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25 octobre 2006
Les pieds dans le plat
Il semble que les élu(es), la classe politique en place se soit offusqués des « jurys citoyens » proposés par Ségolène Royal pour évaluer l’action publique qu’ils conduisent avec l’appui financier de l’impôt.
Elle aurait toujours pu y mettre davantage de forme, c’est toujours aussi ce que l’on me reproche quand je mets les pieds dans le plat ; l’homo politicus, c’est vrai recèle un brin de fragilité…
Mais sur le fond, Mme Royal si j’ai bien compris, n’a pas dit autre chose que l’usage de l’argent public devait être contrôlé par les contribuables, ce sont eux qui mettent la main au portefeuille. C’est prévu, au niveau national, c’est le Parlement qui a la charge de suivre et d’évaluer les politiques publiques. Le problème c’est que les députés et les sénateurs ne joue pas ce rôle à fond. Je peux comprendre qu’ils soient préoccupés par autre chose, mais quand une loi –tenez, prenez la Loi sur l’Egalité professionnelle des hommes et des femmes par exemple- n’est pas appliquée, il y a un problème, et le problème vient de l’absence de suivi et d’évaluation de la Loi.
Quand au niveau local, un projet sombre dans le naufrage de la précipitation, de l’impréparation, le gaspillage de l’impôt peut être certes sanctionné par le juge des comptes publics (la Chambre régionale des comptes), mais si quelquefois les élus avaient pris en charge l’avis et l’intérêt des citoyens, eh bien ces derniers auraient été beaucoup mieux servis.
Par exemple, je ne cesse de dire depuis des années que les politiques publiques doivent intégrer les intérêts différents des hommes et des femmes ; en terme savant on dit que les budgets doivent être établis selon cette norme différenciée. Tenez pour mieux vous faire comprendre, une anecdote survenue à Helsinki, le maire est une femme. Un jour, les services de secours s’aperçoivent que lorsqu’une femme est victime d’un infarctus, les pompiers mettent ¼ d’heure de plus à intervenir que lorsque la victime est un homme. L’évaluation de cette politique montre, non pas que les pompiers finlandais sont plus machistes que d’autres, mais que simplement ils ne savaient pas distinguer les symptômes de cet accident qui sont différents chez les hommes et chez les femmes ; la politique de formation était inadaptée, et par conséquent l’argent public mal employé puisque la mortalité féminine était supérieure à la mortalité masculine.
Qui peut dire cela aux élus qui décident ? Sinon des citoyennes et des citoyens qui peuvent faire part de leur quotidien ?
Et pour aller plus loin, beaucoup plus loin en Finlande encore, des dispositions légales permettent aujourd'hui de consulter, préalablement à la mise en œuvre de tel ou tel projet local, des groupes spécifiques de femmes pour évaluer justement comment elles vont réellement en bénéficier. Et pour conclure, une anecdote encore, mais à Paris.
Une ville de la petite couronne a installé il y a quelques années un Parc d’activité tertiaire sur son territoire. Au moment de l’embauche, les entreprises constatent des difficultés de recrutement. On s’interroge. On constate qu’il est fait appel à un personnel majoritairement féminin. Et on s’aperçoit de difficultés de transports. Les transports en communs sont mal organisés dans la petite couronne. Et les statistiques démontrent que lorsqu’un couple ne possède qu’une automobile, c’est l’homme qui l’utilise en priorité pour son travail….
Qui aurait pu dire cela aux élus qui ont décidé ? Des femmes, non ?12:35 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Commentaires
Un jury de citoyens ? D'accord. Mais qui les désignerait ?
Il faudrait qu'ils soient élus.
Or ce jury de citoyens élus existe déjà, ce sont les élus de l'opposition.
Les doubler d'un autre "jury de citoyens" voudrait dire que les élus de l'opposition ne font pas leur travail.
La solution me semble être que les élus puissent être révocables et de nouvelles élections organisées si un nombre à déterminer d'électeurs le demandaient.
Mais à cette suggestion on entends les élus de tous les bords, dire que leurs projets ne peuvent se réaliser que dans la durée et qu'ils ne pourraient pas accomplir normalement leur tâche sous la menace d'être révoqués à tout instant.
L'autre solution me semble être de rendre les élus personnellement responsables de leurs erreurs. S'ils devaient payer leurs erreurs de leur poche, peut-être que cela les rendrait un peu plus réalistes et un peu plus prudents.
Ecrit par : Louis BALLESTER | 25 octobre 2006
Geneviève,
Ce débat qui touche finalement l'équilibre à atteindre entre démocratie représentative et démocratie directe (ou participative ) m'invite à te demander de nous faire partager ta vision concernant plus précisément le mandat de députée que tu brigues. Comment envisages-tu la relation pendant les cinq ans de ce mandat avec les citoyens de la circonscription ? Quels sont, à ton avis, les moyens de revaloriser le travail des parlementaires, concernant notamment leur mission de contrôle et d'évaluation ? Sébastien DENAJA, Sète.
Ecrit par : SEBASTIEN DENAJA | 26 octobre 2006
Voilà de bonnes questions posées par Sébastien. Je voudrais avoir aussi votre vision des relations entre le Député et les maires de la circoncription d'une part et d'autre part comment vous concevez concrètement au niveau communal la démocratie participative? Pratique souvent absente dans la plupart des communes de Thau et particulèrement à Balaruc le Vieux?
Marc Ayral Paroles de Balaruc
Ecrit par : Marc Ayral | 27 octobre 2006


