08 mai 2008

Victoire?

Des 22 articles de la Déclaration de principes du Parti socialiste (voir « De Principes », 22 avril et « Plus vite que la musique », 24 avril), discutés hier au Conseil fédéral de l’Hérault, lequel pensez-vous a fait le plus largement débat ? Eh bien, croyez le, il s’agit de l’article 14 consacré à l’identité féministe du PS.

Je ne crie pas victoire – il a fallu démystifier cette expression tellement galvaudée,  expliquer encore que le féminisme est une simple doctrine qui préconise « l’amélioration et l’extension du rôle et des droits des femmes dans la société »-,  mais c’est une grande avancée qui honore tous ceux et celles qui l’ont à Montpellier ce 7 mai,  unanimement appuyée. Car ce principe, une fois définitivement adopté, pose au niveau interne les bases légales de la pratique de l’égalité dont le déséquilibre est toujours si criant au Département.

Alors, pour mettre en corrélation pratiques et principes, je proposerai le moment venu à Robert Navarro*, l’élaboration et la mise en place progressive d’un « Plan d’égalité ». Non seulement pour mettre fin au chiffre honteux de la représentation des femmes dans les Conseils généraux, mais pour préparer l’avenir. Comme Zapatéro. C’est ainsi qu’il a procédé. Dès les années 2000. Et cela ne lui a pas mal réussi. Non ?

* Député européen et Premier secrétaire du PS dans l’Hérault

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07 mai 2008

Rupture du contrat républicain

 Un arrêté du 7 avril 2008, publié au JO du 22 avril, porte nomination de 15 nouveaux membres, diplomates et personnalités qualifiées au Conseil des Affaires étrangères, un « conseil des Sages » chargé de formuler des avis sur les grandes orientations de politique étrangère de la France. Avant son renouvellement,  une seule une femme siégeait dans le précédent conseil. Cette fois,  l’arrêté publié au JO entérine l’éviction programmée des femmes : quelles que soient la compétence et la légitimité des nouveaux membres de cette instance, force est de constater qu’elle ne comporte plus aucune personnalité féminine ;  situation d’autant plus étonnante que ce conseil a été officiellement créé en octobre 2006 pour « renforcer la collégialité de la prise de décision » sur la politique extérieure du pays  Faut-il en conclure qu’il n’y pas en France une seule femme compétente en matière de politique étrangère, ou aucune femme « digne » d’occuper cette fonction ? 

 Cette situation inégalitaire est intolérable. Rappelons d’ailleurs que les plus hautes institutions de la République demeurent démesurément inégalitaires : le Conseil Constitutionnel ne compte que 2 femmes pour 7 hommes, le groupe des personnalités qualifiées du Conseil Economique et Social 7 femmes pour 31 hommes, l’Assemblée des Français de l’étranger 3 femmes pour 13 hommes…  De plus, aucune femme n’est présidente des 22 Conseils économiques et sociaux régionaux (CESR) de métropole, qui ont été renouvelés en septembre 2007. Seul le CESR de Polynésie est présidé par une femme.

 

 C’est  à tous les niveaux de la société que la parité doit être respectée : l’Etat doit traiter à égalité tous les citoyens, afin que le travail civique, social, politique et culturel de l’ensemble de la société soit reconnu. Il s’agit d’une exigence démocratique, et ne pas le reconnaître constitue, de fait, une rupture du contrat républicain.

 

 

 Contact : Colette Kréder - demain.laparite@wanadoo.fr

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05 mai 2008

La Chambre des Pairs

 

            Deux points concernant la modification des statuts du Parti socialiste (inscrite avec la révision de sa déclaration de principes à l’ordre du jour de sa prochaine convention  du 14 juin 2008), soulèvent une série de questionnements, voire d’inquiétudes quant au rôle des militants au sein même de leur formation.

             1. Il est crée un conseil des territoires. Il permet, aux présidents PS de conseils régionaux (20), généraux (58), ainsi qu’aux membres des bureaux des associations représentatives des grandes villes ou des maires (s’agit-il de l’Association des élus socialistes et républicains ?), de se faire entendre. Il s’agira « d’une instance de coordination » entre l’action des élus et celle de leur parti ; « son champ de réflexion concernera tout ce qui relève des politiques locales » et « il sera co-présidé par le premier secrétaire ».

            Première réflexion : vu sa composition, il est clair que le conseil des territoires sera dominé par les présidents de conseils généraux.

            Deuxième réflexion : les politiques locales. Aucune limite se semblant fixée aux compétences du conseil des territoires (« tout ce qui relève des politiques locales ») doit-t-on comprendre que le Parti et ses instances statutaires actuelles se verront privées de certaines de leurs prérogatives ? Désignation de candidats  dans les grandes villes ? Dans les principales collectivités territoriales ? Et point d’orgue, aux élections sénatoriales ?

            Troisième réflexion : la co-présidence. Faut-il traduire cette disposition par l’existence d’une direction  nationale bicéphale ? Et qui s’exprimera forcément par un affaiblissement du rôle et des pouvoirs du premier secrétaire.

            Quatrième réflexion : ce nouveau conseil trouvera-t-il sa traduction au niveau fédéral ? Si oui, est-ce à dire que nous encourageons l’existence de 2 partis ? Celui du conseil général et celui des militants et adhérents. Ou s’agit-il d’une façon habile de contourner la disposition réglementaire qui interdit aux présidents de conseil généraux d’être aussi premier secrétaires fédéraux ?

            Cinquième réflexion : cette création porte le risque de renforcer la tendance actuelle de privilégier les élections locales au détriment des élections nationales en nous écartant du pouvoir d’Etat (Présidence de la République, majorité à l’Assemblée nationale) pour un très long moment.

 

2. Le rôle du premier secrétaire et du conseil national. « Le conseil national doit retrouver sa vocation de lieu d’élaboration et de débat ». Mais pas de décision ! Qui va donc décider ? Une chambre des pairs auto désignée ou des instances démocratiquement élues par les militants ? Quant au premier secrétaire, ses fonctions seront « renforcées ». Mais rien n’est dit quant à ses pouvoirs. Comment faire respecter la Déclaration de principes, les statuts, la parité, quand nous constatons tous les jours avec tristesse, la multiplication de candidatures dissidentes, de prises de position contraires aux décisions adoptées par tous, ou de déclarations visant localement à mettre en pièce l’autorité du parti ?

 

Le débat interne qui s’engage à partir d’aujourd’hui devra mettre en lumière le dessein de ces modifications statutaires : améliorer la représentation des élus à l’intérieur du parti ? Je n’ai pas l’impression qu’ils soient sous représentés dans les diverses instances nationales (conseil national, bureau national, secrétariat national), ou fédérales correspondantes.

Impulser une nouvelle réflexion sur les politiques du parti ? C’est le rôle des commissions de travail, encore faut-il qu’elles se réunissent, et qu’ensemble, élus et militants en soient activement parti prenante.

Se préparer aux prochaines échéances nationales ? Il semble qu’il manque des propositions concrètes pour faire ou refaire du parti et de ses membres, une « machine de guerre » (le terme est de François Mitterrand) pour la conquête du pouvoir d’Etat. Car c’est bien là le rôle d’un parti.

 Ou alors, - il faut bien faire preuve de temps en temps de mauvais esprit -, créer un poste sur mesure pour un premier secrétaire qui aurait l’air de regretter sa décision de ne pas briguer un nouveau mandat ?  

 

             

 

             

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02 mai 2008

Ouf !

François Hollande a réaffirmé le 29 avril, l’engagement du PS pour le mandat parlementaire unique. Et il a précisé qu’un amendement en faveur du non-cumul des mandats serait déposé par le groupe socialiste lors du débat consacré à la réforme des institutions.

            C’était si peu évident que cette question avaient été « oubliée » dans l’ultime version des propositions faites par les socialistes sur les institutions ; il faut dire à la décharge des rédacteurs,  qu’après les élections municipales et cantonales, le cumul des mandats ne s’était jamais aussi bien porté au Parlement. Au point même que de farouches (et talentueux) opposants y ont succombé.

            Le Parti socialiste  fait désormais  de la limitation du cumul des mandats une condition pour voter la réforme des institutions. Il est en situation d’obtenir cette avancée démocratique capitale puisque ses voix à l’Assemblée nationale et au Sénat, sont nécessaires à l’adoption de la réforme.

            Pratique anti-démocratique par excellence, le cumul des mandats désorganise le travail parlementaire, conforte les féodalismes locaux, bloque le renouvellement de la politique et la parité.  

            Les militants socialistes se sont prononcés à plusieurs reprises en faveur du mandat parlementaire unique. Il est logique que ces derniers soient aujourd’hui entendus par des députés socialistes élus, notamment  sur cet engagement qui figurait dans le programme des élections législatives de 2007.

           

           


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28 avril 2008

Oublis

L’heure s’y prête. André Vézinhet, le président du conseil général de l’Hérault, devrait profiter de la révision de la Déclaration de principes et des statuts du Parti socialiste en cours,  pour revoir ces textes fondateurs. Et mieux s’imprégner de leurs esprits.

S’il est « prêt à lancer une liste alternative » aux élections sénatoriales, au motif « qu’il y a des attitudes qui ne peuvent être tolérées», (Midi-Libre du 28 avril 2008),  alors,  il risque d’en faire les frais. Car ce ne sera pas « d’alternative » qu’il s’agira, mais bel et bien de dissidence, vous connaissez, dans ce cas la chanson, c’est, comme dans le Puy de Dôme (voir « Les bretelles – 18 avril 2008),  l’exclusion.

 Car Frêche ou non, - le PS l'a désigné pour conduire la liste des élections sénatoriales dans l'Hérault en septembre 2008 - , n’est pas la question.

La question est l’autorité de la chose décidée par le Parti, par la Fédération socialiste dont le patron n’est pas le président du conseil général, mais le Premier secrétaire, élu au suffrage universel des militants. Et en toute logique. En toute démocratie.

Je regrette que le militant que fût Vézinhet, dont l’action exemplaire et le Parti l’ont porté où il est, l’ait oublié.

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