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28 août 2006

Les filles de La Rochelle

On me demande ce matin quel était le climat. Eh bien, le ciel du Parti socialiste était le même que celui de La Rochelle qui change au gré des marées, un coup des nuages, il fait froid, le coup d’après un soleil radieux fait chaud au cœur.

            Les larmes de Jospin – s’expliquant sur son retrait, « j’ai voulu marquer que j’acceptais l’arrêt du peuple » -  m’ont bouleversée. Le paradoxe, c’est que notre pays en Europe, ne fonctionne pas comme les autres. Ailleurs, dans les grandes démocraties, un chef de parti vaincu se retire. C’est automatique… Parce que c’est le peuple qui a raison, et que jamais le peuple n’a à s’excuser de ses choix. C’est la règle. Mais en France on s’incruste.

             François Hollande, dans un exercice difficile, celui d’arbitre et à la fois d’entraîneur pour porter cette grande équipe, celle de la Gauche à la victoire en 2007, a confirmé une capacité toute mitterrandienne – je trouve que l’orateur, par sa posture, sa présence finit par lui ressembler-  à surfer sur les écueils et éviter les récifs ; les prétendant(es) à la magistrature suprême pour le Parti socialiste étaient tous là, et n’en doutons pas le guettaient. Un exercice difficile, mais un succès si j’en crois les trépidations des militants à chacun de ses passages, ou mieux, l’ovation faite à son discours de dimanche. Croyez moi. Un rang derrière, Eva Beccaria, adjointe aux finances de Hélène Mandroux, la maire de Montpellier, était débout sur sa chaise !

            Et Ségolène me direz-vous ?

            Sûr, à l’applaudimètre c’était la championne. Elle avançait portée par une marée de micros et de caméras, comme soulevée de terre par cette force. J’ai déjà vu cela.

            Dans les années 90, nous avions l’habitude avec François Hollande de nous réunir à Lorient chaque premier week-end de septembre ; c’était les journées de Démocratie 2000, puis de Témoin, des Clubs que nous avions crées ensemble, histoire de pouvoir dire à côté du Parti ce que vraiment nous pensions. Le président était Jacques Delors. Alors en 1994, un an avant la Présidentielle, il y avait un monde fou à Lorient, et comme Ségolène, il avançait porté par cette même vague qui paraîssait  aussi l'arracher de terre.  

            Quant aux organisateurs, côté parité, ils avaient bien fait les choses. Catherine Quéré et Régine Joly, Conseillères régionales de Poitou Charente, deux amies familières, – pour reprendre l’expression jolie de Robert Navarro, le Premier secrétaire de la Fédération de l’Hérault du PS -  du Lobby femmes, étaient chargées de mettre un peu de couleur – si ce n’est de douceur – dans le casting des orateurs de la plénière de clôture. Eh bien, que croyez vous ? A la énième  évocation de leur Présidente de région, ce fût la bronca !

            Ah, ces filles de la Rochelle !

           

           

22 août 2006

Les (petits) souliers de Ségolène

L’intérêt que la presse attache aux souliers des femmes politiques m’interpelle, comme si le choix des chaussures qu’elles portent était déterminant de la conduite des combats qu’elles mènent. Hier, c’était les talons aiguilles que Mme Royal avait enfilés pour soutenir la candidature de Michèle Bachelet au Chili ; avant c’était Elisabeth Guigou dont on raillait les baskets pendant sa campagne pour la mairie d’Avignon en 2001. Aujourd’hui, c’est Libération (21 août) qui offre en gros plan pour illustrer en tout et pour tout sa rentrée politique, les jolis « petits talons » portés par la candidate à l’investiture présidentielle, dimanche à Francy-en-Bresse. Comme si elle n’avait pas de tête !

            Message sublimal ou intérêt d’une femme journaliste pour un détail vestimentaire raffiné et  seyant ? C’est vrai, les « petits talons » de Ségolène  à trou trou sont vraiment très élégants !

            Et comme pour ne pas être en reste ce matin, quelques « camarades » ont chaussés (sur Antenne 2) leurs pataugas. Comme pour dire avant que la compétition commence, que s’ils perdaient le challenge, ils iraient  le disputer ailleurs.

            Vous dites que j’ai mal compris ? Pardon, Laurent, j’ai du mal entendre. Au fait, Mélenchon,  il est bien sénateur socialiste ?

Des choses simples…

« Le dernier des thons »  a fait, pendant mes vacances des petits sur mon blog dont il m’est difficile d’endosser la maternité.

D’abord, un « touriste » -ainsi signe le premier des commentateurs – m’impute de faire dans mon billet du 20 juillet « l’apologie du capitalisme agonisant … ».

Mr Jean Clavel pour sa part, dont chacun ici connaît les charges qu’il a exercées dans le monde viticole, me conseille ensuite très gentiment … de laisser ces questions aux grandes personnes. L’argument est de poids, « les choses ne sont pas si simples en viticulture ».  J’en connais la portée pour l’avoir dans mes nombreuses années de militantisme, souvent entendu venant de quelques notables autorisés, comme seules réponses à des questions dont la provenance -l’auteure, une femme, profane et forcement peu compétente (refrain connu et de grande actualité) - redoublait l’impertinence.

Il n’en demeure pas moins que pêcheurs et vignerons – je veux dire, celui ou celle qui, pratique la pêche par métier ; cultive la vigne, qui fait du vin - demeurent aujourd’hui pareillement au cœur de la crise, et que la Société Pernod Ricard –dont déjà le viticulteur piscénois Georges Sutra de Germa devenu député européen dans les années 1980 dénonçait les agissements, au noment même où Mr Clavel était en responsabilité -  n’entre pas dans cette catégorie.

Tout comme Mr Jean-Marie  Avalone, armateur de thoniers à Séte d’ailleurs, même s’il est vrai que ses revenus ne doivent  rien avoir de commun avec par exemple ceux des 15 vignerons de Loupian. Le maire, Mr Christian Turrel évoquait devant moi leurs difficultés mardi passé.

Et, sauf à passer à une économie dans laquelle l’Etat détiendrait les moyens de production, l’expérience des anciens pays de l’Est ne semblant par ailleurs pas concluante, les réalités du marché, c’est des biens et des clients, c'est-à-dire des entreprises, des exploitations, des chefs d’entreprise ou d’exploitation et/ou des salariés. En toute logique plus le marché commandera de  produire, plus on créera d’emploi. A une condition quand même, c’est que la demande existe, c'est-à-dire qu’on vende plus et mieux.

Je n’ai pas voulu dire plus que cela.

Et puisque je suis candidate aux élections législatives, cela me paraît notamment à Sète, difficile à négliger dans cette ville où le chômage atteint près de 20% de sa population, le double du pourcentage national et 6 points au dessus du taux des demandeurs d’emplois régional.

De grâce, que l’on ne m’accuse pas de faire l’apologie du capitalisme. Mais il faut que les gens vivent correctement, et la bonne politique est de veiller aux choix qui leur permettront de le faire dans les meilleures conditions. C’est ma conviction et celle pour laquelle je me bats !

La question est de savoir s’il faut engager les réformes possibles ou attendre le grand soir de la Révolution. Engager des réformes utiles pour favoriser l’emploi, ou continuer à larmoyer sur le « dernier des thons ». Les femmes chef de famille monoparentales, celles privées de travail, les hommes à la recherche d’un emploi dignement rémunéré et déclaré, les familles qui habitent les logements indignes du cœur de Sète sauront le dire.

 

12:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)