« Parité et renouvellement | Page d'accueil | Gardes Républicaines »
28 mars 2006
« Raison et sentiments »
J’ai dit dans un billet du 15 février, à propos d’un parlementaire de l’Aude qu’il lui était plus facile de céder son blog à une femme le 8 mars que son siège de député. C’est vrai, pourquoi laisser sa place ?
Eh bien tout simplement pour mettre ses actes en conformité avec ses idées. Les socialistes ne peuvent pas plaider l’ouverture de la représentation nationale aux femmes, à toutes les composantes de la société, et ne pas en tirer des conséquences pour eux-mêmes. Ils ne peuvent pas non plus appeler avec ferveur dans leurs contributions de Congrès plus de renouvellement des représentants du peuple, plus de démocratie et ne pas faire du non cumul des mandats une véritable éthique. Il faut, au-delà des acquis législatifs obtenus dans ce domaine par Lionel Jospin Premier ministre (1997/2002), faire avancer les mentalités par des actes concrets, par des bonnes pratiques, pour s’acheminer vers le principe du mandat parlementaire unique, et ceci, bien entendu, pour les hommes et pour les femmes. Quand les français plébiscitent à près de 90% l’entrée de davantage de femmes en politique, ils expriment bien plus qu’un simple désir de représentation équilibrée entre les deux sexes, une véritable volonté de changement ; pour le moment, ce sont les femmes, qui l’incarne à la perfection.
Ceci pour la raison.
Pour les sentiments, reconnaissons qu’en France, passer de la politique à la vie civile n’est pas chose aisée, sauf à être Professeur(e) d’Université ou disposer d’un point de chute dans un grand corps de l’Etat. Et comme il n’y a pas d’aide à la reconversion la seule solution d’un député ou d’un sénateur est conserver le job in vitam oeternam. Il faut donc pour éviter ces blocages qui gangrènent notre démocratie, tout à la fois limiter par exemple à deux l’exercice successif d’un mandat. Et offrir à leur titulaire par des dispositifs incitatifs la véritable possibilité de le faire car il n’est pas question, parce qu’un homme ou une femme aura passé un CDD avec la Nation, de le jeter à la rue comme le CPE se propose d’opérer sans préavis avec nos jeunes aujourd’hui.
Ce peut-être un « statut de l’élu ». A condition toutefois qu’il ne confère pas à la politique un caractère professionnel ; la politique n’est pas un métier mais une mission temporaire au service des citoyens dont une alternative honorable pour le titulaire, doit faciliter le terme.
Le Parti socialiste de Hérault, en réservant trois circonscriptions gagnables sur sept à des femmes (Voir « Parité et renouvellement » -27 mars 2006) a montré que la parité n’était pas uniquement pour les autres. En n’excluant pas, si j’ai bien compris, que des candidates puissent aussi se présenter dans les quatre autres circonscriptions restantes, il a levé un premier verrou au renouvellement. En érigeant en volonté politique la pratique du non cumul, alors, il enléverait le grand chelem. En prime du rachat de l’honneur régional déjà effectué pour la parité. Bravo l’artiste !
16:00 Publié dans femmes et politiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Un truc pour l’égalité au parlement
Des femmes de l’UMP, du PS, des VERTS et de l’UDF se sont rencontrées pour dénoncer la faible représentation des femmes à l’assemblée nationale.
Jacques Chirac s'est engagé sur la parité dans les "élections de listes"... Facile, mais quid des scrutins majoritaires ?
La chaîne parlementaire nous présente, le plus souvent, un hémicycle à moitié vide. Entre le palais Bourbon et la circonscription, il faut choisir.
Bien qu’élu, le député suppléant n'a-il aucun pouvoir ! Il devrait pouvoir prendre par aux votes de l'assemblée ou représenter le titulaire dans la circonscription.
C'est ainsi que fonctionne de nombreux comités et commissions de la vie publique et sociale. Une telle réforme serait donc admise par les citoyens. L'assemblée ne ferait... que rentrer dans le rang.
Dès lors, il serait juste de consolider le nombre de députés titulaires et suppléants pour apprécier l'effort de parité d'un groupe politique.
Mais, attention, la parité ce n'est pas systématiquement deux personnes de sexe différent sur le même bulletin. Au contraire, à l'échelle d'un parti la répartition ressemble à celle des petits pois triés par le moine et botaniste Johann Gregor Mendel :
voir schéma sur http://balajade.over-blog.com/article-2058368.html
Ecrit par : Régis | 30 mars 2006
Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.