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24 juin 2006
Adieu Général
Le Général Michel Poulet vient de disparaître, emporté brutalement par un cancer foudroyant.
C’était un ami. Un ami des femmes.
Au début de l’année 2000, il m’avait appelé par téléphone. Il voulait me voir. Nous avions déjeuné à Montpellier à l’Ecole d’application de l’Infanterie (EAI) qu’il dirigeait. Il était préoccupé par la fin de la conscription. Plus d’appelés le priverait du lien social que ces derniers tissaient entre l’Armée de Terre et les femmes.
Je ne comprenais pas. Alors il m’avait expliqué que les soldats parlaient de leur vie militaire à leurs familles, leurs fiancées, leurs épouses, leurs mères et leurs sœurs, et que désormais la professionnalisation allait conduire l’Armée à recruter des milliers de civils. Plus de service militaire signifiaient, plus de séparations, plus de mythes, la fin du romantisme, plus d’occasion de dire à la belle dans ses lettres, comment l’Armée l’était aussi. La fin de la conscription rompait un maillon de la chaîne qui permettait à l’Armée de se faire positivement connaître et reconnaître par les citoyennes. Bref, il importait au Général Poulet de maintenir ce dialogue que des générations de soldats avaient tissé avec les femmes.
Il avait aussi, derrière la tête une autre idée.
L’Armée, privée des bataillons de conscrits, cuisiniers, serveurs, maçons, mécaniciens, coiffeurs, informaticiens, agents administratifs… que sais-je, allait devoir faire appel à une main d’œuvre tout à la fois qualifiée, mais répondant aussi au critère de discipline, de rigueur et de moralité qui caractérise la vie militaire.
Alors, il avait pensé aux femmes. Et n’avait nullement caché –j’aimais ce style direct aux antipodes de la langue de bois-, son ambition de redorer, dans cet objectif à leurs yeux … le blason de l’Armée de Terre.
J’ai sauté, pour ainsi dire sur l’occasion. L’EAI s’offraient à l’Assemblée des femmes. Ses exigences n’ont eu de limites que celles de ces adhérentes ; merveilleux Général Poulet ; il était toujours là, en grande tenue pour nous accueillir. Et ne manquait jamais de s’entourer de ses dames, toujours elles aussi, en grande tenue, histoire de nous faire voir !
Il est parti à Tours à l’été 2002. Il devait revenir à Montpellier. Il a tenu parole.
Mais ce n’est pas ainsi qu’il en avait été convenu.
Adieu, Général, adieu l’ami !

Photo : « Les cravates rouges » (le Général Poulet et Mme Yvette Chassagne) sur le site de l’Oppidum d’Ensérune – Remise des insignes de la Légion d’Honneur à Geneviève Tapié.
21:55 Publié dans femmes et politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Femme



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