup plus loin en Finlande encore, des dispositions légales permettent aujourd'hui de consulter, préalablement à la mise en œuvre de tel ou tel projet local, des groupes spécifiques de femmes pour évaluer justement comment elles vont réellement en bénéficier. Et pour conclure, une anecdote encore, mais à Paris.

            Une ville de la petite couronne  a installé il y a quelques années un Parc d’activité tertiaire sur son territoire. Au moment de l’embauche, les entreprises constatent des difficultés de recrutement. On s’interroge. On constate qu’il est fait appel à un personnel majoritairement féminin.  Et on s’aperçoit de difficultés de transports. Les transports en communs sont mal organisés dans la petite couronne. Et les statistiques démontrent que lorsqu’un couple ne possède qu’une automobile, c’est l’homme qui l’utilise en priorité pour son travail….

            Qui aurait pu dire cela aux élus qui ont décidé ? Des femmes, non ?

24 octobre 2006

Ma vision des choses

Comment je vois la Sécurité sociale professionnelle dont le principe qui consiste à apporter des garanties à la victime des aléas économiques est inscrit dans le Projet socialiste ?

            Partant du constat que la peur du chômage est l’une des premières angoisses des français, je pense qu’il faut retenir du modèle danois les mécanismes de redistribution qu’il met en œuvre  en permettant notamment à la personne privée d’emploi de disposer pendant 4 ans de 90% de son ancien salaire. C’est un mécanisme solidaire qui repose soit sur l’impôt, soit sur l’augmentation de la cotisation des entreprises.

            C’est aussi me semble-t-il, un mécanisme de droit et de devoir  de la part du salarié et de la part de l’employeur, de la part de l’Etat.

            Le salarié a droit  tout au long de sa carrière à une formation continue, à la promotion professionnelle. Il est inacceptable qu’aujourd’hui encore des personnes qui ont démarré avec un salaire équivalent au SMIG touchent toujours la même paye –ou presque- à la veille de prendre leur retraite. Le salarié a droit aussi, en plus de l’assurer contre les aléas économiques –comme il est assuré contre la maladie avec la Sécurité sociale- d’être aidé dans les périodes difficiles, premier emploi, périodes de transition….

            Mais il a le devoir d’accepter la recherche d’un emploi et d’accepter le contrôle, d’accepter la mobilité ; tout comme l’étudiant a le devoir dans ce système, d’accepter l’orientation.

            Les entreprises ont le devoir de bien rémunérer les salariés et d’offrir des emplois de qualité contre par exemple un bonus ou un malus de cotisation sociale.

            L’Etat et la Région a le devoir d’offrir un service public de l’emploi qui fonctionne (avec par exemple un conseiller pour 20 demandeurs comme au Danemark) et un système de formation professionnelle de qualité, bref, un système qui fonctionne vraiment. Peut-être aussi faut-il penser à la réforme de l’Université ?

            Les pouvoirs publics ont le devoir de dégager les moyens nécessaires à cette politique, c'est-à-dire, environ  deux points de PIB. Ils pourront être trouvés que sur le chemin de la croissance.

            Alors, le courage en politique, c’est la force de conviction et la force de porter jusqu’au bout une cause juste. L’assurance maladie des salariés en était une il y a 60 ans.